Ca me laissera le temps de continuer Sans visage et sans Nom de Clémentine Séverin ou " Le mieux est souvent l'ennemi du bien". Cette personne a commencé une psychothérapie sur les conseils de quelqu'un d'autre et cela l'a emmené très loin, par forcément sur le bon chemin.
vendredi, novembre 30, 2007
Sans visage et sans nom
Je pars en week-end ce soir avec Moustique, ma douce et Artémise au volant; de nuit ça va être folklo, mais il faut qu'elle conduise.
Libellés :
livres que j'aime
jeudi, novembre 29, 2007
Champagne!
Ce matin une visiteuse médicale toute souriante me met une bouteille de champagne sur la table "je vous l'ai promis docteur, la voilà!" ( je ne m'en souviens pas mais bon...). J'avais juste quelques petits scrupules car elle présentait un traitement pour les troubles bipolaires avec lequel je ne suis pas forcément d'accord. Je n'ai pas osé la froisser (attendez la suite!).
Cet après-midi un labo attend (il y avait trois patients dans la salle d'attente) pour pouvoir faire le forcing de mon cabinet
--"je peux vous voir docteur?
-- Non monsieur.
-- Il faut donc prendre rendez-vous?
-- Oui monsieur, et pas avant mars". Le sourire de circonstance s'est crispé.
Il est reparti comme qui dirait, la queue basse.
J'étais tellement énervé contre ce malotrou que j'ai offert la bouteille de champagne au patient suivant tout ravi de la bonne aubaine! Ma douce était attérée par ma décision "dis-moi que ce n'était pas du bon champagne?"
Libellés :
laboratoires
le lait
Le docteur Curtay nutrithérapeute a attaqué le lait qui serait causes d'allergie et d'autres maux et ne le préconise pas dans son régime d'Okinawa; j'ai reçu ce jour en courriel un article lui tirant dessus à boulet rouge, "vous comprenez, le lait est fondamental contre l'ostéoporose, les femmes enceintes, les enfants...". L'industrie du lait est passée par là! Je sais que le lait n'est pas fondamental, Mon Poilopat n'a pris que du lait de soja, d'amande (délicieux) et de noisette pendant des années à cause d'un eczéma important et il est très en forme, il n'a pas l'air de manquer de grand chose. Par contre un peu de lait pour le plaisir quand on n'est pas malade je ne suis pas contre, mais il faut savoir l'arréter quand c'est nécessaire. Au fait j'ai perdu 8 kilos grâce au régime sans blé et sans lait!
Libellés :
nutrition
mardi, novembre 27, 2007
Je vais télétransmettre
La Sécu a fini par me rattraper! Depuis un an elle m'incitait gentiment à prendre ma carte professionnelle de santé pour télétransmettre, il y a six mois elle n'a accepté de m'envoyer que mille feuilles de soins au lieu des 2000 demandées et il y a quelques jours j'ai reçu un courrier avec une incitation active (traduisez: si vous ne télétransmettez pas vous payez une amende pour chaque feuille de soins émise). Alors je vais me résoudre à m'informatiser à contre mon gré... pendant qu'on y est autant tout faire! "Il leur a suffit de toucher au porte-monnaie" ai-je dit en riant à moitié à un patient. Et je ne suis pas le seul: le conseil de l'ordre croule sous les demandes de carte professionnelles de santé des derniers récalcitrants à la télétransmission.
Je me considère une fois de plus fonctionnaire de la Sécu sans les avantages.
pour les patients aussi ça va être la fête en janvier avec leur 50 centimes par boite de médicament. J'attends de voir si cela va changer quelque chose aux demandes.
lundi, novembre 26, 2007
voyages pour pédiatres
Un labo est venu me présenter sa gamme de lait, une gamme très sympathique au demeurant, mon fils en avait pris bébé. Elle m'a donné ses chiffres de marché: 7% des laits infantiles. Ridicule me direz-vous!
Pour comprendre je l'ai attaqué sur les voyages que son labo pouvait offrir: Niet, rien du tout, juste une pizzéria pour les médecins sympas. Par contre pour les géants, à eux d'offrir les voyages sur les iles et autres destinations enchanteresses aux pédiatres prescripteurs. Et ma pauvre visiteuse de dire en conclusion "on ne peut pas rivaliser avec eux". Notons bien qu'à aucun moment l'on ne parle de la qualité du lait.
Libellés :
laboratoires
Une patiente bafouée qui commence à déprimer; deux jours que je n'avais pas vu de déprimés. C'est un peu incompréhensible, j'ai l'impression que toute ma clientèle à tour de rôle tombe dans la dépression!
...
Un de mes patients, et c'est étonnant, tombe malade dés qu'il travaille. Je le connais depuis des années et sa mère m'a dit un jour que quand il était gamin il se provoquait des fièvres afin de ne pas aller en classe! Et évidemment cela marchait à tous les coups! Il en a avalé des saloperies, et maintenant il ne se sent pas forcément très fier de lui. Il l'assume mais je ne cesse de penser qu'inconsciemment il se dit que quand il s'agit de travail, tomber malade peut éviter des tas de désagréments! J'ai abordé le sujet et le patient m'a dit un poil moqueur "maintenant on peut marquer psychothérapeute en dessous de médecin généraliste!"
je crois que j'ai tapé dans le mille. Maintenant, à quand la prochaine maladie? Va-t-elle se faire attendre?
Libellés :
quotidien
dimanche, novembre 25, 2007
les bourgeois
Poilopat doit voir ses grand-parents le week-end prochain. Pour se préparer à cet évènement je lui ai prodigué des conseils de bonne tenue à table et en société: ne pas parler à un adulte en premier, ne pas le regarder trop en face mais avoir le regard modestement un peu baissé, bien tenir ses couverts, ne pas parler à table sauf pour demander le sel le pain ou l'eau... tout un protocole dont je pense qu'il n'en a pas retenu la moitié. Tant pis, je compte sur sa sensibilité naturelle pour faire le reste. Mère-grand de son côté s'est refusé à lui faire connaitre "les bourgeois" de Brel, arguant que certaines paroles lui échapperaient chez ses grand-parents.
m'élevant contre cette censure familiale, je suis allé sur youtube et lui ai fait écouter:
...
