mardi, février 28, 2006

La FDA a décidé le 8 fevrier d'apposer une mention de mise en garde spéciale sur les boîtes de ritaline: elle a déja provoqué chez les enfants et les adultes des accidents cardiovasculaires graves, genre infarctus, accident vasculaire cérébral, troubles du rythme.
Chic, Oui FM a parlé du rapport de l'INSERM sur la prévention de la délinquance et pas en propos flatteurs; il parait que TF1 s'y serait mis aussi. Enfin quelque chose de moins fade que la soupe édulcorée qu'on sert au 13 heures pour endormir les esprits (genre concours pour la plus grande tarte aux pomme qui peut faire rire éventuellement Compote!)
Ce soir, restau entre médecin accompagné de ma douce; même si je suis un peu saturé parfois côté boulot, ces intermèdes sont toujours les bienvenus.

lundi, février 27, 2006

ritaline contre cocaïne

J'ai appris ce jour que l'on donnait de la ritaline aux cocaïnomanes en Suisse pour pallier à leur syndrôme de manque; cela veut donc dire que c'est sûrement le petit frère de celle-ci à l'instar de l'héroïne qui a été créée pour se substituer à la morphine chez les toxicomanes. Et le subutex substitue l'héroïne... Or le subutex peut se piler afin de se l'injecter (faut-il la petite cuillère et le jus de citron comme pour l'héroïne?), se sniffer, se revend... et surtout est remboursé par la Sécu. Quand les toxicos n'ont plus d'argent ils vont donc chez le médecin, balancent des arguments genre "c'est médical, il me faut mon subutex", "vous devez me le donner".
les pensionnaires sont revenus, cette fois-ci pour vérifier que le gamin à la bronchite allait mieux... manque de bol: asthme. Les maladies défilent chez eux à une vitesse déconcertante.
Je suis tellement fatigué que je vais voir un petit bout de The Rocky Horror Show, film complètement décalé avec ma douce et dodo.

dimanche, février 26, 2006

j'ai fait un rêve

J'ai fait un rêve: on se trouvait tous dans une immense parc d'attraction avec des animaux endormis en cage, et des badaux à moitié endormis. Je tente de réveiller les animaux, ce sont en fait des humains (qui ont toutes les caractéristiques de la serpillière) qui ne pensent même pas à trouver une faille dans les contours de la cage; je tente de dire aux passants de se réveiller, mais ils n'en ont même pas envie; tout ce qu'ils veulent, c'est de la nourriture, du sexe (personnifié par un collègue de sport aux yeux chafouins qui matte tout ce qui passe à portée de vue du sexe opposé, et par un ex-condisciple aimant la "diversité simultanée") et des jeux (je n'ai rien inventé, c'est Jules César qui disait: "ils veulent du pain et des jeux...").
Puis je pense à partir de là, à quitter cet asile de fous relooké en Euro-Disney en prenant l'ascenseur, mais je vois tout à coup les officiels en mercedes sans doute accompagnés par des flics-infirmiers psychiatriques. Pourtant je pars sans encombre, ils sont tellement sûrs d'avoir conditionné toute la population qu'ils ne prennent même plus la peine de la surveiller. Je pars quand même avec ma douce que j'ai réussi à convaincre plutôt facilement.
Puis je me réveille plus ou moins grognon selon les dires de ma douce.
Dans le train, le petit Compote n'a accepté de lire "nounours millionnaire" que juché en équilibre sur mes genoux et en omettant les R! Enfin il a lu 5 pages...

samedi, février 25, 2006

paranoïa

Mon petit Compote qui décidément aimerait que le monde se transforme en grand manège s'est coincé dans la porte à tambour du centre commercial et est tombé; mais comme toujours dans ces occasions, il s'est relevé en souriant: "blessure de guerre". Mademoiselle Artémise (la belle-fille) a choisi des produits taillefine (ceux qui ne font maigrir que le porte-monnaie) pour garder la ligne; elle passe malheureusement une adolescence meurt-de-faim...
Ce matin, à la consultation, rien que des "chroniques", hypertension, diabète; à ce propos je diagnostique des nouveaux cas en pagaïe alors que ces patients ont des moeurs traditionnels, s'activent raisonnablement, font la fête modérément; alors je pense dans mes humeurs paranoïaques qu'on reçoit des ondes néfastes et que le gouvernement ne nous dit pas tout, qu'on mange de la cochonnerie irradiée et pesticidée et qu'on est tous des mutants (il n'y a qu'à voir les spermogrammes que je reçois, les petites bêtes sont léthargiques, peu nombreuses, anormales et ne bougent pas beaucoup )

