jeudi, août 31, 2006

religion

Je me demandais comment la pauvre femme de deux posts avant pouvait tenir (et encore je n'ai pas raconté ses enfants qui ne sont pas des lumières) sans avoir besoin de psychotropes: elle a la religion et va au culte protestant tous les dimanches. Je connais d'ailleurs le pasteur; même si son discours est parfois en désaccord avec mes pensées il irradie de bonté, de compréhension et de bonheur, et ça c'est bénéfique pour ses ouailles. Mettre une dimension spirituelle quand la vie est en bordel ça ne peut pas faire de mal.
Une patiente m'a vexé: elle m'a rappelé sa dépression d'il y a trois ans au moment d'un divorce difficile. Elle est devenue anorexique, toujours en pleurs et ayant perdu l'élan vital. Je sais parfaitement que je l'ai soignée à ma façon, avec des produits comportant le moins d'effets secondaires possibles et elle m'assure que je lui ai prescrit des tas de temesta et lexomil! vexant. Elle est enceinte et rayonnante. Elle est devenue végétarienne depuis cet épisode.

mercredi, août 30, 2006

économies

Journée à la Villette avec un petit bonhomme qui me mène de plus en plus par le bout du nez, qui commence à raisonner et échafaude une logique qui prend de plus en plus en compte les éléments extèrieurs; ça ne l'a pas empêché de faire le ninja dans le métro au grand ravissement de deux djeuns en tenue de leur âge, c'est à dire qu'il tenait la barre pour se tenir la tête à l'envers. C'est dommage que je sois incapable de croquer ça, cela valait le détour!
Retournons à la santé, je viens de recevoir ça de l'assurance maladie:" Les effets indésirables graves (des médicaments) sont en effet responsables de 130 000 hospitalisations par an, dont 40 % à 60 % pourraient être évitées..." et de donner des tas de conseils judicieux pour éviter la iatrogénie médicamenteuse qui leur coûte si cher. Ouvertement ils parlent de la santé des patients mais tout leur discours en filigrane est "dépensez moins".

mardi, août 29, 2006

besoin d'éducation

Hier je vois une pauvre femme en visite; elle s'est maquée (et vient de le quitter)avec un pauvre type ne sachant ni lire ni écrire, lançant des boules de neige dans la fenêtre des voisins, jouant comme un gamin avec les jeunes dans le lotissement, "visitant" des caves pour se nourrir car il est au chômage. Sa vie a basculé quand sa femme est partie avec ses 5 enfants à cause de son alcoolisme, il a dévalé la pente, a reçu des électrochocs à l'hôpital psy et depuis n'est plus bon à rien; maintenant il dort dehors.
Donc il a dépensé l'argent du ménage en alcool, en cigarettes, en chiens, en caravane. Quand je dis à la patiente de manger des légumes, elle me rétorque que c'est trop cher (elle ne connait pas les combines pour les avoir pratiquement à l'oeil par exemple faire la fin des marchés). Ce qui m'amène la reflexion que les pauvres n'ont pas seulement un problème d'argent, ils ont un problème éducationnel; j'en ai déjà vus qui achetaient une télé dernier cri alors que les enfants couchaient sur un matelas posé au sol avec une simple couverture avec le ménage non fait. D'abord pour régler le problème il faudrait qu'ils récupèrent l'estime d'eux-même, ils partent battus d'avance, donc ils consomment tout de suite ce qu'ils peuvent: au moins ça ils l'ont!


...
Diner avec ma douce devant une bonne flambée, un magnifique coucher de soleil donnant une luminosité particulière à la pièce, bercés par Lilith de Jean-Louis Murat ça pourrait être pire; il manque juste au tableau la robe de chambre, le chat sur les genoux et le cigare digestif pour entamer une nuit ressourçante...