Le cœur bien au chaud
Les yeux dans la bière
Chez la grosse Adrienne de Montalant
Avec l'ami Jojo
Et avec l'ami Pierre
On allait boire nos vingt ans
Jojo se prenait pour Voltaire
Et Pierre pour Casanova
Et moi, moi qui étais le plus fier
Moi, moi je me prenais pour moi
Et quand vers minuit passaient les notaires
Qui sortaient de l'hôtel des "Trois Faisans"
On leur montrait notre cul et nos bonnes manières
En leur chantant
Les bourgeois c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux plus ça devient bête
Les bourgeois c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux plus ça devient c...
Les yeux dans la bière
Chez la grosse Adrienne de Montalant
Avec l'ami Jojo
Et avec l'ami Pierre
On allait boire nos vingt ans
Jojo se prenait pour Voltaire
Et Pierre pour Casanova
Et moi, moi qui étais le plus fier
Moi, moi je me prenais pour moi
Et quand vers minuit passaient les notaires
Qui sortaient de l'hôtel des "Trois Faisans"
On leur montrait notre cul et nos bonnes manières
En leur chantant
Les bourgeois c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux plus ça devient bête
Les bourgeois c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux plus ça devient c...
Le cœur bien au chaud
Les yeux dans la bière
Chez la grosse Adrienne de Montalant
Avec l'ami Jojo
Et avec l'ami Pierre
On allait brûler nos vingt ans
Voltaire dansait comme un vicaire
Et Casanova n'osait pas
Et moi, moi qui restait le plus fier
Moi j'étais presque aussi saoul que moi
Et quand vers minuit passaient les notaires
Qui sortaient de l'hôtel des "Trois Faisans"
On leur montrait notre cul et nos bonnes manières
En leur chantant
Les bourgeois c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux plus ça devient bête
Les bourgeois c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux plus ça devient c...
Le cœur au repos
Les yeux bien sur terre
Au bar de l'hôtel des "Trois Faisans"
Avec maître Jojo
Et avec maître Pierre
Entre notaires on passe le temps
Jojo parle de Voltaire
Et Pierre de Casanova
Et moi, moi qui suis resté le plus fier
Moi, moi je parle encore de moi
Et c'est en sortant vers minuit Monsieur le Commissaire
Que tous les soirs de chez la Montalant
De jeunes "peigne-culs" nous montrent leur derrière
En nous chantant
Les bourgeois c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux plus ça devient bête
Les bourgeois c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux plus ça devient c...
...
Mère-grand, la culture ne sera pas étouffée!
Libellés :
ce que j'aime
samedi, novembre 24, 2007
monsieur 22 euros
Matinée chargée, fin très frustrante car j'ai accéléré les dernières consultations: un train à prendre (qui était finalement en retard!).
Ce que les patients reprochent beaucoup à certains médecins c'est qu'ils sont très prompts à encaisser les consultations; et pour ces derniers on les affuble du sobriquet "monsieur 22 euros". Génant; mais on ne peut pas rallonger la consultation à tout prix pour faire mentir ces ragots. De plus la consultation du généraliste français dure 17 minutes en moyenne, une des plus longues d'Europe.
...
Puis courses avec ma douce qui est d'une efficacité redoutable dans les rayons , à mon opposé car le bout du nez d'un patient se pointe souvent, et quand il est sympa on tape la causette. aujourd'hui c'était au rayon bio que j'ai retrouvé des patients et l'on s'est fait peur mutuellement à parler de glutamate (exhausteur de goût qui attaquerait le cerveau), de pesticides et autres saloperies actuelles. C'est toujours un peu surréaliste de parler de la société de consommation en plein supermarché avec le rayon des saloperies par excellence en ligne de mire, j'ai nommé les bonbons.
Libellés :
quotidien
vendredi, novembre 23, 2007
Deux patientes sont arrivées l'une après l'autre car la CAF leur avait dit de faire une déclaration de grossesse. Toutes aussi cool l'une comme l'autre, l'une était à 5 mois de grossesse et l'autre à quatre mois et demi, elles ne ressentaient pas le besoin de consulter!
On va me dire que ce sont des cas sociaux? Et bien oui! Et je ne peux pas leur courir après pour leur faire un toucher vaginal ou une prise de tension ou un dépistage de la trisomie. J'en avais même oublié qu'elles étaient enceintes tellement elles jouaient les fantômes.
Mais les bébés sont une réalité; l'une fume comme un pompier et j'ai tenté de la raisonner, l'autre passe ses journées au lit car on lui a dit de se reposer à l'hôpital où on lui a fait l'écho (j'ai réussi quand même à la leur faire passer).
Mais le grand coupable est l'organisation des services de gynéco-obstétrique à l'hôpital: trois mois de délai; l'une comme l'autre attendaient tranquillement leur rendez-vous. A ce rythme-là elles vont accoucher avant d'avoir vu le moindre gynéco!
...
Un de mes patients est hospitalisé pour trois mois au moins pour un gros souci de prothèse; c'est pourquoi j'étais très surpris quand l'épouse est arrivée afin que je renouvelle l'ordonnance de son mari: "docteur, les médecins de l'hôpital sont des chirurgiens, alors ils ne renouvellent pas l'ordonnance pour les médicament du coeur!" Alors je me suis retrouvé à écrire une ordonnance à un type que je ne consultais pas et, la patiente ayant conscience de l'absurdité de la situation a poussé la logique jusqu'au bout en me réglant la consultation!
Pourquoi cet état de fait? On dira que le médecin traitant coûte cher à la Sécu...
Libellés :
quotidien
jeudi, novembre 22, 2007
Faut tenir
40 patients, on reprend le rythme infernal. Entre la patiente qui me raconte l'agonie longue et douloureuse de son frère et le petit gamin dont la mère se fout éperdument, qui est gardé par qui le peut à tour de rôle, (même que si les services sociaux étaient au courant ils s'en occuperaient directement), je ne me suis pas ennuyé.
Un sandwich industriel avec un beignet en conduisant, un coup de fil à ma douce et le repas était expédié. Des années que je râle, mon prédecesseur a tenu dix ans, il a vendu dans la précipitation et maintenant il ne veut plus entendre parler médecine. Du gâchis! Je dis cela mais maintenant je le comprends. Enfin aujourd'hui j'ai dit "non" à plusieurs reprises, non le docteur ne peut plus, il ne peut vraiment plus!