vendredi, février 24, 2006

quotidien encore

Une patiente sympathique est venue me voir pour son traitement. Dans la consultation elle me raconte qu'une amie ne vient plus me voir parce que je ne prescris plus son témesta; donc elle intercède:" docteur, vous ne voulez absolument pas lui donner?" devant son dépit évident, je lui promet que si son amie a une bronchite je la soignerai mais qu'elle ne me demande pas plus, et lui ai demandé de passer mes amitiés à son amie.
La famille qui a pris pension chez moi est revenue, non sans avoir été aux urgences entre-temps (bronchite et grippe pour un enfant). c'est à désespérer: maintenant c'était au tour du père qui avait une gastro.
Une autre patiente était venue me voir il y a quelques jours pour malaises; ce jour, devant son teint fleuri et sa prise de sang je lui demande si elle ne boit pas: "mais non docteur, très occasionnellement!". Ce qui me dérange, ce n'est pas qu'elle m'ait pris pour un c. mais que je ne peux pas la soigner correctement dans ces conditions!

jeudi, février 23, 2006

Ecouter, c'est faire parler

Une gentille visiteuse médicale est venue me voir pour me présenter ses produits; dès le début de la conversation j'ai senti qu'il y avait un malaise: elle répondait à mes questions avec un temps de retard et pas parfaitement en adéquation. J'ai fini par lui dire que l'on était en décalage. Elle a été effarée de ma perspicacité, puis m'a tout raconté sur sa dépression. Nous nous sommes quittés les meilleurs amis du monde.
Souvent je fais parler les gens sans vraiment le vouloir, pour exemple un coiffeur (ne sachant pas que j'étais médecin) qui m'avait "bassiné" des tentatives de suicides de toute sa famille, puis de leurs maladies chroniques tout le temps du shampoing et de la coupe; il y a aussi le chef de ma douce qui m'a plus décroché de mots en quinze minutes qu'à elle en un an!
Lors de mon divorce aussi, le juge des affaires familiales m'avait tout raconté sur l'état de santé de sa mère alors que pendant ce temps ma femme à l'extérieur avec son avocat s'inquiétait grandement de la tournure que pouvait prendre l'audition.
J'ai l'impression de me retrouver dans la peau du psy qui faisait parler les frères Dalton (Lucky Luke; il n'y avait que sur Averell que cela avait été bénéfique), puis le juge à propos de son marteau qu'il prenait pour son hochet!

mercredi, février 22, 2006

Education de Compote 2

Compote a daigné aller au jardin d'enfant pour faire un peu d'escalade sur les jeux: ils ne lui ont jamais servi à autre chose.

Pour en revenir à l'école, pourquoi ne re-instituerait-on pas les minutes de morale du matin? On se met d'accord sur un thème: "respecter son prochain", on s'assure que les gosses ont compris chaque virgule du teste, ils donnent des exemples de transgression, on rend ça vivant, et surtout on remet ça régulièrement. Il ne faut surtout pas que cela soit politiquant ou religieux.
On peut donner aussi un réglement de l'école aux enfants qu'ils soient capables de comprendre avec des sanctions clairement définies en cas d'infraction, on s'assure que tout le monde a compris, enfants comme parents (ces derniers parce qu'on a besoin d'eux pour appuyer les profs).
Tout cela me donne l'idée que la prochaine lecture de Compote sera un truc genre les 10 commandements; on a besoin de repères et surtout pas ceux à la Benisti qui écrit:
"La notion de prévention se heurte à des représentations et problèmes de valeurs qui diffèrent selon les convictions religieuses, culturelles et politique des familles, pour certains parents la consommation de drogue dite douce ne serait pas un problème, là où pour d'autres il faudrait agir vite. Pour pouvoir mettre fin à ces difficultés liées aux décalage de perception et de valeurs qui paralysent toute tentative d'action, il serait souhaitable de mettre en place des outils statistiques fiables et indiscutables qui permettent de réconcilier les divergences de points de vues."
Tout ceci n'est pas très pragmatique et ce sont des voeux pieux que chaque personne de bonne volonté caresse depuis des lustres! (et puis pour comprendre cette phrase, même avec un QI correct, il faut s'y reprendre à 2 fois)