dimanche, août 27, 2006

site antipsychiatrique

Un de mes patients cancéreux est guéri! Il avait un cancer du colon avec de vilaines boules ayant migré dans le foie à 39 ans. J'avoue franchement que j'avais tout à fait envisagé sa dernière demeure à côté de mon cabinet dans les 6 mois ( j'exerce à côté d'un cimetière). Donc après de la chimiothérapie assortie d'un tas de médecines et paramédecines non conventionnelles et d'homéopathie, plus une remise en question en profondeur de sa vie (j'ai loupé quelques épisodes car je ne le voyais qu'en pointillés) il peut enfin voir grandir son fils, il n'a plus rien. Evidemment il ne faut pas crier victoire trop vite dans ces maladies-là mais quand même!
J'ai un lien (taper sur titre), sur quelqu'un qui est vraiment très fâché contre les psychiatres, il leur reproche surtout de ne pas être là et à l'écoute des patients; le professeur Olivenstein, le pape de la drogue en prend plein son grade aussi, moi qui pensait qu'il était très touché par le sort et très proche des toxicomanes... pourtant il a écrit de beaux livres.
C'est comme le docteur Tordjman psychanalyste très médiatique à la télé qui a été convaincu de viol sur ses patientes.
En revenant de courses ma douce me fait remarquer les guirlandes de Noël accrochées encore dans notre village; c'est tellement plus simple et plus économique pour le maire de les conserver à l'année! Et puis cela égaye le temps.

samedi, août 26, 2006

hyperactivité familiale

Cours de changement de roue pour ma douce; déjà elle s'est pris la roue sur le pied, ensuite c'était laborieux. J'ai tenu pourtant à ce qu'elle apprenne, ça lui évitera de demander secours à la population masculine du village!
J'ai reçu une famille assez imposante tant en taille, en corpulence, en mouvements qu'en décibels (trois hyperactifs sur quatre); ils étaient quatre et mon petit cabinet faisait tout rikiki. Il m'est égal, je rechange dans quelques mois. Cette famille attachante au demeurant a eu maille à partir avec l'école, les psys et l'assistante sociale (gamin survolté qui ramène des médocs à l'école, qui saute sur place en permanence), le père ressemblant à un vicking genre Astérix chez les Vickings, la jeune fille raisonneuse concernant chaque fait de la vie... mais je parierais que les enfants vont réussir... et j'adore l'originalité.

vendredi, août 25, 2006

Application des lois

Une de mes patientes profite aussi des jolies mélodies à l'accordéon de mon voisin: quand il s'occupe de son jardin dans un autre village, il met la radio de sa voiture à fond et ma patiente pique des crises... et quand il fait ça, je sais que je suis tranquille avec ma musique perso (Notre Dame de Paris).
... Manque bol, cet après midi c'étaient mes oreilles qui profitait de l'accordéon!
Je lis dans une décision de justice qui fait jurisprudence (décision de la première chambre civile de la Cours de cassation du 25/02/1997) que:
-- la justice peut "vérifier" le travail du médecin;
-- que le patient est protégé de la toute-puissance médicale!
-- la rééquilibration du contrat médecin-malade, le statut du patient devenant celui d'un consommateur:
-- le médecin peut être amené à rendre des comptes en cas de dommages causés non au patient mais à des tiers, du fait des soins prodigués.
et en plus il faut théoriquement apposer sur l'ordonnance de psychotropes: ce traitement peut modifier vos capacités d'attention, de réaction, et votre vigilance au volant et au travail".
Ceci est-il toujours appliqué?

jeudi, août 24, 2006

de l'utilité des aquariums

Un patient m'a raconté un usage non conventionel appliqué à son aquarium; il est rentré de vacances, une odeur infernale l'acueillit, il chercha et trouva que cela venait de son aquarium. En regardant de plus près il vit que la plaque au dessus du néon servait de séchoir à plusieurs jolies plantes illicites. Original, il fallait y penser! Depuis il a viré tous les "invités". Et les poissons, on y a pensé?
La jolie fillette de dix ans prend encore son haldol: j'ai pris le père à part et l'ai mis au parfum en lui montrant le Vidal. Sa première réaction a été: "vous n'avez pas été assez convaincant avec ma femme", sa deuxième "c'est ma faute, je ne supportais plus les tics de ma fille", sa troisième "je vais passer tout ça par la fenêtre!" Le monsieur a le sang chaud, c'est un méditerranéen! Il m'est avis que j'ai provoqué un drame familial, mais déjà le père se sent coupable actuellement, qu'est-ce que ça aurait été si sa fille avait été transformée lentement mais sûrement en légume par les bons soins du neurologue.

