mardi, janvier 31, 2006

pourquoi ce blog

Mon but dans ce blog n'est pas de desservir la profession médicale même si j'en donne parfois l'impression. J'ai beaucoup de sympathie pour mes confrères car je sais que l'écrasante majorité a choisi cette profession pour aider et soulager son prochain. On passera sous silence ceux qui lorgnent le prestige et l'argent.
Mais beaucoup de choses usent ceux-ci: les horaires infernaux, la pression des laboratoires, les âneries qu'on veut nous faire avaler parce que c'est "scientifiquement prouvé" (des années plus tard on reconnait les erreurs, comme l'affaire du Distilbène), le fait de ne pas arriver à soulager tout avec les moyens actuels, l'absence de formation continue effective, le fait de ne pas pouvoir avouer et corriger ses erreurs auprès d'un confrère, car le généraliste est seul dans son cabinet... Alors arrive le burn-out, c'est à dire le sentiment de dépersonnalisation avec ses patients, l'épuisement psychique. Un petit accident vasculaire cérebral ou un infarctus vient verrouiller tout cela et voilà le médecin dans un sale état.
Victime de la psychose ambiante j'ai même pris une mutuelle quand un de mes confrères est tombé terrassé par un caillot qui n'aurait pas dû se trouver là (dans le coeur).

lundi, janvier 30, 2006

les enfants!

je voudrais agrémenter ce blog de faits et gestes farfelus de mes confrères et ai donc chargé une représentante médicale de colliger tout cela (évidemment en échange de son produit phare, un anti-hypertenseur).

Les enfants n'arrivent plus à me prendre au sérieux du tout; je promets à tout petit sacripant une piqûre s'il n'est pas plus sage, il me regarde en biais puis fait un grand sourire. Samedi j'ai même offert un stylo à un gamin turbulent en échange d'être obéissant avec sa maman. Il lui a fait un bisou puis c'est tranquillement assis sur la chaise jusqu'à la fin de la consultation. Malheureusement celle-ci est démissionnaire et préfère voir un psychiatre. Le petit gamin, je ne le trouvais pas plus vivant que Compote (le morpion, quand il était petit refaisait l'aménagement du cabinet en quelques minutes)! C'est vrai que quand mon fils a une crise d'activité aiguë je prends mon mal en patience et rêve d'une petite fille placide qui joue à la poupée pendant des heures.

dimanche, janvier 29, 2006

samedi culturel

Hier avec la petite troupe qui s'échelonnait, telle La Famille Fenouillard au mont Saint Michel (Christophe) nous avons admiré les dinosaures du palais de la Découverte, puis l'exposition sur l'électricité qui suivait: une blonde et une brune se trouvaient sur une plate-forme, 300000 volts autour d'elles, les cheveux de la blonde à l'horizontale. Celle-là n'en menait pas large et j'ai même cru qu'elle allait se sentir mal quand une sorte de cage de faraday s'est refermée sur elles deux. On devrait chercher ce qui se passe par rapport à l'électricité dans l'inconscient collectif... Je ne supporte en ce qui me concerne ce genre de chose que pour réveiller les morts (choc électrique). Je parierais que la blonde en a fait des cauchemards tellement elle ressemblait à un oiseau en cage ou à une biche aux abois.
Ensuite dans une autre expérience un gamin musclé (afin de maintenir tenir une barre de fer à la verticale) devait se tenir dans un électro-aimant géant: c'est très impressionant mais si j'avais connu ça dans mes études je n'aurais pas eu en permanence 5/20 en physique et encore à ma grande honte avec une feuille de pompe format A4.

vendredi, janvier 27, 2006

hérétique!