mardi, février 21, 2006

l'école 1

Toute petite journée hormis une famille qui semble avoir pris pension chez moi: un jour grippe, un jour gastro, un jour otite, le tout à une fréquence hallucinante. On n'arrive même pas à opérer le mouflet de 4 ans des végétations, tellement il tombe malade souvent; c'est pour le coup qu'il n'était plus actif: il se tenait bien tranquille sur sa chaise sans broncher!
Les gosses s'installent dans mon cabinet, en confiance, ils ont des petits cadeaux de labo mais ce n'est quand même pas très sain. L'homéopathie (dispensée par un professionnel des globules, granules et teintures mères) a aussi été un fiasco. La consultation a aussi été cadeau tellement je me sens impuissant.
Monsieur Benisti fait couler beaucoup d'encre sur le Web avec son racisme primaire. Je pense que l'école devrait être l'Endroit où l'on tolère et respecte les différences, les religions, les différents dialectes et où l'on devrait expliquer aux élèves que le Français est la langue qui permet de se comprendre en France, ni plus ni moins. Et il faudrait apprendre aux petits étrangers le français dans des cours spéciaux, comme les français apprendraient l'anglais au même moment, mais est-ce utile de faire intervenir le pédopsychiatre? Qu'a-il à voir avec les problèmes de langue? Qu'il retourne guérir (et oui, c'est son boulot) ses vrais patients et laissons l'école aux enseignants.

lundi, février 20, 2006

cadeaux labos

Ce jour, Viagra pour l'un, pilule pour l'autre, vive la société chimique!
Je me suis fait offrir un dictionnaire médical par un laboratoire. Ma douce va encore dire que c'est sur le dos de la sécu (ce qui est vrai), mais moi je n'ai jamais demandé (et eu) de cuisinière équipée, de carré Hermès (comme une de mes consoeurs) et autres babioles frivoles. Il est vrai que la loi anticadeau est passé par là depuis que des cardiologues se sont vus offrir un voyage en Chine pour un produit en cardiologie en 1994. Et maintenant on ne peut même plus avoir un échantillon médical gratuit; on pousse la roue dans l'autre sens.
Depuis les soirées labo sont moins rigolotes car dans la plupart des cas le conjoint n'est pas invité. Mais heureusement une gentille visiteuse médicale nous a invités à une soirée orientale tous les deux et même si ma douce paie sa part, c'est une délicate attention: je travaille tant que j'ai parfois peur qu'elle en ait ras-le-bol de vivre avec un médecin.
PS: ma douce n'a pas aimé le rapport bénisti (voir son blog)

samedi, février 18, 2006

proposition de saine lecture

Cet après-midi café chez un ami où Compote s'est amusé avec, ou plutôt aux dépens du perroquet Zorro qui de peur s'est perché sur la chevelure frisée de ma compagne adorée; celle-ci n'en menait pas large d'autant plus que le perroquet en question laisse souvent des cadeaux odorants. Tout le petit monde ailé se retrouve parqué dans les cages avec interdiction de jouer avec les moineaux en liberté. Triste mais nécessaire.
Bonne matinée sympathique, parfois quand je vois tout ce monde je me dis: "trop de monde je m'en vais", puis après un dizième de seconde plus tard: "oh, mais c'est moi le médecin, je dois rester!". Un peu de musique classique pour passer le temps, des journaux empruntés à la belle-fille (Lollie, Marie-claire, One, Séries et Girl) éminement intellectuels mais les patients courtois ne font aucune remarque. Je ne peux quand même pas leur refiler "Votre santé", "Alternative santé", "Médecines douces", ce qui changerait pourtant agréablement de la littérature de salle d'attente habituelle!
Pour l'édification des lecteurs, je recommande l'excellent livre de G.A. Imbert: "tranquillisants, somnifères, neuroleptiques, ces faux amis", édition du Dauphin. Rien que des cas réels et documentés.