mercredi, août 23, 2006

la fête des médecins

Compote est retourné chez sa maman et me revoilà seul avec ma douce qui a d'ailleurs crevé; pour retirer sa roue elle a tenté sans succès de déverrouiller le faux boulon en plastique qui cache le vrai puis a cherché du secours auprès d'un ami... nous les hommes nous savons quoi faire n'est-il pas! Nous avons notre utilité...
Les généralistes en prennent plein la gu...margoulette dans ce rapport: insuffisance de formation, formation assurée par les labos, enjeu économique (il est plus facile de donner du stilnox en 5 minutes que d'interroger un patient sur ses habitudes de vie: cela va du café corsé le soir aux disputes avec monsieur, de la prostate qui réveille le mari quinquagénaire toutes les deux heures au conjoint qui ronfle bruyament. En plus c'est très lucratif de faire revenir le patient tous les 28 jours pour son somnifère).
On nous propose aussi de faire des sevrages de benzodiazépines sur quelques mois au... valium! Il y a d'autres moyens très efficaces mais ils sont ignorés dans ce rapport. Mais évidemment ce n'est pas humain d'arrêter son tranxène "à la cosaque": on risque d'avoir des insomnies, tremblements et d'autres effets indésirables peu agréables. Le Dr Curtay, nutrithérapeute lui arrête tout grâce à ses compléments alimentaires, c'est efficace, évidemment si le patient le veut réellement.
Pour le rapport, taper sur titre

mardi, août 22, 2006

morceaux choisis

Journée de Compote: fabrication d'un couteau à la forge; rien que des jeux de son âge ne trouvez-vous pas?

J'ai encore trouvé quelques morceaux choisis dans le rapport (p312) "si les études universitaires de psychologie ou de psychiatrie comportent une formation théorique aux méthodes psychothérapeutiques, elles n'incluent pas le plus souvent de formation pratique".
Ensuite le gouvernement (qui a décidé les mesures prises) trouve regrettable que les plantes pour calmer soient déremboursées (p310)
Et une petite phrase assassine: "il est sans doute inutile de préciser que les "formations" financées par l'industrie n'ont pas pour objectif premier de réduire les prescriptions de psychotropes, hormis celles des laboratoires concurrents". (p299)
si certains trouvent que les phrases sont sorties de leur contexte, donc moins crédibles, qu'ils se tapent le rapport! bon courage. Ma douce m'a encore dit "avec des petits oignons" l'air très inspirée quand je lui ai lue certains paragraphes.

lundi, août 21, 2006

2 poids 2 mesures

Voici ce que Compote a fait de sa journée: tir au 22 long rifle, au fusil à air comprimé Gamo, au 6 mm genre Lebel, au pistolet. Nous ne nous lamenterons pas sur l'état de ses vêtements... Il apprend aussi à conduire un 4X4.
Une patiente sympathique me demande un arrêt de travail pour rester avec sa fille qu'elle n'a pas vu depuis un mois. D'abord choqué je fais la grimace, puis creuse un peu: elle prend du lexomil depuis deux semaines tellement elle est stressée (soucis familiaux), donné par une amie compatissante. je lui lis les effets secondaires, lui conseille une médication plus naturelle et... lui donne son arrêt de travail.
Un magnétiseur réputé que j'ai rencontré en société m'a affirmé que les grands de ce monde se soignaient chez lui et ses confrères pour éviter les médicaments; un biologiste de mes amis me l'a confirmé, ainsi que d'autres. En d'autres mots, le "vulgus pecus (le commun des mortels) se soigne avec des tas d'effets secondaires possibles, tout remboursé par la Sécu, la France d'en haut se soigne différemment; il n'y a qu'à voir la prostate de Mitterand soignée avec les produits Beljanski (médecine dissidente) qui coûtent la peau du dos!

dimanche, août 20, 2006

la folie, état arbitraire?