Dîner entre confrères hier soir; les habitués et un nouvel ostéopathe-hypnothérapeute. Celui-ci m'a raconté que pour une patiente il avait créé une cassette de relaxation avec sa propre voix en fond sonore sur la bande! "La patiente, m'a-t-il dit en riant, va devenir addict de ma voix!". Moi qui pensais être le seul médecin farfelu à 50 km à la ronde...
J'ai refléchi à une chose: la plupart des patients ne veulent pas être shootés et avoir l'esprit brumeux, la plupart des médecins n'aiment pas réellement droguer leurs patients, et pourtant dans notre beau pays nous sommes les champions d'Europe en ce qui concerne les suicides, les IVG, les psychotropes. Que ce passe-t-il? Qui pousse à la roue pour que les français ressemblent à des zombies et ne se préoccupent plus que d'une seule chose, le confort de leur petite personne et une ordonnance de lexomil-prozac pour celle-ci?
Le médecin d'hier m'a avoué qu' il n'était pas en faveur de ces produits mais qu'il prescrivait selon les dernières recommandations scientifiques! On ne peut donc plus penser par soi-même?
Nos maîtres à penser sont en partie les labos qui vendent leur soupe aidés par les psy qui veulent l'assurance d'avoir toujours du travail et le gouvernement dont certains membres pensent que "si l'individu est drogué, il ne fait pas de vagues sur le plan social et politique"

mercredi, janvier 25, 2006

mercredi récréation

Cinéma avec compote: un dessin animé japonais avec des drôles d'animaux capables de changer de forme et qui profitent de cette aptitude pour utiliser l'enveloppe de ce qu'ils ont de plus précieux (je parle des messieurs) pour en faire un tapis ou un parachute. Compote était aux anges et arborait un sourire malicieux dés qu'il pensait au film.
Ensuite il a longuement testé la solidité et la tenue de route d'un caddie dans un magasin; heureusement c'était un magasin bio avec des clients tolérants (jusqu'à un certain point).
Ces mercredis sont ma soupape de sécurité, vraiment hyper agréable.
Je cherche toujours un remplaçant collaborateur partageant mes idées. J'ai la vague impression qu'il faut se lever tôt...

mardi, janvier 24, 2006

Assumons

Ce soir au sport c'était moi qui avait l'allure d'un touriste épuisé en plein cagnard en train de grimper le Vésuve...
Une patiente est venue me voir en me racontant pis que pendre sur la maison de retraite du village voisin. Le problème est que depuis 5 ans que je suis là toutes les rumeurs convergent: marques de coup chez les patients, ceux-ci étant laissés sans soins la plupart du temps... C'est épouvantable et je vais faire un rapport à la DASS sur ce que j'ai entendu. Je vais encore me faire traiter de fouteur de m... par mon confrère qui a une partie de sa clientèle dans cette maison. Tant pis, j'assume.
Cet été, les vacances que j'aime en club en Sardaigne, le farniente. Je vais encore éduquer mon fils à dire: "mon papa, il répare des voitures". Sinon, le boulot hors cabinet et gratuit! La dernière fois en Sicile une mère m'avait cherché 1 heure durant pour retirer des épines d'oursin alors que j'étais à la plage. La maman m'a adressé des remontrances comme si j'avais été responsable de l'état de sa fille!

lundi, janvier 23, 2006

Dstress

Ce jour un patient est venu me voir, super-angoissé, une boule à l'estomac et cela dure depuis vingt ans. Le seul traitement ayant fait un peu d'effet était le prozac. Tant pis, cela ne sera pas mon patient D! Mais il est venu me voir car il ne veut surtout pas en reprendre (pourquoi?) et cherche des moyens plus naturels . Vu les tensions au niveau de la colonne vertébrale, j'ai pensé qu'il pourrait faire les délices d'un ostéopathe, d'autant plus que les tensions correspondent aux nerfs innervant la région de l'estomac, là où se trouve le noeud du problème.
Ensuite une représentante de produits pharmaceutiques qui venait d'hériter du Dstress sans aucune formation (le Dstress est mon "produit miracle" à base d'éléments naturels qui contribue à soigner la dépression). La jeune femme n'ayant aucune connaissance du produit se faisait "massacrer" par les confrères qui ne voyaient aucune utilité à prescrire ce genre de médication. Je lui ai fait moi-même la présentation du produit (augmentation de la sérotonine etc.) et elle est repartie ravie "docteur, quand j'aurai un coup de blues, je viendrai vous revoir". Je pense avoir gagné une invitation prochaine à déjeuner.

dimanche, janvier 22, 2006

peu de choses à dire, sinon que la douce a eu une gastro-entérite et que cela a dérangé mon sommeil...
La guerre pro et anti ritaline fait rage sur le Web, certains pour se donner bonne conscience d'avoir mis leur enfant aux amphétamines crient plus fort que les autres et sur le maximum de sites possibles et encouragent les autres parents à abdiquer et à confier la santé d'esprit de leur rejeton aux mains des spécialistes. "non, ce n'est pas ma faute si mon fils est malade, il souffre d'une maladie psychiatrique, ce sont les docteurs qui ont décidé sa mise sous Ritaline. je n'y suis pour rien".
dur à entendre, car on peut être responsable sans être coupable.