vendredi, février 17, 2006

éducation de Compote

Excellente éducation que Compote reçoit: tir au pistolet, à la carabine, à l'arc, apprentissage de la cuisine. Quand le temps le permet, il enfile sa petite tenue d'apiculteur pour voir Sa ruche. C'est beaucoup plus intéressant que les 4 pages de Oui-Oui que je le force à lire.
Moyenne journée (vacances scolaires) avec mes petits fidèles. Les cadeaux des labos (post-it, stylos, blocs et autres babioles) leur sont destinés directement car Compote est complètement blasé par rapport à ça.
Les labos sont d'ailleurs pires que les sangsues, pour un produit il peut y avoir jusqu'à 6 visiteurs différents et cela ressemble à du bourrage de crâne ou du harcèlement au choix. Les discours se complètent, se contredisent, se soutiennent, et surtout le nom commercial est répété quinze fois de façon à bien le mémoriser, bref aucun intérêt scientifique la plupart du temps.

jeudi, février 16, 2006

coup de gueule

Petite journée (21 patients) ponctuée de la présence de Compote qui décidément a bien du mal à rester lire sur une chaise, de messages aux journaux pour leur faire connaître le futur que certains aimeraient bien nous imposer: un immense asile psychiatrique avec des maîtres à penser, des caméras partout et des cachetons en pagaille. Ce futur existe déjà dans des "écoles pilotes". Il faut faire quelque chose, sinon l'avenir sera bien lugubre.
Beaucoup de gens pensent: "après moi le déluge"
"ce genre de choses ne peut pas arriver (les infos n'en parlent pas)"
"de toute façon on n'y peut rien"
"on a déjà assez de mal à s'occuper de nous-même"
"je vais être mal noté dans mon travail (les profs), je vais le perdre"
"quelqu'un doit bien s'en occuper quelque part"
"le gouvernement sait ce qu'il fait"
Personne ne fera le travail à notre place, il y a trop d'intérêts économiques.

mercredi, février 15, 2006

benisti corrigé

Petite mise en jambe ferroviaire pour Compote (roulades avant et arrière sur strapontins), puis jeux en tout genres avec Moustique à qui j'ai donné de l'oscillococcinum (homéopathie grippale).
En fait Benisti tout seul a concocté une nouvelle mouture de son rapport (octobre 2005) beaucoup plus sournoise, qui brosse dans le sens du poil les immigrés ( du chocolat blanc au noir) en parlant de richesse culturelle! Mais même si le ton est différent (le premier rapport était méprisant), le but final est psychiatriser tout ça.
J'ai un petit pincement au coeur en pensant à ma patiente musulmane qui a les pires difficultés à parler français, à une patiente russe, portugaise, espagnole etc. C'est sûr que quand une togolaise vient me voir et me montrant son ventre, dit "moi, bobo là", je ne sais pas si c'est l'appendicite ou un petit morpion en gestation. Mais on respecte et on essaie de faire quand même son travail.
Je pense avoir des tas d'idées pour soumettre un projet de proposition de loi qui tienne la route.
Une bonne initiative vient de l'Ecume du Jour (cf lien) qui mutualise les connaissances et veut réintégrer les jeunes en difficultés en mettant l'accent sur leurs points forts (par exemple les voleurs de mobylette sont très bons en mécanique). Vraiment sympa.

mardi, février 14, 2006

rapport benisti, suite

J'ai fait des tas de fautes d'orthographe la dernière fois, serait-ce que j'ai été traumatisé ou peut-être est-ce par osmose avec le fameux rapport (truffé de fautes)?
Cette notion de secret partagé avec le médecin de famille m'a donné la nausée: le médecin doit donc dénoncer ses petits patients à problèmes, et tout le monde le saura, y compris le maire qui doit avoir un rôle prépondérant dans le nouveau dispositif! (cliquer sur le titre)
Si ce nouveau rapport passe, dans 20 ans chaque petit bambin aura son référent qui lui dira comment se comporter, la mère ne servira plus que de génitrice et surtout les psychiatres n'auront plus de problèmes pour recruter des patients. Si on est noir et parle mal le français (le bamboula selon les mots de Bénisti), ce dispositif sera automatique.
J'en fait des cauchemards, il faut réagir!
Le fils de ma douce nous tourne autour comme une mouche, tout extrèmement actif qu'il est, il faudrait en même temps jouer à Yes, voir la télé, jouer sur la PS2 et aller à la piscine...Il préfère s'appeler moustique. C'est les vacances.