Il se dégage dans le rapport (p273) qu'il existe une inadéquation entre traitements psychotropes et diagnostic psychiatrique, autant des personnes indemnes de toute pathologie prennent des médocs, autant des personnes ayant un trouble avéré ne prennent aucun traitement; tout ceci est peut-être dû au fait que (p274): "contrairement à d'autres pathologies, l'étiologie et la physiopathologie des troubles psychiatriques restent inconnus" et "les frontières entre les différentes catégories diagnostiques, ou entre normal et pathologique, reposent sur des critères relativement arbitraires et sont donc susceptibles d'être modifiés en fonction des décisions de consensus d'experts".
Si certains lecteurs trouvent cela alambiqués, qu'ils se rassurent: je lis tous les soirs des morceaux choisis à ma douce qui me répond invariablement: "tu m'en mettras deux caisses!"
Plus sérieusement, c'est quoi la folie? Un accord entre experts sur ce qui est pathologique et qui ne l'est pas?
Pour finir sur une note plus rigolote, Compote en conversation rapprochée avec Basile:

samedi, août 19, 2006

scoumoune

Le locataire brûlé a mis 3 jours pour se débarrasser du xanax: crises de larmes fréquentes, insomnie totale, il comprend maintenant pourquoi à l'hôpital il dormait toute la journée; évidemment personne lui avait signalé qu'il prenait un psychotrope. Il enchaine vaillament avec une rage de dents.
Un patient arrive que je connais bien. Il a choisi mon confrère comme médecin traitant; tout de suite j'attaque: "que devenez-vous maintenant que vous êtes maqué avec mon confrère?" Problème de dos et ce dernier est absent.
Je l'examine et puis lui parle de ses habitudes toxiques: haschich, alcool. Monsieur se fait pousser sa consommation (il ne va pas jusqu'à l'alambic), se shoote au naturel, il ne veut pas de ces "cochonneries de médocs que les médecins prescrivent à tort et à travers". A la fin de la consultation, vu que c'était un accident de travail et que je me fais payer par la Sécu, il me propose de marquer une double consultation: non monsieur, je ne joue pas avec ça, je veux me sentir l'esprit libre et en paix avec ma conscience. C'est quand même bizarre qu'il me demande ça spontanément...

vendredi, août 18, 2006

le rapport psychotropes , encore

Emploi du temps de Compote: fabrication de la choucroute, motoculteur, ramassage de pommes de terre, apprentissage de la cuisine; d'une saleté indescriptible mais heureux! J'ai aussi été agressé par des boulettes de papier mâché envoyées par un lance pierre. Ensuite pendant le repas il a roulé sous la table tellement il riait d'un bon mot de ma douce (concernant la "chose dégoutante").
Une phrase à aprécier à sa juste mesure (p 235): "les frontières entre les troubles psychiatriques sévères ou non, voire entre présence et absence de troubles psychiatriques, reposent, sur des critères relativement arbitraires"
Et (p220) "il n'existe pas de définition univoque d'une prescription adéquate ou inadéquate de psychotropes": en gros, je peux continuer dans ma lancée, donner des plantes et coktails de vitamines, c'est OK
Dans une étude (p233), dans 22% des patients sous antidépresseurs, aucune pathologie dépressive n'est mise en évidence.
C'est touffu, touffu, touffu, je parierais bien avec quelqu'un s'il a le courage de lire ces 500 pages! je continue, ils ne m'auront pas!

jeudi, août 17, 2006

la pub, ça marche

J'ai lu dans ce fameux rapport que les visites des délégués médicaux aux médecins pouvaient multiplier par 3 les prescriptions médicamenteuses notamment les neuroleptiques. Quand on voit ce rapport, on se dit au bout d'un moment que ce ne sont pas des petits pois que l'on vend, c'est de la santé! Mais d'après ce que je vois, tout le monde ne l'entend pas de cette oreille, et pour ne nommer personne, ce sont les labos.
J'ai récupéré Compote dans les effluves du miel frais et de la cire: un régal. Il a travaillé toute l'après-midi à récupérer le miel sur les cadres et va bien dormir (après avoir bien entendu travaillé ses devoirs de vacances!). Il apprend aussi à conduire et se sert évidemment du "joystick" pour changer les vitesses: véritable symbole de sa génération.
Il a fallu le sevrer graduellement des Mc Do, car à Center Park c'était sa nourriture quotidienne; donc un cheese burger en urgence.

