La dépression a du bon
«Quand on dit que la dépression doit toujours être traitée pour réduire le risque de suicide, on oublie qu'elle n'est que l'un des facteurs en cause. Les gens qui se suicident ont très souvent des problèmes d'argent, ou au travail» (...) .La dépression n'est pas une calamité qu'il faut éradiquer dès qu'elle se pointe. Il s'agit d'un mécanisme très sophistiqué, issu de milliers d'années d'évolution, qui permet de se soustraire à un stress trop intense et de réévaluer sa vie à l'abri. Un peu comme une entreprise qui se met sous la protection de la loi sur la faillite.
Cette thèse iconoclaste est celle qu'expose un psychiatre britannique, Paul Keedwell, dans son nouveau livre How Sadness Survived -The Evolutionary Basis of Depression. Le Dr Keedwell ne nie pas qu'il existe des formes extrêmes de dépression qui doivent être traitées avec des antidépresseurs. Mais il pense qu'il s'agit de l'exception plutôt que de la norme.Une vie adaptée«C'est une peu comme les maladies auto-immunitaires, ou les allergies», explique le Dr Keedwell (...) . «Il est nécessaire de les traiter. Mais ça ne veut pas dire qu'il faille s'attaquer avec des médicaments au système immunitaire dès que ce dernier nous cloue au lit avec de la fièvre, pour combattre une infection. Il existe des mécanismes normaux de défense contre l'environnement qui, à court terme, nuisent à notre bon fonctionnement, mais à long terme permettent d'avoir une vie adaptée à notre environnement.»Le Dr Keedwell a commencé à travailler sur le sujet parce qu'il n'arrivait pas à comprendre la fréquence de la dépression - 20% des gens en souffriront à un moment de leur vie. «J'en suis venu à considérer que la dépression est un signal d'alarme. C'est notre corps qui nous dit que notre vie est trop stressante. Il veut que nous nous retirions de la vie active pour réexaminer nos buts ou les tactiques qui y mèneront. Il faut changer quelque chose.»L'isolement de la société moderne exacerbe ce sentiment. «Auparavant, quand on était déprimé on pouvait demander de l'aide à nos proches, ou au moins du soutien moral. Maintenant, nous sommes seuls face à notre stress. Je sais que l'idée de réduire ses activités n'est pas nécessairement réaliste pour tout le monde, par exemple pour une mère seule qui gagne un salaire de misère et n'a pas de famille vivant dans la même ville qu'elle. Mais alors, il nous faut reconnaître que ce n'est pas tant un problème de santé mentale que de priorités sociopolitiques. Quand on dit que la dépression doit toujours être traitée pour réduire le risque de suicide, on oublie qu'elle n'est que l'un des facteurs en cause. Les gens qui se suicident ont très souvent des problèmes d'argent, ou au travail.»
Rituels autochtones
Le psychiatre britannique fait un parallèle avec les rituels autochtones nord-américains qui permettaient à un individu de «renaître» et de jeter sa personnalité antérieure. Plus près de nous, il souligne que Melanie Klein, psychanalyste britannique réputée, affirmait que toute thérapie contient une phase dépressive.Le livre du Dr Keedwell n'est pas le seul à revaloriser la dépression. Plus tôt cette année, un professeur de littérature de l'Université Wake Forest, en Caroline-du-Nord, Eric Wilson, a publié Against Happiness, un livre qui affirme que la tristesse a «une place intégrale dans le rythme du cosmos». Et un sociologue de l'Université de New York, Jerome Wakefield, soutenait l'an dernier dans son livre The Loss of Sadness, que la psychiatrie classifie trop vite une tristesse normale comme une dépression devant être traitée avec des médicaments. M. Wakefield reproche notamment à la psychiatrie de considérer que seuls les deuils liés à des décès sont normaux et donc ne nécessitent pas de diagnostic de «dépression majeure»; or, souligne-t-il, une rupture amoureuse ou un proche atteint d'une maladie grave peut susciter un deuil tout aussi normal qu'il serait erroné de traiter avec des antidépresseurs.
«Quand on dit que la dépression doit toujours être traitée pour réduire le risque de suicide, on oublie qu'elle n'est que l'un des facteurs en cause. Les gens qui se suicident ont très souvent des problèmes d'argent, ou au travail» (...) .La dépression n'est pas une calamité qu'il faut éradiquer dès qu'elle se pointe. Il s'agit d'un mécanisme très sophistiqué, issu de milliers d'années d'évolution, qui permet de se soustraire à un stress trop intense et de réévaluer sa vie à l'abri. Un peu comme une entreprise qui se met sous la protection de la loi sur la faillite.