Libellés :
quotidien
mercredi, novembre 21, 2007
plaisir féminin sur ordonnance
Une nouvelle notion est apparue dans le DSM4: le dysfonctionnement sexuel féminin ou trouble du désir. Je ne suis pas d'accord:
-- parce que au moins 50% des femmes éprouvent ce "dysfonctionnement " à un moment ou un autre ne serait-ce qu'après un accouchement et ça fait beaucoup de patientes en puissance;
-- parce que cela est diagnostiqué au mépris de toute rigueur médicale: en effet la baisse de libido peut avoir des causes physiques par exemple la sècheresse vaginale; mais dans le DSM4 on s'en fiche, le but est de dépister et de traiter!
-- parce que la psychiatrie veut s'approprier les moindres actions non-optimales que l'on peut faire;
-- parce que cela va introvertir certaines femmes qui se trouveront alors "malades" (un peu comme dans le cas de l'éjaculation précoce);
-- parce que miraculeusement ils ont trouvé des médicaments:
- la flibansérine, (qui agit sur la sérotonine)
-le PT 141 (aphrodisiaque en spray nasal);
-le zyban (commercialisé pour l'arrêt du tabac à l'origine à qui on donne une seconde vie)
- la testostérone en patch qui fait muer la voix et pousser les poils.
Libellés :
laboratoires
Hier un labo vient me voir avec une boîte de chocolats. Comme il me l'a fourgué dans les mains, je n'ai pas pu faire autrement que de le garder (!). il m'a présenté un produit, puis j'ai attaqué:
-- "Vous faites des séminaires?-- Nous n'avons plus grand chose, les temps sont difficiles, mais nous avons une journée culturelle avec visite d'un monument dans trois semaines. Vous serez des notres?
-- Bien... il faut que je vous dise quelque chose; j'espère que vous n'allez pas perdre votre sourire ou que celui-ci ne sera pas crispé, mais j'ai signé une pétition contre la corruption des généralistes par les labos pharmaceutiques.
-- (le sourire s'estompe un peu) On n'est pas comme ça dans notre labo docteur, il y aura juste un repas, un topo sur le médicament par un professeur, puis une visite au monument.
-- OK! Mais je ne peux pas venir"
Ma douce m'a demandé en quoi la visite au monument et le repas gastronomique amélioreraient ma prescription...
...
Les chocolats j'en ai mangé 3 et tout le reste aux patients; j'espère que les enfants ne vont pas faire exprès de revenir, car avec tous les petits cadeaux (stylos, post-it et le sourire du crémier!)cela devient presque une fête de venir chez moi!
Libellés :
laboratoires
mardi, novembre 20, 2007
un défaut!
J'ai quand même un léger défaut: celui d'être un tout petit peu bordélique (si si!) J'avais demandé à un remplaçant de me remplacer cette semaine mais n'avais pas reconfirmé, n'avais pas été assez clair... et c'est moi qui travaille! Ma douce fait son possible pour m'inculquer l'ordre, elle m'aide à concrétiser mes idées sur le plan pratique, elle sait parler chiffres et précision dans les actions... elle est irremplaçable!
Ca m'est déjà aussi de rester au cabinet à consulter quelqu'un au moral défaillant pendant que tout le monde à la maison "ouvrait le bec en poussant des cui-cui déchirants" (Moustique en tête) en attendant que Papa David daigne bien rentrer à la maison.
J'ai connu la rigueur dans les actions, l'heure et les propos les vingt premières années de ma vie, élevé par un père militaire mais il faut croire que la seule chose que j'en ai retenu étaient les entorses au règlement!
Prozac dans l'environnement
Du Prozac dans l'environnement
Mi mai, l’Agence de l’environnement britannique a demandé aux fabricants de la fluoxetine, un antidépresseur, de procéder à des études sur la présence du principe actif dans l’environnement et son impact éventuel sur la vie sauvage.
Cette requête fait suite à la polémique qui a eu lieu en août 2004 en Grande-Bretagne. Le magazine Sunday’s Observer avait affirmé que la présence de Prozac (dénomination commerciale de la fluoxetine) avait été détectée par l’Agence de l’environnement. En 2003 en effet, celle-ci avait voulu enquêter sur la présence dans les eaux britanniques de plusieurs produits pharmaceutiques, dont le Prozac. Ce qui n’a pas été possible puisqu’elle ne possède pas de méthode analytique appropriée. Aucune donnée n’est donc encore disponible sur la présence de la substance en Grande-Bretagne.
Malgré tout, les pouvoirs publics britanniques agissent. Outre les travaux demandés aux industriels, l’Agence revient, dans une courte publication, sur cette éventuelle pollution. Car sur les quatre tonnes de Prozac consommées en 2004, environ 33% se retrouvent dans l’urine, sous forme de fluoxetine et de norfluoxetine. De plus, les substances peuvent aussi être rejetées par les usines de fabrication et les établissements médicaux. Or, les données de Lilly US, groupe pharmaceutique qui commercialise le Prozac, et de l’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA) montrent que la molécule se dégrade très mal dans l’environnement.
D’ailleurs les rares programmes de suivi de la substance dans l’environnement montrent la présence de la fluoxetine dans certaines rivières des Etats-Unis et du Canada à des concentrations allant de 0,01 à 0,05 microgramme par litre (µg/l). D’autre part, des taux de 0,1 µg/l ont été enregistrés dans des stations d’épuration canadiennes. En Europe, seule une étude a été conduite, à Tromso (Norvège), où aucune trace de fluoxetine n’a été détectée. Même si l’Agence de l’environnement britannique estime que la vie aquatique n’est pas menacée à court terme, les effets à long terme, notamment sur la reproduction et la croissance, ne sont pas encore clarifiés. (Claire Avignon)
...
En conclusion, si tous les arguments que j'ai avancés pour que les gens arrêtent le prozac ne les ont pas convaincus, qu'ils le fassent pour les poissons... et pour les consommateurs.