J'avais une petite amie avec qui je sortais; quand on était au lit, j'avais la désagréable impression que son psy y était aussi, tellement celui-là était devenu son maître à penser. Elle ne pouvait plus accomplir un simple projet sans avoir son aval.

C'est ça le futur, ne vivre que sous la coupe des "maîtres à penser"? Un petit peu de folie, de choses déraisonnables, ne fait pas de mal.

vendredi, janvier 20, 2006

pensées

dans le Concours Médical d'hier, en gros titre nous lisons "Réformer l'expertise psychiatrique et psychologique, un impératif pour la justice". Depuis le temps que tout le monde savait qu'il suffisait de se faire passer pour fou, la peine devenait dérisoire. Et puis: "Certains ont même dit que les expertises psy étaient l'une des sources de pollution importante de la justice, ce qui est pour le moins contraire au but de la mission confiée aux experts". J'avais connu dans le temps un expert psy d'une cour d'appel qui demandait à ses patients leurs relations homosexuelles, et leur relations avec les bêtes! Ca ne devait pas être joli-joli ce que ce monsieur avait dans la tête!
Une patiente, que je nommerai la patiente C m'a raconté qu'elle avait essayé de se défenestrer il y a 15 ans sous l'influence du Tranxène 50 intra-musculaire et que son mari l'avait rattrapée au vol. Encore une... Arriverai-je jusqu'à Z?
Un "confrère" est dans le collimateur de la sécu parce qu'il prescrit pour maigrir des médicaments non-indiqués et qui ne devraient donc pas être remboursés. Ce "confrère a la fâcheuse habitude de donner du Prozac-Lexomil à toute ses patientes rondelettes au cas où elles seraient grognonnes à cause du régime! Depuis le temps que je rageais...

mercredi, janvier 18, 2006

Drogué

Hier un patient shooté aux drogues légales et illégales (illégales quand il récupère un peu d'argent, légales quand il est dans la "mouise"...) m'a dit qu'il pourrait peut-être me prendre comme médecin traitant. Il y a 2 problèmes concernant sa requête:
--un soir qu'il était dans la salle d'attente il m'a piqué les clés que j'avais oubliées sur la porte. Je sais que c'est lui, car j'ai entendu le petit clic correspondant au retrait de la clé à un moment sans percuter sur le coup. Il m'a toujours juré sur ses grands dieux que ce n'était pas lui!
--ce n'est pas moi qui ai commencé à lui donner du Nopron (somnifère qui aide les parents à avoir des nuits tranquilles), ni de l'haldol (neuroleptique) quand il avait 10 ans. Miraculeusement à l'âge de 14 ans il n'en a plus eu besoin: il commençait à fumer des pétards en cachette de ses parents.
Donc je vais le renvoyer chez mon confrère qui le connait "par coeur" depuis qu'il est petit et prétexter que j'ai mon quota de patients.

mardi, janvier 17, 2006

un ange passe

En juin 2004 j'avais envoyé un patient chez un urologue car je soupçonnais une cochonnerie. Ce jour je reçois son épouse car je viens de recevoir les résultats de biopsie: cancer. je l'annonce à son épouse et lui lis les compte-rendus de l'urologue:
"madame, en juillet le spécialiste a écrit qu'il était inquiet et qu'il fallait refaire un contrôle dans 6 mois"
" oui mais docteur, cette lettre date de 2004!" Et là, un ange passe. J'ai tenté de lui expliquer qu'il faut savoir attendre en cas de suspicion de cancer de prostate mais le doute est jeté. Gênant...
Une dame de 94 ans m'a demandé un somnifère car elle ne dort pas bien, j'ai proposé un marteau et ai tenté de lui expliquer les effets secondaires de ceux-ci. C'est vrai qu'on pourrait laisser tranquilles les vieilles dames à partir d'un certain âge, ne pas leur casser les pieds. Mais la patiente m'a choisi, elle sait ce que je fais, toute maîtresse d'école à la retraite qu'elle est.

lundi, janvier 16, 2006

y'en a marre

27 patients, ai-je vraiment travaillé? ma douce me sussure sournoisement que je ne dînerai pas ce soir, pas en dessous de 30.