mercredi, août 16, 2006

dogmatil

Compote est revenu dans un état d'excitation rare; après s'être entrainé avec un lance pierre sur le toit de la maison, être allé à ses ruches et récupéré le miel, fait le tour du bois il est difficilement cadrable, mais en ai-je envie?
Un malheureux patient m'a raconté son histoire: il y a deux jours il est passé par le planché encore non cloué de sa chambre, et rentré de l'hôpital 2 heures après, il avait des modestes contusions; sa femme dans un bel effort de solidarité a suivi le même chemin croyant qu'il se trouvait en haut, mais en tombant elle s'est cassé la cheville.Ce pauvre patient a été amené au cabinet par un type s'étant coupé le doigt très méchamment 3 jours avant et son propre fils rentrait d'une opération du pied. Il a le moral!
Une de mes patientes à qui j'avais retiré son dogmatil (neuroleptique utilisé quand les patients sont toujours en train de se plaindre... ce n'est pas des blagues)il y a 3 ans se porte très bien, elle me voit enfin moins d'une fois par mois; il lui a fallu un an pour s'en débarrasser alors qu'il avait suffit d'une prescription pour la mettre dedans. Quand on voit combien c'est dur pour ne plus avoir ni d'effets secondaires ni de syndrome de sevrage, pourquoi commence-t-on? Y'en a marre de récupérer ça!

mardi, août 15, 2006

toujours les labos

Toujours dans le rapport sur les psychotropes (page 175) qui est une vraie mine, on y explique comment un médicament parait sur le marché:
-- d'abord on cherche un leader d'opinion pour promouvoir le produit et faire pencher la balance du bon côté afin qu'il soit accepté
-- puis on fait paraitre des articles dans les journaux, on organise des congrès, on parle du produit dans des émissions de télé consacrées à la santé... sans nommer le produit en question (mais cela suinte par tous les pores des labos)
-- on crée des catégories diagnostiques pour provoquer une demande du futur produit
-- on crée plus d'indications pour un produit déjà existant,
-- on change un tout petit peu le médicament et on le rebaptise pour éviter que les génériques du produit prennent tout le marché.
On en parlera de l'indépendance du médecin après cela, ce sont des voeux pieux.
Pour finir, une photo de Zorro pour qui ce sujet est évidemment d'un très grand intéret comme il se plait à nous le montrer. Compote est revenu très en forme comme à son accoutumé, facéties au prochain numéro.

lundi, août 14, 2006

ne plus toucher

Mon locataire brûlé est sorti contre avis médical: il paraitrait que de la poussière s'accumulait sur la lampe utilisée pour soigner sa plaie (le bras complet), et le médecin pour se venger (?) de sa sortie prématurée l'a collé à 3 xanax (psychotrope calmant) par jour et lui a déclaré formellement qu'il ne voulait plus le voir! Me laisser seul gérer une plaie de cette taille est au minimum pas très courtois!
j'ai rencontré un remplaçant très sympathique qui me remplacera je l'espère régulièrement. Quelque chose m'a fait réfléchir: il parait que les nouveaux médecins sont beaucoup formés à demander des examens paracliniques, à faire des diagnostics dessus et foin de l'examen clinique, toucher, palper des corps pour trouver ce qui ne va pas. La médecin change d'aspect et pas forcément pour le bien-être du patient. Quand je pense qu'autrefois on goôtait même les urines du roi, cette époque est loin, loin... (l'époque moderne a quand même du bon concernant cette dernière chose).

dimanche, août 13, 2006

encore le rapport

page 162 du rapport sur cité:
"les grands prescripteurs de benzodiazépines établissent souvent une relation directe entre cette médication et leur charge de travail en considérant que ce type de prescription leur fait gagner du temps de consultation ; en un mot, ils estiment plus profitable de donner un second rendez-vous, après avoir ordonné un médicament psychotrope, plutôt que de prolonger le premier. Les avantages de ces médicaments seraient ainsi de deux ordres : l'amélioration de la productivité quantitative de l'exercice et la fidélisation de la clientèle. Ce type d'ordonnance offrirait un gain de temps dans la mesure où il permettrait au praticien d'afficher une position dite objective, ou scientifique, qui le dédouanerait d'avoir à s'ouvrir à la situation vécue par le patient. Quant à la fidélisation, l'ordonnance permet de temporiser et de reporter à plus tard, lors d'une seconde entrevue, l'identification du problème. De ce point de vue, la prescription de médicaments psychotropes décrit bel et bien une particularité de l'exercice médical : elle n'accompagne pas seulement la croissance de l'activité professionnelle, elle contribue à la produire."
Quelle belle phrase, j'ai des tas de confrères qui correspondent à cette définition... quand je pense que je "m'encombre" de consultations de 1/2 heure et plus justement pour éviter les benzodiazépines et je vois que je suis en minorité; j'espère que d'autre médecins font de même.