Libellés :
méfaits des médicaments
dimanche, novembre 18, 2007
additifs alimentaires
Pour ceux que l'hyperactivité concerne (dont moi, car Moustique et Poilopat sont un peu concernés)
Liens entre des additifs alimentaires et le comportement hyperactif chez les enfants
Selon l'article du Dr Donna McCann et collaborateurs de l'école de psychologie du département de la santé des enfants à l'université de Southampton et du département de pédiatrie du collège impérial à Londres, paru dans le journal médical Lancet de novembre 2007, certains colorants artificiels et certains conservateurs ajoutés à l'alimentation augmentent l'hyperactivité des enfants de trois et de huit à neuf ans.
L'étude randomisée, en double aveugle contrôlée par placebo a concerné 153 enfants de trois ans et 144 enfants de huit à neuf ans. Les produits testés furent le benzoate de sodium et deux colorants alimentaires artificiels ( additif AFCA1 et AFCA2 ).
Les mesures d'hyperactivité furent pratiquées en fonction des comportements observés et d'évaluations effectuées par les professeurs et les parents plus pour les enfants de huit à neuf ans un test d'attention par ordinateur.
Seize enfants de trois ans et 14 enfants de huit à neuf ans ne furent pas suivis pour des raisons non reliées avec le comportement des enfants. Le composé AFCA1 a eu des effets secondaires significatifs comparés avec le placebo chez tous les enfants de trois ans contrairement au produit AFCA2.
L'interprétation des auteurs est que les couleurs artificielles ou le benzoate de sodium ou les deux ajoutés à l'alimentation augmentent l'hyperactivité des enfants de trois et de huit à neuf ans dans une population générale.
Libellés :
médecine
samedi, novembre 17, 2007
Le patient qui se sentait harcelé par son patron va mieux; il a l'air tout à fait prêt à attaquer. Il a intérêt, car ayant 58 ans il ne retrouvera pas un autre travail!
...
...
Et encore une déprimée: encore une employée de la maison de retraite, toujours la maison qui, malgré le changement de directeur souffre de quelques petites imperfections (pas assez de personnel, tâches qui changent toujours pour chacune genre "chaises musicales"). Je la connais depuis 7 ans, c'est une bonne vivante mais cette fois elle n'a absolument plus le sourire, sa propre fille m'a dit qu'elle ne sortait plus, qu'elle rejetait ses calins et qu'elle dormait toute la journée. Etant donné qu'une employée a déjà fait une tentative de suicide je la surveille et lui ai fait un arrêt de travail autant qu'il le faudra.
...
Et en fin de journée Artémise a pris le volant sous la surveillance de ma douce: un poëme! Ma douce ne voulait rien laisser passer et Artémise croulait sous les conseils. Etant donné que cela s'enferrait j'ai voulu prendre les commandes et cela s'est soldé par quelques réactions typiquement féminines avec grosses traces de Rimmel sur les joues et calage en beauté à plusieurs reprises.
Suite demain...
Libellés :
quotidien
vendredi, novembre 16, 2007
risques psychiatriques sous Acomplia
suite de la saga d'Acomplia:
Décidément, le traitement anti-obésité des laboratoires Sanofi-Aventis n’arrête pas de perdre de l’épaisseur… scientifique. Une nouvelle étude américaine confirme en effet les « risques psychiatriques » chez les patients traités par Acomplia (rimonabant). Plus inquiétant, ces risques ont été observés même chez les malades sans antécédent de dépression. Et cela, c’est inédit.
Cette nouvelle charge fait suite à une méta-analyse menée par le Pr Arne Astrup de l’Université de Copenhague, au Danemark. Avec son équipe, il a compilé quatre études randomisées en double aveugle contre placebo, incluant 4 105 patients traités par Acomplia. Tout ce qui ce fait de plus sérieux, donc.
Les résultats ne sont pas rassurants. Les personnes sous traitement ont vu leurs risques de troubles psychiques (anxiété, dépression, pensées suicidaires) bondir de 40%. Un constat d’autant plus inquiétant que ces malades ne présentaient aucun antécédent de dépression à leur inclusion dans la cohorte.
Certes, ces « effets secondaires » sont connus et même mentionnés dans le plan de gestion des risques du médicament élaboré par l’AFSSaPS. Mais c’est la première fois qu’ils sont clairement observés et quantifiés chez des patients sans trouble mental connu. D’où la recommandation du Pr Arne Astrup à l’adresse des médecins : « Redoublez de vigilance face à ces risques psychiatriques sévères ».
Annoncé à grand bruit en 2004, le traitement miracle semble vraiment ne pas être à la hauteur de ses promesses. Après la mise en évidence de nombreuses intolérances psychiatriques, voilà que le fabricant doit faire face à une plainte judiciaire aux Etats-Unis. Nos confrères de Libération rapportent en effet qu’une class action (recours collectif) contre le laboratoire vient d’être déposée devant la cour de l’Etat de New York
Cette nouvelle charge fait suite à une méta-analyse menée par le Pr Arne Astrup de l’Université de Copenhague, au Danemark. Avec son équipe, il a compilé quatre études randomisées en double aveugle contre placebo, incluant 4 105 patients traités par Acomplia. Tout ce qui ce fait de plus sérieux, donc.
Les résultats ne sont pas rassurants. Les personnes sous traitement ont vu leurs risques de troubles psychiques (anxiété, dépression, pensées suicidaires) bondir de 40%. Un constat d’autant plus inquiétant que ces malades ne présentaient aucun antécédent de dépression à leur inclusion dans la cohorte.
Certes, ces « effets secondaires » sont connus et même mentionnés dans le plan de gestion des risques du médicament élaboré par l’AFSSaPS. Mais c’est la première fois qu’ils sont clairement observés et quantifiés chez des patients sans trouble mental connu. D’où la recommandation du Pr Arne Astrup à l’adresse des médecins : « Redoublez de vigilance face à ces risques psychiatriques sévères ».
Annoncé à grand bruit en 2004, le traitement miracle semble vraiment ne pas être à la hauteur de ses promesses. Après la mise en évidence de nombreuses intolérances psychiatriques, voilà que le fabricant doit faire face à une plainte judiciaire aux Etats-Unis. Nos confrères de Libération rapportent en effet qu’une class action (recours collectif) contre le laboratoire vient d’être déposée devant la cour de l’Etat de New York
...