dimanche, février 12, 2006

J'en ai découvert une bien bonne sur le Net: le rapport Bénisti sur la prévention de la délinquance:
--d'abord une belle courbe relatant l'évolution d'un jeune qui au fur et à mesure s'écarte du "droit chemin" pour s'enfoncer dans la délinquance, et cela commence à 1 an 1/2!
--puis on demande aux parents étrangers de s'obliger à parler le français dans leur foyer à leurs bambin, (un peu raciste...)
--on propose des suivis sanitaires dans les crêches pour détecter les troubles comportementaux
(bébés mordeurs chez le pédopsy)
--entre 4 et 6 ans on incite fortement les parents à parler français dans leur foyer, sinon orthophoniste,
Le fin du fin est de nommer un référent pour court-circuiter l'autorité parentale si le gamin n'entre pas dans le moule. Et après ils parlent d'autorité parentale affirmer!
A vomir! Ce rapport est raciste et devrait être dénoncé comme tel!
Et texto: "il faut traiter les difficultés de l'enfant dans sa globalité et de façon transversale en bâtissant un projet éducatif avec un tuteur référent pour l'enfant n peu comme cela est pratiqué pour les enfants handicapés."
On veut transformer nos écoles en CMPP (centre médical psycho-pédagogique).
Ceux qui nous on conquocté cela n'étaient plus que 3 à la fin (11/2004)

samedi, février 11, 2006

la cours d'assise du Tarn a décidé de relacher un sinistre individu qui avait frappé une passante inconnue après avoir acheté un couteau. Pourquoi? Pénalement irresponsable. Donc il va passer un 12ème séjour à l'asile et sera sûrement relaché rapidement (oui docteur, je prendrai bien mes médicaments)...Consternant. Le but de la manoeuvre de la justice n'est-il pas de protéger les honnètes gens contre des individus de cette espèce? Il faudrait revoir les fondements de celle-ci.

vendredi, février 10, 2006

Conversation passionnante avec un bambin de 4 mois; il avait hurlé à pleins poumons toute la consultation (je suis celui qui fait mal) et à la fin je me suis approché de lui: "la prochaine consultation, il n'y aura pas de piqûre". je l'ai répété 2 fois, il a émis un couinement faible approprié à chaque fois puis silence. Magique!
On manque de médecins scolaires: On veut faire travailler les généralistes installés à la place en échange d'une subvention. Et ils sont tellement aux abois que j'ai reçu du courrier confirmant mon inscription et ma présence à l'une des réunions d'information alors que j'avais manifesté un faible intérêt pour la chose il y a 6 mois et n'étais absolument pas allé à la-dite réunion. J'ai de plus en plus l'impression de devenir un fonctionnaire du gouvernement.
(6 heures plus tard) J'ai trop envie de communiquer mon malaise: une patiente est venue pour rhino, figée, les yeux fixes, la mimique rare accompagnée d'une amie du même acabit. Evidemment, elle prenait du zyprexa (neuroleptique). Peu importe les raisons qui lui ont fait prendre, de voir cette jolie jeune femme sous camisole chimique m'a donné froid dans le dos...

mercredi, février 08, 2006

ordonnances

Journée libre avec Nap 4. Zathura, c'est rempli d'effets spéciaux, spectaculaire mais moins poétique que Jumanji dont il reprend le concept du jeu transposé dans le monde réel.

Dans un Quotidien du médecin de janvier 2005, un article fait état de la soumission chimique causée par les benzodiazépines, anesthésiques vétérinaires et autres drogues. Pour les profanes, la soumission chimique c'est abuser des jeunes filles alors qu'elles sont sous drogue. Dans cet article le temesta (benzodiazépine) est au même niveau que le subutex (substitut de l'héroïne). Tout concourt pourtant pour que dans notre société le petit Lexomil (aussi benzodiazépine) soit banalisé, avalé pour n'importe quel coup de blues. Et ça trafique à fond sur les ordonnances.
Quand j'étais remplaçant déjà j'avais été victime d'un vol d'ordonnances pendant que je tournais le dos. Et pendant une semaine j'ai eu des coups de fil de pharmaciens qui avaient trouvé les ordonnances louches; l'abruti, il était tellement shooté qu'il ne savait même pas remplir une ordonnance convenablement!

mardi, février 07, 2006

vous avez dit routine?