samedi, août 12, 2006

soulographie et conséquences

Page 19, je fais la traduction d'abord: les psychiatres ont pris le pouvoir!
La phrase exacte est : "Depuis l'apparition des médicaments psychotropes, dans les années 60, le champ de la santé mentale a largement débordé de son domaine primitif, celui de la santé mentale, objet thérapeutique de la psychiatrie". Jusqu'on iront-ils, quelle prochaine caractéristique sera-t-elle transformée en désordre, pour le plus grand bonheur de certains dont les laboratoires?
Au café d'à côté, une de mes patientes ne convient pas à la fine fleur du village (ceux qui ont toujours soif) et donc certains essaient de la faire passer pour folle, l'excitent même la nuit et après téléphonent à la famille pour signaler qu'elle est agitée et qu'il faudrait peut-être lui trouver une structure hospitalière adaptée à son état (un asile de fou). Mais ils sont tombé sur un os en la personne de votre modeste serviteur qui n'en est pas à son coup d'essai pour remettre correctement les idées en place de certains et qui rira bien rira le dernier: avec la tenancière et son mari nous avons formé une cabale pour évincer cette sale engeance.

vendredi, août 11, 2006

rapport assemblée nationale-sénat

Début du repas... non, du rapport sus cité; il y est dit noir sur blanc ( p 20) que les médicaments pychotropes, dans le domaine de la santé mentale n'ont pas d'autre action thérapeutique que la réduction momentanée des manifestations symptomatiques; quelque part il y a grosse confusion:
-- les patients croient sincèrement que le petit cacheton va les aider à guérir,
-- les labos veulent nous faire croire que les médoc provoquent la guérison,
-- les médecins n'y croient pas au fond d'eux mais se conditionnnent à penser pareil. Les psychotropes n'auraient-ils pas au contraire un immense effet placebo et dotés d'effets secondaires désastreux?
Et ensuite une phrase clé: "la prescription de psychotropes représente aussi pour l'usager une marque de reconnaissance de sa souffrance vis-à-vis d'un entourage familial ou professionnel éventuellement dubitatif". p 20
Et le patient de dire à son entourage:"Vous voyez comme vous me faites souffrir! je suis Obligée de prendre du valium-prozac! Culpabilisez!"

jeudi, août 10, 2006

la faute à l'isoméride?

La patiente au tranxène n'en prend plus et m'a adopté définitivement comme médecin traitant. Elle m'a avoué qu'elle avait pris des doses astronomiques d'isoméride (amphétamine coupe-faim) prescrit par son médecin de l'époque. Ca lui donnait une pêche incroyable. Peut-être ce produit est-il en cause dans ses difficultés actuelles. D'ailleurs elle dort toujours très peu mais s'en contente: c'est une speed ma patiente!
Une nouvelle patiente vient en consultation pour une colopathie fonctionnelle chronique (traduction: on a mal au ventre et on a des gaz); elle me dit que le prozac marche pas mal pour son cas; évidemment, à ce moment je lui sors comme à mon habitude que je n'en prescris pas (quand on en prend on devient plus fragile aux tracasserie de la vie et on a tendance à en reprendre de plus en plus facilement) mais que le confrère quelques rues plus loin est plus conventionnel. Et elle: "vous y allez fort docteur!" Après une discussion où je lui ai dit ma façon de penser (en plus elle est para-médicale) elle est absolument ravie et veut signer le papier du médecin traitant dans l'heure! A suivre...

mercredi, août 09, 2006

voyage

Il a pris fantaisie à ma douce d'aller faire ses courses en avion à Amiens. Temps maussade au départ, catastrophique à 14h. Franchement piloter est une bonne école du contrôle de soi, elle n'a jamais été prise au dépourvu. Quand on a l'avion dans la peau...