Je rajouterais que Acomplia fait toujours la double page (2 et trois) chaque semaine au moins, si ce n'est plus de deux ou trois journaux médicaux.
Libellés :
méfaits des médicaments
jeudi, novembre 15, 2007
plus déprimés!
L'idée d'un cybercafé me trotte pour Hotbloot, ça peut ramener du monde. Ma douce me répond que peut-être la racaille de la ville voisine va venir et va péter les machines; dans quel monde vivons-nous si nous ne pouvons plus créer ce que l'on veut?
...
Mes patients déprimés vont mieux!
-- pour l'une c'était la pillule: je lui avait posé des questions dans tous les sens, cherché les causes de dépression les plus fréquentes et la coupable, bien en vue, avait su se faire oublier. Trois semaines qu'elle ne la prend plus, elle pète la forme.
-- pour l'autre: il a quitté son épouse et peut enfin rentrer chez lui sans boule à la poitrine.
-- la troisième est l'épouse du premier et redevient rayonnante;
-- le quatrième: il sait que sa thyroïde ne marche pas, donc ne s'introvertit plus car il existe une cause réelle.
-- la cinquième a rencontré l'homme de sa vie!
Voilà, tout va bien! Il me reste à réconforter celle qui prend du xanax (et à la conforter dans son choix d'arréter) pour supporter son travail et celle qui a arrété son deroxat ("vous m'avez forcé la main docteur!" dit avec un sourire), ces deux dernières ayant signé le papier du médecin traitant avec moi il y a peu.
Libellés :
quotidien
mercredi, novembre 14, 2007
Toujours à ressasser les fameux spots publicitaires (ils sont sur toutes les ondes, cela ne m'aide pas à ne plus y penser), je me suis fait la réflexion que la Sécu avait vraiment de l'argent à jeter par les fenêtres, à traquer le dépressif qui s'ignore. Enfin, il faut croire que l'on a de l'argent.
Et si on commençait à diminuer les pesticides et à faire de l'agriculture raisonnée afin que les aliments conservent leurs vitamines?
...
J'ai lu un article sur le quotidien du médecin du 14/11/2007 dont le titre est croustillant:
La prescription de benzodiazépines ne doit pas engendrer de culpabilisation. (D'abord, pourquoi devrait-on culpabiliser je vous le demande?)
Globalement il ne faut donc pas culpabiliser quand on prescrit des benzodiazépines, estime le Pr Boulenger:
débuter par des doses faibles;
augmenter progressivement les doses;
avertir le patient des risques de sédation, d'interactions et de dépendance;
réévaluation de la prescription sans dépasser 12 semaines;
arréter de façon progressive, sur une période dont la durée est proprtionnelle à celle du traitement complet et à la posologie initiale; ne pas associer deux benzodiazépines (...).
Je suis bien aise de ne plus en prescrire: tout cela relève du parcours du combattant.
Libellés :
création de maladies
mardi, novembre 13, 2007
dépistage de la dépression
les spots radio sur le dépistage de la dépression commencent à me gonfler sérieusement. On a l'air de traiter la dépression comme une entité alors:
-- qu'elle peut avoir de multiples causes,--Qu'elle peut être parfois traitée avec un peu de réconfort seulement(comme une de mes patientes qui trouve la source de son mieux-être dans la religion);
--qu'elle peut se soigner parfois par des moyens médicamenteux non psychotropes (comme l'hyperthyroïdie),
-- qu'elle peut diminuer en intensité la plupart du temps en arrétant les gens de façon à ce qu'ils aient le minimum de contrariété possibles et fassent le point sur leur vie.
De plus, dans le spot, le mari a l'air de s'ennuyer grave avec son épouse et n'a pas de projets d'avenir. Le médicament le fera-t-il s'amuser de nouveau en couple? J'en doute, si oui, tout est artificiel. Quelques fois il est bon de se prendre la tête dans un couple pour remettre les choses à plat. Que dirait ma douce si à chaque froid je prenais un peu de prozac?
...
Le commentaire un peu cru de ma douce: "ils font ch. là, c'est le lobbying des labos; t'as bien vu qui fait les spots? L'INPES et le ministère de la santé! C'est fabuleux que le ministère de la santé te fasse de la pub pour la maladie! Ils se foutent de la g. du monde, il y a de quoi avoir honte!"
Libellés :
création de maladies
réunion à Hotblood
Réunion stratégique ce soir à Hotblood avec tous les commerçants; j'y ai été invité. Le sujet va être le fait que le village est presque mort maintenant qu'il y a deux boulangers en moins. Les gens se précipitent dans les grandes surfaces. Il n'y a que chez le docteur qu'il y a du monde (on pourrait même mettre une machine à café automatique), et trop de monde d'ailleurs, ça fait suspect et ce n'est pas ainsi que devraient être les choses idéalement.
J'ai plusieurs idées:
-- investir dans un cybercafé: il faut vivre avec son temps et avec le dégroupage total, quand c'est en panne, se brancher ailleurs est bien utile.
-- Demander aux villageois ce qu'ils en pensent. Je connais malheureusement la réponse (je voudrais me tromper) "on s'en fiche, on fait nos courses ailleurs, les petits commerces c'est trop cher!".
...
Ce matin j'ai consulté une patiente fébrile, avec des douleurs abdominales. Elle me dit:
"-- J'espère que ce n'est pas un effet secondaire de l'effexor antidépresseur?
-- Nous allons voir madame sur le Vidal...
-- Je me sens bien avec l'effexor docteur! J'avais des attaques de panique, elles ont disparu!
-- ... mm, alors, nausées, anorexie, vertiges, hypersudation, céphalées, anxiété, délires...
-- Rien de tout ça docteur!
-- Tant mieux! ... diminution de la libido...
-- c'est vrai cela, je n'ai plus du tout de libido.
-- Il faut faire gaffe à cela, le conjoint en aura peut-être assez.
-- Ca va docteur, nous parlons beaucoup."
Ca va, ca va, jusqu'au moment où cela finit en divorce! J'en ai certains exemples autour de moi...
