vendredi, novembre 25, 2005

quotidien

Parfois, les journées d'un médecin sont un peu monotones, ponctuées de sourires d'enfants; j'adore quand un petit gosse déclare: "c'est mon docteur", et se guérit tout seul le soir même de la consultation... Une maman m'a dit:" je ne comprends pas docteur, vous dites que ma fille n'a rien, et le lendemain elle est guérie et quand je vois un autre docteur, ça traine". C'est très agréable à entendre mais aussi difficile à assumer.
En fait, la communication à mon sens est l'essentiel du traitement et si le courant ne passe pas entre un patient et moi, je suis heureux, soulagé (et un poil vexé aussi peut-être) qu'il ait choisi finalement le mode de communication plus bourgeois incarné par le confrère-concurrent.
J'ai suivi une patiente qui est tombé soudain dans une dépression grave: avec de l'atarax, du lithium, du Dstress (et interdiction de conduire car elle avait des tendances suicidaires au volant), et aussi avec ma psychothérapie de soutien. Elle a doucement remontée la pente: le plus drôle est qu'elle suivait à la lettre mon régime à base de poissons gras et de féculents (hareng-pommes de terre-huile de colza), et qu'elle s'attirait des remarques gentiment ironiques de son mari (qui était, je le subodore un peu vexé que le courant passe aussi bien entre nous). Depuis elle ne me voit plus que pour ses enfants et fait comme si rien ne s'était passé: mais elle va bien, je respecte son choix de ne plus s'épancher sur ses soucis.