J'ai un gros ras-le bol: une patiente est venue aujourd'hui dans tous ses états à cause de l'ambiance épouvantable qui règne chez elle. Elle m'a dit que quand elle était adolescente, elle a fait une tentative de suicide aux somnifères et qu'on lui avait prescrit un cocktail somnifère-benzodiazépine-antidépresseur. J'ai posé alors la question qui tue: "avez-vous eu envie de vous suicider avant ou pendant la prise de ces médicaments?". Elle a beaucoup refléchi, puis m'a dit que si elle a attenté à ses jours avec ses médicaments, c'est après qu'ils lui avaient été prescrits.
Et voilà, et j'en ai des tas de ce genre!
Le problème avec ces patients victimes de cet effet secondaire qu'est la tentative de suicide, c'est déjà qu'ils se sentent coupables de l'avoir fait, et donc ils essaient d'occulter l'incident; en conséquence ils n'ont pas le courage de porter plainte. Et le prix à payer par la société (urgences, hôpital, médecins etc.) est important!

Ma douce commence un blog (voir le lien)

dimanche, janvier 15, 2006

société biochimique

Dans Impact médecin du 13/01/2005 il est conseillé des antidépresseurs contre les bouffées de chaleur. Pourquoi les labos n'attaquent-ils pas les femmes au stade de la fillette? car le syndrôme prémenstruel (les troubles avant les règles) peut être selon eux considéré comme une pathologie. Tous sous antidépresseurs, amphétamines, on y arrive!
On introvertit tant les gens à coup de tests dans les magazines, d'émissions "médicales" alarmistes, d'informations alarmistes genre virus qui menace d'envahir la france, que ceux-ci deviennent légèrement hypochondriaques et croient que la médecine, les examens irradiants ou non et les fameux cachets de toutes les formes et toutes les couleurs, tout ça va les protéger de la maladie et de la déchéance.
Tout comme les recommandations sans cesse renouvelées d'éviter la douleur comme si c'était une pathologie grave. Si on a mal, c'est que quelque chose ne va pas, et il faut chercher la source. C'est comme une place forte où on retire les sentinelles de peur qu'elles ne sonnent l'alarme, ou du moins qu'on tue dès qu'elles annoncent l'ennemi! Quand j'examine un lombalgique qui a pris du diantalvic, c'est plus difficile de diagnostiquer le point précis.

samedi, janvier 14, 2006

patients encombrants

Le petit Compote (qui a décidé de s'appeler Napoléon 4) était en très grande forme aujourd'hui et les sièges du train ont été mis à rude épreuve. Ca a fait passer un bon moment aux voyageurs.
Ce qui me bouleverse c'est quand les gamins sont terrorisés par les injections et que les parents pour les faire taire crient plus fort qu'eux en les traitant de qualificatifs peu élogieux. Faut-il alors que les gamins soient sains d'esprit pour ne pas devenir fou dans cette ambiance! Devant ce climat malsain il me prend des envies de faire des commentaires flatteurs sur mon confrère de façon à ce qu'ils y retournent. Surtout quand le père en retourne une au gamin parce qu'il a dit une parole de trop (que je n'ai même pas entendue). Mon confrère tout d'un coup est paré de toutes les vertus.
La patiente au témesta-chéri m'a téléphoné parce qu'elle était malade. Elle voulait des conseils. Je lui ai demandé: "mais vous n'avez pas vu le docteur A?
--Si, il y a une semaine.
--Et bien retournez-y!
--Oui mais..." La conversation s'est vite tarie, je pense qu'elle ne me téléphonera plus.