Libellés :
quotidien
lundi, novembre 12, 2007
38 patients ce jour, on reprend le rythme infernal. Sachant que les labos ne nous donneront plus le moindre stylo, la plus petite agrafeuse, le moindre gadget, une patiente travaillant chez un grossiste en médicaments m'a apporté le plein de stylos pour mes petits patients. J'ai remarqué d'ailleurs que certains me font un grand sourire ou une pirouette rigolote en arrivant. Ca compense les braillements de nourrissons que j'ai supportés à plusieurs reprises ce jour (otites et gastros).
Mercredi, merci les syndicats (et Sarkozy), je ne pourrai pas monter à Paris voir Poilopat; la webcam est là, mais quand même.
...
Un de mes patients se fait harceler par son patron depuis des mois, et ce dernier en est même venu aux mains il y a une semaine. Comme je ne travaillais pas ce jour-là, il a consulté une de mes consoeurs qui ne l'avait jamais encore vu et qui lui a prescrit: antidépresseurs, somnifères (stilnox), témesta.
Ce jour il m'a dit qu'il avait du mal à supporter les effets secondaires et qu'il ne pouvait plus conduire!
Alors, j'ai barré toute l'ordonnance, lui ai répondu que si quelqu'un devait prendre quelque chose, ce n'était sûrement pas lui mais son patron, lui ai prescrit du millepertuis et un peu d'atarax, et à bientôt!
Pourquoi prescrit-on aussi facilement et à fortiori à quelqu'un qui conduit?
Libellés :
quotidien
dimanche, novembre 11, 2007
Bonne nouvelle pour ceux qui s'inquiètent de comment sont traités les patients à l'hôpital psy ou les prisonniers:
Le parlement a approuvé le 18 octobre, par un ultime vote, l'institution d'un contrôleur général, autorité indépendante pouvant visiter "à tout moment" les établissements pénitentiaires et autres lieux de privation de liberté sur le territoire français. Le Contrôleur général, qui devrait disposer de 2,5 millions d'euros et de 40 collaborateurs pour 2008, s'entretiendra en toute "confidentialité" avec les personnes de son choix, les autorités responsables du lieu ne pouvant s'opposer à la visite et proposer son report que pour des "motifs graves et impérieux". Nommé pour six ans par décret présidentiel, il aura compétence sur près de 5800 prisons, locaux de garde à vue, dépôt des tribunaux, centres de rétention, zones d'attente des aéroports, cellules de retenue des douanes et hôpitaux psychiatriques.
(quotidien du médecin du 22 octobre 2007)
...
Si cela est mis en place de façon totalement indépendante, cela devrait limiter les abus contre les droits de l'homme. Je n'oublie pas avoir vu malmener un prisonnier dans une souricière (garde à vue dans la préfecture) par un gardien en train de péter un câble. Je n'ai pu faire autrement que constater dans le feu de l'action, d'autres gardiens s'étant chargés de calmer le forcené (sic).
Libellés :
la psychiatrie
samedi, novembre 10, 2007
Consult un peu excitée comme tous les samedi en ce moment; j'ai examiné un petit gosse tout mignon, puis au moment où j'écris l'ordonnance, la maman me demande:
-- "J'ai des doutes sur mon fils docteur, il jouait à la poupée petit, maintenant il aime les couleurs de fille. Pensez-vous que..."
-- Il est un peu petit madame. De toute façon, l'essentiel est qu'il soit heureux et bien dans sa peau et qu'il puisse se sentir en confiance pour se confier à vous.
-- Oui, mais quand même, il faut accepter mon gamin comme il est, mais ce n'est pas évident.-- Encore une fois, ce n'est pas dit qu'il vire de bord, il ne faut pas se focaliser dessus. Par contre ce que vous pouvez faire est de lui faire prendre conscience de la différence entre les sexes, et surtout de lui expliquer qu'un bébé (le gamin les adore) se fait avec un papa et une maman!"
Un tout petit peu rassérénée la maman, mais pas tant que ça...
...
Je pense changer le nom de Compote en Poilopat, vraiment, ses origines méditerranéennes se manifestent de plus en plus.
Libellés :
quotidien
vendredi, novembre 09, 2007
les patients étant tous guéris (!) je me retrouve au chômage technique; une fois n'est pas coutume. J'ai eu une conversation très instructive avec une visiteuse médicale: la visite médicale est en train de changer profondément, car par exemple tous les trois ans les visiteurs médicaux devront être certifiés par un organisme indépendant qui vérifiera que leur discours est scientifique, qu'ils ne débitent pas un tas de fadaises.
A terme il ne devrait plus y avoir de:
" si vous me faites dix boîtes de X, vous aurez un cadeau"
" Ne prescrivez pas Y, c'est de la m."
" Donnez-moi un coup de pouce SVP, il faut que je sorte des boîtes de K avant demain"
" Il y aura peut-être un séjour à Prague si le produit E marche".
Et en plus le gouvernement s'apprète à diviser par deux (10 000) à l'avenir le nombre de visiteurs médicaux. Il y aura des coupes franches!
...
Comme j'ai parlé de la pétition des 50 médecins contre la corruption, la déléguée m'a avoué qu'elle n'avait pas de budget pour les médecins et qu'elle m'invitait parce qu'elle en avait envie. Sympa non?
Par contre, le repas dans un restau gastronomique, foutu! Ca aurait pourtant été bon... Mais on ne peut pas jouer dans les deux camps.
Libellés :
laboratoires
jeudi, novembre 08, 2007
La Haute Autorité de Santé (HAS) est inquiète.
« La consommation de médicaments psychotropes (antidépresseurs, anxiolytiques, hypnotiques, neuroleptiques…) est excessive et tend à se banaliser » souligne-t-elle. Particulièrement chez les personnes de plus de 70 ans…
Et pour cause, plus d’une sur deux consomme de façon prolongée des anxiolytiques ou des hypnotiques. Ce sont des femmes pour la plupart, puisqu’elles en avaleraient deux fois plus que les hommes ! Dans un rapport au titre explicite - « Améliorer la prescription des psychotropes chez le sujet âgé » - la Haute autorité souligne « la sur-prescription et la consommation (trop) prolongée d’anxiolytiques et d’hypnotiques dans les troubles du sommeil et de l’anxiété, alors que les risques liés à ces médicaments sont supérieurs (à leurs) bénéfices ».