(franchement, vous piloteriez dans cette purée de pois? )



Et en plus, avec ses formes généreuses elle n'a trouvé aucun vêtement à sa taille! Elle s'était trompée de taille et se plaignait à la vendeuse: "mais c'est du 44 petite fillette!" Mais non, bibiche, c'est du 40!
(Quelle belle vue! qu'est-ce?)





Ouf, la piste, je suis encore en vie. J'avoue que j'ai numéroté mes abattis un moment..

mardi, août 08, 2006

effets secondaires de l'haldol

Il faut absolument que je parle des effets secondaires de l'haldol; quand vous allez dans un hôpital psy et voyez des personnes regardant, marchant bizarrement, c'est les effets secondaires des neuroleptiques! Donc:
-- contractions musculaires non contrôlées,
-- impossibilité de rester assis,
-- indifférence, troubles de l'humeur,
--passivité, mauvais résultats en classe,
--prise de poids parfois catastrophique,
--réactions anxieuses,
--dépression, insomnie, maux de tête, confusion, vertiges,
--absence de rêgles, impuissance, frigidité,
--apparition de seins chez l'homme,
--"syndrôme malin des neuroleptiques", c'est à dire fièvre importante avec troubles de conscience et on a 50% de chances d'y passer.
Et au bout de 5 ans tout est irréversible.
Ca ressemblerait à une vision apocalyptique de la maladie mentale mais c'est ce qui se passe tous les jours dans les hôpitaux, et qui risque de se passer chez tous ceux qui prennent des neuroleptiques! Je ne sais pas si les patients ont été bien inspirés ou pas de me consulter hier mais ils en ont eu pour leur argent. Car je sais ce que sont les neuroleptiques, plus qu'ils ne le croient (la famille...)

lundi, août 07, 2006

haldol

Je suis désespéré: une fillette de dix ans est amenée par sa mère pour angine; suite à ça elle enchaine: "ma fille est atteinte de tic et de TOC, vous aviez essayé de l'homéopathie, comme ça ne marchait pas je l'ai emmenée voir 3 autres médecins successifs qui ont essayé des traitement semblables, puis un neuropédiatre qui lui a prescrit de l'Haldol, à dose très douce, pour enfant. D'ailleurs ça ne marche pas vraiment". Il faut dire que l'haldol est un neuroleptique qui procure de l'indifférence affective, fait grossir, peut faire déprimer, et si l'on veut l'arréter, c'est la croix et la bannière.
J'ai dit ce que je pensais de cette médecine, d'autant plus que c'est quand on parle de son père que cette charmante gamine se met à cligner des yeux compulsivement. Je pense que le problème ne vient pas de la gamine et qu'elle somatise une situation familiale au mieux non harmonieuse.
j'envoie la gamine chez un nutrithérapeute en croisant les doigts...
Il n'y a que les spécialistes pour avoir le "courage" de faire des choses comme ça! Je n'y enverrai plus personne.

dimanche, août 06, 2006

handiblog

Hier soir, repas pantagruélique, je dirais même plus gargantuesque, bon vin, bonne chère chez des amis et avec ma douce; elle voulait à tout prix récupérer un handidog et l'assemblée a eu une seconde d'ahurissement en imaginant un chien en chaise roulante. Finalement elle s'est gentiment fait mettre en boite par le maitre des cérémonies, 34 ans ce jour, qui lui a expliqué qu'on disait doggy bag (les reliefs du repas qu'on récupère). Pendant ce temps la table bougeait par intermittence en mouvements de vagues causés par le chien du-dit maitre (qui n'est pas handicapé) qui a apprécié particulièrement la saveur des chaussures roses pour enfants. J'espère que la petite Lili s'en est remise.
En posant des questions aux invités, tout le monde s'est mis d'accord qu'un bon médecin est celui avec lequel on communique bien et qui nous explique les choses. Je suis d'accord, c'est la définition fondamentale.
16h31, je commence enfin à avoir faim, c'est dire!