De nouveau échantillonnage apréciable de la gent en grenouillère. Je vais finir pédiatre.

Le jeune homme qui prend un antiépileptique fait bien une consommation immodérée de hashich et de ce fait prend son traitement pour pallier aux effets secondaires...lamentable.
Une patiente est venue me voir car sa fille a des hallucinations vespérales depuis une semaine avec un comportement reprenant celui de la jeune fille de l'Exorciste: vulgarités, morsures etc. C'est la deuxième fois que je la vois, habituellement vu par mon confrère-concurrent. Elle veut un autre avis. Après bien des questions dans tous les sens, il se trouve que la gamine a un comportement particulier: elle use les tubes de colles en les mangeant, non en usage adéquat.
Qui a dit que la médecine générale était routinière? Entre la jeune patiente qui s'étrangle avec un fil de fer (tentative avortée) et le jeune homme m'avouant son homosexualité, chaque nouvelle consultation est une aventure, le but de la manoeuvre étant bien entendu que les patients deviennent assez autonomes pour n'avoir plus besoin de moi.

lundi, février 06, 2006

joute oratoire

Ce jour volée de petits patients tous plus mignons les uns que les autres, certains prenant mes carreaux pour une marelle. Si la consultation de 2 à 6 ans passe à 23 euros, je suis gagnant.

Et surtout une patiente qui d'un ton propitiatoire (genre offrande pour apaiser la colère des dieux) me dit combien mon cabinet est chaleureux, agréable. Je lui trouve une petite mine. Elle n'arrête pas de se plaindre amèrement de son fils qui aimerait son héritage au plus tôt. Puis d'un coup elle me lance:
"je voudrais vous dire quelque chose docteur, (je prends une mine avenante "mais non, mais non") mais ne le prenez pas mal, je suis allée voir un autre médecin qui m'a prescrit un anti-arthrosique... et ça (me montre une boite d'effexor, antidépresseur)".
Et je lui rétorque:
"Je voulais aussi vous dire quelque chose mais il ne faut pas que vous le preniez mal, c'est que je vous ai trouvée très momolle, en général vous être très pétulante et très vive, mais là vous êtes momolle!"
Elle a acquiescé, a accepté le ginseng et le kola (fortifiants) et un peu d'atarax que je lui ai prescrits, a encore lancé un compliment "on raconte que vous êtes très compétent", un bonsoir, et fini pour mon 42è patient.

dimanche, février 05, 2006

hyperactivité ferroviaire

ce soir dans le train se trouvait un affreux môme de 6 ans lâchant un tas de bruits incongrus aux décibels appréciables. Je me retourne et vois qu'il fait tous les gestes à l'avenant, semblant incapable de rester sur son fauteuil sans se trémousser. je décide de faire un test en le fixant droit dans les yeux tout le reste du trajet; le gamin n'a pas moufté, se cachant de temps en temps derrière les bagages pour éviter mon regard. Le calme... (pendant ce temps-là Napoléon 4 peaufinait ses méthodes d'acrobaties ferroviaires: on ne peut pas être partout). Pour celui-ci au moins si jamais on le classe comme hyperactif, c'est qu'on ne veut pas voir l'affreux gamin en face tel qu'il est, c'est à dire en pleine rébellion contre son père (qui ne pouvait rien en faire dans le wagon). Et je sais que Nap 4 obéit au doigt et à l'oeil avec certaines personnes et qu'il se tient tranquille en classe;