De la même façon, elle relève une « sur-prescription de neuroleptiques dans les troubles du comportement ». Enfin et peut-être paradoxalement, la prescription d’antidépresseurs serait « insuffisante » chez les personnes âgées réellement dépressives.
Au delà des constats, la HAS propose -en concertation avec de nombreux partenaires professionnels (Ordre des médecins, Ordre des pharmaciens, sociétés savantes…) et institutionnels (DGS, AFSSAPS, INVS, INPES…)- une série d’actions à conduire auprès des médecins… mais aussi des patients. A retenir pour ces derniers, le lancement à venir d’une campagne d’information centrée sur l’insomnie et les somnifères d’une part, et sur l’anxiété et les anxiolytiques d’autre part.
Et pour cause, plus d’une sur deux consomme de façon prolongée des anxiolytiques ou des hypnotiques. Ce sont des femmes pour la plupart, puisqu’elles en avaleraient deux fois plus que les hommes ! Dans un rapport au titre explicite - « Améliorer la prescription des psychotropes chez le sujet âgé » - la Haute autorité souligne « la sur-prescription et la consommation (trop) prolongée d’anxiolytiques et d’hypnotiques dans les troubles du sommeil et de l’anxiété, alors que les risques liés à ces médicaments sont supérieurs (à leurs) bénéfices ».
De la même façon, elle relève une « sur-prescription de neuroleptiques dans les troubles du comportement ». Enfin et peut-être paradoxalement, la prescription d’antidépresseurs serait « insuffisante » chez les personnes âgées réellement dépressives.
Au delà des constats, la HAS propose -en concertation avec de nombreux partenaires professionnels (Ordre des médecins, Ordre des pharmaciens, sociétés savantes…) et institutionnels (DGS, AFSSAPS, INVS, INPES…)- une série d’actions à conduire auprès des médecins… mais aussi des patients. A retenir pour ces derniers, le lancement à venir d’une campagne d’information centrée sur l’insomnie et les somnifères d’une part, et sur l’anxiété et les anxiolytiques d’autre part.
...
Elle a de quoi être inquiète la HAS! Ors il se trouve que dans une consultations deux protagonistes peuvent influer sur le traitement: la personne âgée et le médecin.
J'ai remarqué que certaines personnes âgées ne savaient s'exprimer qu'en se plaignant, comme si le fait de se plaindre était un moyen de montrer qu'elles étaient en vie, qu'elles pouvaient avoir encore un peu d'attention de la part de l'autre. Avec celles-ci je détourne facilement la conversation vers le passé, les choses qu'elles aiment faire etc. Elles passent un bon moment... pour revenir se plaindre la consultation suivante. Et, psychotropes ou non, c'est kif kif. Juste qu'avec les neuroleptiques elles deviennent trop assommées pour se plaindre. Chic? Non, lamentable.
...
Le médecin a appris dans ses études à prescrire, exemple le dogmatil (neuroleptique) délivré pendant des années aux casse-pieds de la consult, ceux avec lesquels on ne sait plus quoi faire et qui vont nous faire ch. si on ne les calme pas puissamment.
j'en reviens toujours à ma formation continue, prendre une maladie chaque séance et la voir sous tous les angles, y compris ostéo et homéopathique.
Libellés :
médecine
mardi, novembre 06, 2007
2 visiteurs médicaux, deux conseils pour regarder la pétition des 50 médecins: je ne suis pas du tout sûr qu'ils auront plaisir à me revoir à l'avenir. Tous les deux m'ont juré sur leurs grands Dieux qu'ils n'achetaient personne. C'est possible, seulement je deviens suspicieux...
...
Un militaire père de famille qui déprime car il a l'impression d'être un pion dans son travail (traité généreusement au magnésium!) et pour qui j'ai sorti ma boîte de mouchoirs, un jeune camé au H qui m'assure que tous ses soucis de santé, de travail, relationnels, d'argent ne proviennent Absolument pas du H (non mossieur), la patiente à l'IVG avorté qui stresse comme une malade concernant la santé de son futur enfant, une jeune patiente pleine d'impétigo que son médecin n'a pas voulu arréter et qui vient chez moi (elle travaille chez les personnes âgées), etc. etc.
...
C'est passionnant, mais pas forcément rapide, les consultations ne peuvent s'expédier en cinq minutes!
...
J'ai aussi revu la patiente pour laquelle j'avais fait un conseil marital avec le mari il y a un an maintenant: elle pète la forme! Tout va bien, c'est comme si rien ne s'était passé! Et pourtant c'était chaud, le spectre de l'avocat n'était pas loin...
Libellés :
quotidien
lien pétition
Pour qui veut signer la pétition des 50 médecins à Sarkozy contre la corruption des généralistes c'est là:
http://www.formindep.org/spip.php?article138&var_confirm=2yJVmbHD
http://www.formindep.org/spip.php?article138&var_confirm=2yJVmbHD
Libellés :
médecine
lundi, novembre 05, 2007
hyperactif à 18 mois?
Ce soir j'ai fini avec un gamin de 18 mois lequel a fureté de partout au galop tout le temps de la consultation. La grand-mère "je crois qu'il est hyperactif docteur", la mère "il n'obéit pas, je lui fiche vingt fessées par jour, c'est tout comme", "il fait des colères et se roule par terre", "faites quelque chose docteur!".
Il avait l'air tout mignon comme ça à première vue mais très excité et l'air coquin de celui qui cherche la nouvelle bêtise à faire. A ce moment je me suis souvenu des paroles du docteur Curtay (nutrithérapeute): "l'hyperactivité est un moyen de fuir la réalité, il ne faut donc pas les brutaliser sous peine d'aggraver la situation".
J'ai quand même expliqué à la famille que l'on ne fait pas un diagnostic d'hyperactivité à cet âge, qu'il faut attendre bien une paire d'années de plus au moins, et que vingt fessées par jour ne riment plus à rien et qu'au pire une bonne fessée deux ou trois fois par an uniquement pour des évènement importants si l'on ne sait pas faire autrement.
La famille avait l'air au courant du "traitement" de l'hyperactivité: les médias.
...