vendredi, janvier 13, 2006

Vital 2

parfois j'ai l'impression d'être transformé en agent de circulation: de multiples "laisser-passer" pour le dermato, le gastro-entéro, l'ORL... C'est ça la réforme. Les patients sont de plus en plus contrôlés et fliqués. Bientôt nous aurons une carte vitale 2 avec notre photo, nos antécédents, les ordonnances antérieures chez quel docteur, bref plus de vie privée. Et si le médecin du travail demande notre carte, la dépression que l'on voulait cacher, c'est fini!
J'avais un patient comme cela moniteur d'auto-école qui se nourrissait de Tranxène (tranquillisant), personne n'était au courant et moi j'avais le secret professionnel. Même si je désapprouvais totalement sa conduite, je me sentais confortable dans mon rôle de conseiller-confesseur et je n'ai pas envie de le dénoncer en inscrivant tranxène sur sa carte vital. Je n'ai pas voulu être juge, ni policier pour ne pas avoir à dénoncer ou juger les autres mais ça ne sera pas facile de rester intègre avec moi-même avec la nouvelle carte.
La seule solution pour contrer cela sera d'acheter les médicaments sans se faire rembourser.

mercredi, janvier 11, 2006

promenade au musée

Après-midi culturel avec le morpion: il arrive en vainqueur dans le musée, veut tout voir, demande les plans du musée au réceptionniste. Au bout d'1/2 heure pourtant l'enthousiasme pour les tableaux, les nus, les vignes et le dernier zinc de France (bar) se refroidit; il avise une porte entrebaillée: chic, la salle de contrôle. Il fait copain-copain avec le garde et je suis prié de lui faire des grimaces en face de la caméra dans les salles où je passe. Pas de réclamation de la part des visiteurs. Ouf!
Mon fils est très nature, n'hésite pas à demander des renseignements à des inconnus, bien dans sa peau.
Comme tout père je serais parfois tenté de le réfréner dans ses élans mais devant sa joie de vivre, ses caprices très rares je me dis que j'ai peut-être raison de lui laisser autant la bride. C'est au point que je lui laisse un crédit de 300 euros permanent et il n'en profite pas!

mardi, janvier 10, 2006

sportifs

A la salle de gym j'ai remarqué un "sportif" sur son rameur qui manifestait l'enthousiasme d'un type en villégiature sous le soleil à 45 °; sur son T-shirt était écrit "sporténine, résistance et récupération" (sporténine= coktail de vitamines). Pour une fois peu charitable j'ai fait défiler mes copains dans son dos et tout le monde rigolait. Je me confesserai s'il le faut mais c'est trop drôle!
Les donzelles avec le string visible dépassant du survêtement, les boucles d'oreilles pendantes et le maquillage de fête me font beaucoup moins rire. C'est beaucoup plus sympa une femme souriante, intelligente et qui montre qu'elle fait du sport pour se maintenir en forme.
D'ailleurs ma douce fait de gros efforts 3 fois par semaine et ça paye.
Pour passer du coq à l'âne, je pense à une patiente que j'ai envoyé chez une endocrinologue sans faire attention aux compatibilités de caractère. Elle revient me voir en me disant: "dites docteur, votre endocrino, c'est un vrai plat de nouille, elle est momolle!"Je n'ai pu me retenir de rire en m'imaginant le tableau (qui était au demeurant très facile à concevoir).

lundi, janvier 09, 2006

menace d'épuisement

47 patients, je n'arrive presque plus à aligner 2 pensées... si on me dit qu'il y a des médecins au chômage qu'ils viennent me voir.
Ma douce est une admiratrice inconditionnelle et savoure chaque message. Etant donné que la brioche au four n'avait pas cuit, on remet le couvert: il faut être en forme même après une dure journée. Pour ceux qui arrivent sur mon blog, nous parlons de bébés!
Parfois je dois adopter un état d'esprit que d'autres médecins n'ont pas: étant donné que j'ai accepté comme clientèle toute une frange de population qui se soigne par homéopathie, magnétisme et naturopathie, je dois me contenter de prescrire ce que les patients me demandent, voire de faire des examens que je n'ai pas l'habitude de prescrire. Mais je suis toujours là pour les diagnostics un peu difficiles ce que seul un médecin peut faire, éventuellement aidé par une échographie ou autre. Ces patients-là sont des acteurs et sûrement pas des jocrisses ou des jobards (des naïfs) qui acceptent sans broncher la parole du Grand Docteur Vincent.