Cette thèse iconoclaste est celle qu'expose un psychiatre britannique, Paul Keedwell, dans son nouveau livre How Sadness Survived -The Evolutionary Basis of Depression. Le Dr Keedwell ne nie pas qu'il existe des formes extrêmes de dépression qui doivent être traitées avec des antidépresseurs. Mais il pense qu'il s'agit de l'exception plutôt que de la norme.Une vie adaptée«C'est une peu comme les maladies auto-immunitaires, ou les allergies», explique le Dr Keedwell (...) . «Il est nécessaire de les traiter. Mais ça ne veut pas dire qu'il faille s'attaquer avec des médicaments au système immunitaire dès que ce dernier nous cloue au lit avec de la fièvre, pour combattre une infection. Il existe des mécanismes normaux de défense contre l'environnement qui, à court terme, nuisent à notre bon fonctionnement, mais à long terme permettent d'avoir une vie adaptée à notre environnement.»Le Dr Keedwell a commencé à travailler sur le sujet parce qu'il n'arrivait pas à comprendre la fréquence de la dépression - 20% des gens en souffriront à un moment de leur vie. «J'en suis venu à considérer que la dépression est un signal d'alarme. C'est notre corps qui nous dit que notre vie est trop stressante. Il veut que nous nous retirions de la vie active pour réexaminer nos buts ou les tactiques qui y mèneront. Il faut changer quelque chose.»L'isolement de la société moderne exacerbe ce sentiment. «Auparavant, quand on était déprimé on pouvait demander de l'aide à nos proches, ou au moins du soutien moral. Maintenant, nous sommes seuls face à notre stress. Je sais que l'idée de réduire ses activités n'est pas nécessairement réaliste pour tout le monde, par exemple pour une mère seule qui gagne un salaire de misère et n'a pas de famille vivant dans la même ville qu'elle. Mais alors, il nous faut reconnaître que ce n'est pas tant un problème de santé mentale que de priorités sociopolitiques. Quand on dit que la dépression doit toujours être traitée pour réduire le risque de suicide, on oublie qu'elle n'est que l'un des facteurs en cause. Les gens qui se suicident ont très souvent des problèmes d'argent, ou au travail.»
Rituels autochtones
Le psychiatre britannique fait un parallèle avec les rituels autochtones nord-américains qui permettaient à un individu de «renaître» et de jeter sa personnalité antérieure. Plus près de nous, il souligne que Melanie Klein, psychanalyste britannique réputée, affirmait que toute thérapie contient une phase dépressive.Le livre du Dr Keedwell n'est pas le seul à revaloriser la dépression. Plus tôt cette année, un professeur de littérature de l'Université Wake Forest, en Caroline-du-Nord, Eric Wilson, a publié Against Happiness, un livre qui affirme que la tristesse a «une place intégrale dans le rythme du cosmos». Et un sociologue de l'Université de New York, Jerome Wakefield, soutenait l'an dernier dans son livre The Loss of Sadness, que la psychiatrie classifie trop vite une tristesse normale comme une dépression devant être traitée avec des médicaments. M. Wakefield reproche notamment à la psychiatrie de considérer que seuls les deuils liés à des décès sont normaux et donc ne nécessitent pas de diagnostic de «dépression majeure»; or, souligne-t-il, une rupture amoureuse ou un proche atteint d'une maladie grave peut susciter un deuil tout aussi normal qu'il serait erroné de traiter avec des antidépresseurs.
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A méditer!
3 commentaires:
Il y a des gens qui ont tout pour être heureux, argent, bonne situation, heureux en famille etc... et qui se suicident, pourquoi? Pendant une guerre la plupart des êtres humains essayent de survivre, ils oublient le suicide car ils ont l'espoir de sortir du chaos dans lequels ils sont plongés, ils veulent retrouver la liberté, le bonheur perdu. Les raisons de déprimer sont tellement multiples (tout ou rien pour être heureux, douleur chronique, maladies, décès, alcool etc..) et complexes. Et les suicident déguisés et lents (alcool, drogue pour certains.., j'ai un ami qui vient de mourir comme cela) Doit on, parler de déprime?. Bref l'âme humaine est bien trop complexe. Les médicaments ne servent qu'à endormir le cerveau pour qu'il arrête de cogiter mais ne résolvent pas le problème à moins de trouver un bon gourou qui vous enrôle dans une secte et vous promet de vous apporter le bonheur ultime, et fera ainsi recette sur votre dos. Je pense qu'il faut prendre conscience que l'on a une âme à bichonner (ains que son corps) et qu'il ne faut la vendre à personne, pas même à un médicament.
J'arrête ici, j'ai le cerveau qui fume.
Voilà un article qui change des discours habituels....!!!
La tristesse fait partie de la gamme des émotions humaines...Si nous pleurons suite à la perte d'un etre cher,c'est normal.....Il faut laisser faire,le temps efface cette sensation de grande tristesse ...
Laissons couler les larmes que la Nature nous a données......
L'idée du corps qui se met à l'abri d'un trop grand stress et fait que nous nous retirons est bien vue... Peut etre vrai...Bon, mais il ne faut pas qd meme pas rester à l'ecart trop longtemps...!! Si ça dure des mois ,il convient de voir cela de plus près et de traiter .....
la dépression ?
on est peut-être tous dépressifs disent certains ?
avant on disait que les "dames" étaient atteintes de neurasthénie.. et c'est devenu dépression.. oui mais quand on dit dépression, c'est comme une tempête, cela peut se calmer.. se soigner... et l'on peut échapper à l'irrémédiable... mais y a t-il de bons psys - de bons médocs - fait-on confiance aux patients ?
parfois, puisque cela m'est arrivé.. qu'on me sauve la vie et celle de la famille.
est-ce aussi rare puisque certains psys et je ne suis pas la seule à qui cela est arrivé et arrive, n'hésitent pas à pousser des patients et leurs familles au suicide, à la mort...
les médocs, on peut les arrêter si il y a compensation et guérison du symptôme.. de la dépression et des pulsions suicidaires.. mais c'estpour chaque personne différent..
clémentine
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