A propos de la ritaline, il existe un nouveau libellé de mise en garde: "anomalies cardiaques structurelles préexistantes: des cas de mort subite ont été rapportées en association avec l'utilisation de psychostimulants à doses usuelles chez des enfants présentant des anomalies cardiaques strucurelles. Bien que certaines anomalies carciaques strucutelles puissent à elles seules entainer un rique accru de mort subite, les psychostimulants ne sont pas recommandés ches les enfants ou les adolescents présentant des anomalies cardiaques structurelles connues".
Libellés :
ritaline
dimanche, novembre 04, 2007
Corruption des généralistes
De retour de vacances, je reçois ceci:
L’appel des 50 médecins généralistes contre la corruption
31-10-2007
31-10-2007
-Cinquante généralistes écrivent une lettre à Nicolas Sarkozy pour lui demander de lutter contre la corruption du corps médical.
Monsieur le Président, je vous écris car vous allez bientôt nous parler de santé.La santé est mon métier, je suis médecin généraliste.Tout le monde vous assaille en espérant être épargné par les inévitables efforts financiers que vous allez sans doute annoncer à la fin du mois. Ce n’est pas mon propos, je gagne correctement ma vie. En tant que libéral, je peux m’adapter à l’augmentation de mes charges en travaillant plus pour gagner autant.Si je vous écris Monsieur le Président, c’est pour vous demander une chose simple, qui pourrait à la fois alléger les comptes de l’assurance maladie et faciliter l’exercice de mon métier.Je voudrais s’il vous plaît Monsieur le Président, que vous mettiez fin à la corruption banalisée du corps médical français. Le mot peut paraître fort, agressif, mais je n’en ai pas trouvé d’autre pour décrire notre situation.
Permettre à l’industrie pharmaceutique de doubler ou tripler le salaire de nombreux confrères hospitaliers n’est pas acceptable dans une France moderne et juste. Pas plus que ne sont acceptables ces voyages organisés que l’on nomme pudiquement congrès ou symposium, et où les médecins sont invités gracieusement à écouter des orateurs rémunérés par leur voyagiste.Cela coûte très cher à l’assurance maladie et au contribuable ; cet argent vient de quelque part et surtout ces pratiques induisent des dépenses considérables en prescriptions inutiles ou d’un surcoût sans aucun intérêt pour la santé des patients. Vous le savez. Tout le monde le sait. Mais tout le monde essaye de se persuader que c’est normal, qu’il faut bien "se former" ; le président du conseil de l’ordre des médecins lui-même, dans une interview récente, expliquait que les visiteurs médicaux des laboratoires jouaient un rôle utile dans l’information des médecins.
Dès sa formation à l’hôpital, le médecin est l’objet de toutes les attentions par les industriels qui assurent la logistique des réunions de service ou améliorent l’ordinaire des salles de garde.
Après son parcours universitaire, le médecin continue a être formé cette fois-ci quasi exclusivement par l’industrie pharmaceutique, avec la bénédiction des autorités de tutelle. Tous les garde-fous mis en place ne sont que poudre aux yeux au pays de Tartuffe.
Ma profession génère par ses seules prescriptions 30 milliards d’euros de dépenses, et elle est entièrement sous la coupe des principaux bénéficiaires de ces budgets. Monsieur le Président, dans tout autre domaine d’activité, une telle "interaction" ferait la une des journaux et remplirait les prétoires. En médecine, il n’en est rien car les acteurs de cette forfaiture ont trouvé une superbe parade sémantique : il suffit d’appeler "formation" toute action publicitaire destinée aux médecins, et dès que l’on parle de formation, tout devient possible.
Je vous parlais de l’exercice de mon métier. Si vous saviez Monsieur le Président, comme il est difficile de travailler correctement tant l’information médicale et thérapeutique est faussée. Lorsque je parle à un de mes patients de l’intérêt modeste d’un dépistage ou d’un nouveau médicament coûteux, je suis contredit régulièrement dans les médias par des "leaders d’opinion" qui viennent en vanter les bienfaits. Ces médecins prestigieux ou médiatiques se gardent bien de déclarer à cette occasion leurs conflits d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique, comme la loi les y oblige pourtant depuis 6 mois. Faire appliquer la loi, assurer la transparence de l’information... Tout cela ne coûterait pas cher, permettrait des économies, et redonnerait du courage à ceux dont l’exercice est guidé par la recherche de la qualité des soins et non celle du profit.
S’il vous plaît Monsieur le Président, faites taire ceux qui vous accusent de liens trop étroits avec les industriels du médicaments. Ces derniers font un noble métier, mais le mélange des genres est une erreur pour tous. Ils n’ont pas à intervenir dans la formation des médecins ni dans l’information du public. Qu’ils consacrent leur énergie et leurs budgets à la découverte de nouvelles molécules, et que les soins soient assurés par des médecins formés loin de toute influence inopportune. C’est à ce prix que notre pays continuera à pouvoir financer un système de santé efficace, solidaire, et économique.
...
Voilà quelque chose que je vais signer de ce pas...
Libellés :
médecine
vendredi, novembre 02, 2007
vacances
J'ai lâchement abandonné mon cabinet deux jours pour retrouver grand-mère; elle prend toujours un tas de comprimés dont, j'en suis sûr les trois-quarts ne lui servent à rien; mais c'est ainsi, l'habitude est prise depuis plus de vingt ans et je ne la changerai pas.
A ce propos je fais prendre conscience que mes pratiques leur feront faire un tas d'économies à l'avenir: avec les cinquantes centimes par boîte à partir de janvier 2008, qu'est-ce que l'on paiera pour sa santé! Je retire mon épingle du jeu car, jusqu'à maintenant j'avais énormément de scrupules à faire payer les traitements: maintenant, c'est fini, les considérations de remboursement rentreront moins en jeu.
...
A la belle-soeur j'ai demandé ses relations avec son médecins, elle a commencé par dire qu'elle pouvait lui demander tout ce qu'elle voulait, il lui prescrivait; un peu de mépris se dégageait d'elle. Il faut absolument améliorer cela, que les médecins soient mieux formés et mieux armés afin que ces apréciations n'existent plus!
...
Compote va mieux, je lui ai défendu de rire pendant 48 heures, il cicatrise.
Libellés :
quotidien
Inscription à :
Messages (Atom)