dimanche, janvier 08, 2006

neuroleptiques

Ca y est! le petit Compote-Dagobert (compote pour sa grande résistance en vélo) a le virus: ce matin, un verre de jus d'orange dans la main et un crayon dans l'autre, le mouflet faisait son sudoku en arborant un air concentré.
Ce qui me tue et me rend triste c'est de recevoir les patients sous neuroleptiques: je les flaire à des kilomètres avec leurs yeux vitreux, leurs gestes rares, leur vitesse de réaction faible, leur obésité. J'ai reçu comme ça une jeune fille de 16 ans que sa mère, infirmière psy, a cru bon de traiter depuis deux ans. Une épave, et parfois je me demande si cela vaut le coup de vivre cette vie de chien. J'ai appris de source sûre que la mère a un comportement abusif, étant sur le dos de sa fille dès qu'elle lève un sourcil.
Je préfère les fous (si tant est qu'ils le soient) au naturel, ils ont plus de potentiel, plus de punch et j'arrive à les contrôler. S'ils sont sous neuroleptiques, c'est plus difficile.

samedi, janvier 07, 2006

Agitateur

Quand je vois un patient qui se plaint amèrement d'une injustice, des lenteurs de la justice (il y a de quoi écrire 10 romans) et autres vicissitudes, pour son équilibre je lui propose toujours de ne pas garder cela pour lui, et selon la situation, d'écrire aux journaux, au président, au conseil de l'ordre ou aux prud'hommes ou de s'abonner à meetic (site de rencontres sur le net); bref de s'extravertir. Chez la plupart des patients le fait d'agir a un effet thérapeutique même s'il n'a pas toujours gain de cause. Déjà quand ils viennent me consulter c'est un premier pas, d'autant que je commence à être connu comme agitateur, ne laissant pas passer une injustice quand je le peux.
Quand je soupçonnais le pharmacien du village de s'arrondir les fins de mois aux frais de la sécu et que je n'avais pas de preuve, j'envoyais tous les patients se fournir en médicaments dans le village voisin. Il faut dire que ce pharmacien racontait pis que pendre sur moi, que j'étais incompétent... Il a fini en prison 2 mois après, dénoncé par ses employés et j'ai gardé un sourire béat pendant 1 semaine. Mon confrère pendant cette période troublée n'arrêtait pas de me dire "entre confrères il faut se serrer les coudes, il n'a peut-être pas fait tout ce qu'on lui reproche". Le benêt et le naïf!

vendredi, janvier 06, 2006

arrets de travail

Aujourd'hui, relâche c'est à dire 17 patients. Pour me remonter le moral pendant la pause, ma douce m'a apporté un petit sudoku que nous avons potassé en 20 mn. Un bisou et re-travail.
Un médecin contrôleur des arrêts de travail a rendu visite à ma patient suicidaire:
--"Je ne comprends pas très bien pourquoi vous avez arrété madame M. j'ai cru que c'était pour dépression, je n'ai pourtant vu que de l'Euphytose sur son ordonnance! En plus elle était un peu agressive et m'a dit que son problème ne regardait qu'elle." A ce moment Je me suis mis à rire en imaginant le tableau, car c'est une patiente un peu fruste avec l'accent du "9 cube" (93) très attachante au demeurant qui conjugue vie de famille-travail-bétises des enfants (adolescents)-soins aux parents et qui me voit le minimum, a oublié le dentiste, le labo et le gynéco depuis belle lurette.
J'ai donc argué une lombalgie et d'importants problèmes familiaux (le mari avait eu "la bonne idée" d'arborer un cocard ce que n'a pas manqué de remarquer le médecin).
Ouf, mon arrèt de travail est accepté! pour cette fois-ci...