samedi, août 05, 2006

du bon usage des psychotropes

Journée calme hormis une méningite: tous en masque et gants dans mon cabinet, SAMU ambulances, voisin et moi-même. La patiente a eu le bon goût de ne pas s'aggraver tant qu'elle était dans mon cabinet. Espérons que cela continuera... Un peu plus tard, mon confrère m'a confié entre nous que la médecine le déprimait, toutes ces maladies... Il a été très surpris que je me trouve heureux et satisfait que mes patients ne soient pas en mauvaise santé. Il m'est avis qu'il commence une crise de vocation!
Ce fameux rapport (cf lien) fait 500 pages; cela ne me fait pas peur étant donné ma soif de lectures chronique. J'en étais même arrivé au point lorsque j'étais jeune à vouloir lire "Histoire du protestantisme" en 3 exemplaires pour étancher ma soif de mots; d'ailleurs mes parents catastrophés par mes résultats avaient interdit à la bibliothécaire que je me fournisse chez elle; il y a toujours eu des copains compatissants pour me fournir en San Antonios et Blade . Et à la maison je me suis contenté de Zola, d'Alexandre Dumas, Victor Hugo etc.
Donc nous allons digérer ça comme d'habitude et vous en tirer la substantifique moelle.

vendredi, août 04, 2006

brûlé!

UN de mes patients, jardinier du dimanche a décidé de faire un feu dans le jardin, retour de flamme, hôpital local puis départemental sous une lampe spéciale, morphine et hydraté d'un produit difficilement supportable.
J'ai lu dans un rapport de l'Assemblée nationale que "la moitié des personnes consommant des antidépresseurs et plus des deux tiers de celles utilisant des somnifères et des anxiolytiques ne présentent pas de troubles psychiatriques"; je sens que je vais le creuser plus...

jeudi, août 03, 2006

iatrogénie

L'assurance maladie a décidé de s'en prendre à la iatrogénie médicamenteuse (malade à cause des médicaments); il parait que 130 000 hospitalisations par an pourraient être évitées! Dans les patients qui m'ont quitté "c'est un mauvais docteur car il prescrit peu" "un bon docteur donne de bons médicaments bien forts". Pour ma douce "un bon docteur est celui qu'on n'a pas besoin de voir. Je sens que la sécu va bientôt m'adorer, je corresponds de plus en plus à leur modèle, mais j'y jure kjé pas fait d'cirage de pompes msieur!
Une de mes patientes d'ailleurs est un sujet d'ébahissement pour le médecin de la sécu: elle a fait il y a deux ans une grave dépression, couplée de cervicalgies, d'un problème thyroïdien et de vertiges intenses et maintenant elle travaille à 60%, blonde, fraiche et légère malgré quelques vertiges et la fatigue; il la voyait dans les mains des psy, shootée à mort (elle a quand même été sous traitement psy pendant quelques mois), et maintenant quand elle émet une exigence il est d'accord pour tout! Elle ne prend plus qu'un traitement pour la thyroïde (la dépression venait de là).

mercredi, août 02, 2006

ritaline-amphétamine

Le délirium des administrations:pour construire mon nouveau local il faut plusieurs autorisations; l'EDF est la grande championne pour renvoyer la balle à des organismes qui dépendent d'elle pour la pose des compteurs. J'explique:
--pour poser un compteur professionnel l'EDF dit qu'on a le choix entre 6 concurrents (dont elle-même).
--Donc on télephone au concurrent moins cher qui nous dit que c'est EDF qui pose les compteurs.
--puis on retélephone à EDF qui nous jure mordicus qu'elle n'a rien à y voir si on prend un concurrent etc.
EDF crée un marché captif et c'est illégal! Et je vais de ce pas écrire à 60 millions de consommateurs...
Les patients ça va, merci.
Je viens de trouver un lien sur la ritaline soulignant sa parenté proche avec les amphétamines et les effets secondaires qui en découlent

mardi, août 01, 2006

braquage

Le remplaçant a encore frappé, les malheureux patients ne savent plus vers qui se tourner; donc je récupère de la clientèle...
Encore un braquage d'une charmante consoeur afin de récupérer la recette de la matinée (deux heures de travail); ces braqueurs ne reculent devant rien, il n'y a pas de petit bénéfice.