samedi, février 04, 2006

Isoméride

Génial, l'Isoméride est puni! Ce coupe-faim amphétaminique qui a provoqué des tas de dépressions est finalement épinglé pour hypertension artérielle pulmonaire (Impact médecine et Le Généraliste de vendredi, il est dit que le laboratoire a été condamné à verser 400 000 euros à la patiente). Je n'appréciais pas beaucoup ce produit depuis que j'ai vu mes congénères en prendre; une copine a fait une dépression grave, une autre n'a jamais pu exercer alors qu'elle était première de fac pendant les 6 années règlementaires, d'autres avaient des comportements illogiques... La Ritaline fait partie de la même famille.
Voyant l'hécatombe, le petit Guronsan que j'avalais parfois pour être en forme a fini à la poubelle. J'ai fini ma première année dans un état de nerfs impossible suivi d'une retraite au lit d'une semaine celle-ci partagée entre sommeil et lecture intensive de Stephen King. (épouvantable, sa nouvelle "Brume", de quoi fermer toutes les fenêtres et faire des cauchemards remplis d'ectoplasmes).

vendredi, février 03, 2006

adultes hyperactifs

Maintenant, c'est l'hyperactivité à l'âge adulte qu'on a découverte (Quodidien du médecin 9/01/2006). Tout ce qui sort du troupeau, sous ritaline! Il n'y aurait jamais eu de Révolution Française si la ritaline avait existé, pas de Robespierre qui, m'a-t-on dit, était un dangereux hyperactif! Quel est le but de la vie? vivre de nouvelles sensations? On veut nous faire croire que vivre les sensations à travers les jeux vidéos, la télé et le summum qu'on puisse atteindre en terme d'action. Les gamins actuels en sont convaincus: qui va encore faire une cabane dans les bois, bricoler dans la nature, faire les zouaves autour de l'étang du coin, jouer dans le foin du paysan du coin (et celui-ci qui arrive en hurlant) ? Non, une télé dans chaque chambre, la PS2, la vie est lissée, les vêtement n'ont presque plus d'accros, les enfants ne sortant dehors la plupart du temps qu'en voiture.
Vive les hyperactifs, ils mettent du piment! Mais si dès qu'ils lèvent un petit doigt on leur fait comprendre qu'ils sont malades, ils vont devenir introvertis et c'est là qu'ils estimeront devoir se soigner. Je suis d'autant plus en colère que selon la définition du DSM4, j'appartiendrais à la forme "hyperactif-impulsif prédominant"? J'assume et c'est mon problème si je déménage tous les ans. Je ne change par contre pas d'enfant ni de douce!

jeudi, février 02, 2006

35 patients

Je rêve d'une secrétaire... car à ce rythme effréné (plus les papiers, le téléphone, la presse et d'autres bricoles) je ne fais plus de sport. Il n'y a plus que ma douce le soir ainsi que mon fils: pratiquement (je corrige, pas tout à fait, car ma douce qui lit dans mon dos est un petit peu vexée) une vie de moine.
J'ai trouvé un nouveau mode de sélection des patients; devant l'afflux des gens qui me veulent comme médecin référent, je ne fais signer que ceux en bonne santé! On ne peut pas se multiplier... Néanmoins je propose aux autres de les soigner en cas de coup dur.
J'ai vu à domicile une patiente sous effexor-hashich-alcool qui a choisi un autre médecin: il y a 3 ans devant mon refus de lui donner ses antidépresseurs elle a piqué une colère en me disant: "je vous quitte docteur, mais j'ai confiance en vous: à partir de maintenant vous ne vous occuperez plus que de mon mari et de mes enfants". Nous sommes toujours en bon termes et j'ai beaucoup apprécié sa franchise. Si tous les patients pouvaient être comme ça!

mercredi, février 01, 2006

je me suis fait avoir

Un truc épouvantable hier: un père vient me voir car il soupçonne que son fils prend du haschich régulièrement. Le problème est qu'il se fait soigner pour l'épilepsie depuis un an car il présentait des mouvements anormaux parfois, comme des contractions musculaires. et le voilà sous dépakine prescrit par son neurologue. Mais le père a des sérieux indices quant au fait qu'il "fume" depuis plus longtemps (renfermement sur soi, sort peu, agressif et surtout le copain qui a cafté). Quand on sait que chez des sujets prédisposés le haschich peut provoquer des tremblements involontaires! J'en suis tout retourné: le gamin prendrait de la dépakine pour rien, ou plutôt à cause de ses bétises!
Moi qui ai fait une thèse sur la toxicomanie, je me suis comporté comme un bleu...