jeudi, janvier 05, 2006

quotidien

Tout le village (le garde-champêtre, la secrétaire de mairie etc.) a eu connaissance des faits du fils indigne. Il a oublié le commandement tiré des Tables de la Loi et toujours d'actualité "tu honoreras ton père et ta mère". Il peut venir, on l'attend de pied ferme...
La soirée avec ma douce est légèrement écourtée: 41 patients, cela empiète sur la vie personnelle; surtout quand il faut passer du temps pour expliquer à un alcoolique que si son psychiatre désire le traiter au valium il n'a qu'à faire l'ordonnance lui-même. Ca lui prendra moins de temps que d'écrire au médecin traitant (moi) pour que ce dernier fasse l'ordonnance à sa place. qui plus est, nous serons 2 à gagner du temps.
En plus j'ai fait voeu de ne plus prescrire de valium car le fils d'une connaissance s'est défenestré après une injection malencontreuse avec ce produit. cf lien (cliquez sur le titre)

mercredi, janvier 04, 2006

demande incongrue

Hier, en consultation avec une charmante patiente je reçois un coup de fil:
--"Bonjour et bonne année, c'est le fils de madame R, je voudrais la mettre sous tutelle, vous comprenez elle se fait manipuler par son entourage!"
Pour la petite histoire, c'est un patient psychiatrisé qui a été fichu dehors par la mère il y a un an pour mauvais comportement, par sa compagne il y a 1 semaine et il voudrait bien récupérer la maison familiale en jetant sa mère à l'asile... J'ai des envies de vomir. Le problème est qu'il y arrivera s'il continue à la harceler; elle s'est déjà remise au Lexomil dispensé par son entourage, le reste va suivre et elle deviendra trop abrutie pour se défendre.
Alors je suis allé à la mairie ce matin, tout dénoncer à l'assistante sociale. Cela me fera dormir mieux. je vais encore me faire traiter d'agitateur par mon confrère, de dangereux maniaque par ma compagne (qui me soutient quand même) mais je ne supporte pas l'injustice.

mardi, janvier 03, 2006

remplaçants bis

Chaque jour avec ma douce un petit sudoku fait en 30 mn (élégamment surnommé par ma compagne: le "chui cocue"). La sudokumania nous guette!

Aujourd'hui le bureau des pleurs c'était chez moi: le remplaçant de mon confrère étant militaire de réserve, "ceux qui n'ont pas rendez-vous dehors!". Il ne se rend pas compte qu'il y a pénurie de médecins, du moins dans les campagnes et qu'il faut parfois faire des entorses à son règlement. Le confrère va être ravi quand il rentrera!
Le problème est que les jeunes médecins ne veulent plus remplacer car ils veulent avoir une qualité de vie: 35 heures par semaine, la récupération après les gardes, peu de responsabilités car il y a toujours un senior pour récupérer les bavures et quand ils ne les récupèrent pas le problème est dilué sur tout les intervenants et les lenteurs administratives. En médecine libérale on travaille sans filet.
Bref, pénurie de remplaçants. Je ne parle pas de celle qui me remplaçait et qui finissait ses rendez-vous à 17h30 et de celle qui avait bu un petit coup avant de commencer sa journée. Son teint fleuri en temoignait.

dimanche, janvier 01, 2006

Bonne année

Fouillant dans le site de l'APA (American Psychiatric Association) j'ai découvert un syndrôme: le RAD (reactive attachement disorder) qui se se traduit par une froideur ou indifférence affective envers ses parents mais un attachement, une familiarité excessive envers des inconnus ou des étrangers à la famille. Si ceux-ci sont trop dirigistes, négatifs et ne respectent pas leur progéniture, est-ce pathologique? A méditer... (Il parait qu'il ne faut pas traiter le gosse avec une thérapie comportementale cognitive dirigiste, car le remède serait bien pire que le mal, ni avec une thérapie de "re-naissance"; pauvre gosse, s'il a des parents terribles il ne demande qu'à les fuir, sûrement pas re-naître).
Mon fils ne souffre pas de RAD, au pire de Dagobérisme ( le roi Dagobert pour les non-initiés)qui est le trouble de l'habillage aigü à l'envers. Il avait commencé à mettre son falzar à l'envers et ma douce le lui ayant fait remarqué, il en a profité pour tourner aussi son T-shirt et son pull. Car il souffre aussi de syndrôme de provoc, ce qui doit être dans les gènes!