samedi, mars 18, 2006

Au nom de la science

Un patient qui me quitte car j'ai une heure de retard, un patient qui vient car il sait que je vais le sevrer de ses neuroleptiques: égalité.
Mon remplaçant a trouvé ma clientèle froide... ça m'a rendu perplexe car mes rapports avec la clientèle sont tellement décontractés que ma douce m'en fait doucement le reproche; c'est parfois "tu" et/ou des embrassades. je ne peux pas me refaire.
En fait ma clientèle ne me fait pas de grand sourires et des grands discours pour m'amadouer, nous parlons d'égal à égal et si elle n'est pas d'accord, je tiens à ce qu'on me le dise en face.
Patiente n°E: on lui a prescrit du tranxène et elle n'a eu d'autre idée que de vider le tube compulsivement il y a dix ans. La preuve qu'elle n'en avait pas besoin: à l'époque elle avait du stress au travail, et elle en a consommé. Ensuite sa soeur jumelle s'est pendue, elle a été cambriolée, plus des autres coups durs de la vie et comme j'étais "aux commandes", elle n'a rien pris et maintenant elle mène juste la vie qu'elle doit mener; même si les évènement l'ont rendue plus sombre, elle tient la barre.
Un livre terrible: Au nom de la science de Andrew Goliszek, Thierry Souccar. Il parle d'eugénisme et d'essais médicaux non éthiques, de nazisme. Ames sensibles et voyeurs s'abstenir car mauvaises nuits en perspectives. On ne peut le lire que dans l'optique qu'on peut contribuer à cela ne se reproduise plus