lundi, mars 24, 2008

mon histoire

Mes rapports avec les médicaments:
-- Dans mon enfance, trois médicaments uniquement existaient pour moi:
- Eucalyptine Lebrun pour la toux, délicieux,

- laxamalt (n'existe plus, pas assez cher à la fabrication je suppose), mélange malté et paraffiné que je trouvais savoureux et que je prenais parfois pour le plaisir (pas forcément réussi dans toutes les occasions)
- aspirine du Rhône qui n'avait aucun intérêt pour moi, c'est ma mère qui me le préparait, je l'avalais sans me poser de questions lors d'épisodes fébriles.
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En terminale il m'a pris la lubie de vouloir faire un stage en hôpital psychiatrique. Le directeur m'avait convoqué, très étonné de mon choix "vous n'êtes peut-être pas apte à le faire, c'est dur, prenez plutôt une semaine de vacances". J'ai tenu bon, voulant comprendre ce qui pouvait bien se passer dedans: j'ai passé une semaine à arpenter les couloirs, à regarder les consultations et à inspecter les boites des patients; je les regardais, je comptais le nombre de pilules qu'ils ingurgitaient et me posais déjà des questions genre : pourquoi prennent-ils autant de médicaments s'ils sont en bonne santé?
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Le temps a passé, les stages ont commencé et en médecine interne la grande mode était de faire des perfusions d'Anafranil (antidépresseur ancien) à chaque fois que le chef de service coinçait sur un diagnostic. Je commençais à être passablement chauffé, tout infatué de mes maigres connaissances. Un jour qu'il consultait un patient dont le diagnostic faisait défaut malgré des examens poussé il avait proposé son traitement favori; il s'est adressé à moi en me demandant: "et vous David, que proposeriez-vous?" Et moi tout de go: "c'est vous qui prescrivez monsieur". Il n'a pas été ravi "mais enfin que voulez vous que je prescrive?" " Je ne sais pas, des fortifiants monsieur." Et bien, la vieille elle n'a pas eu son Anafranil!
je n'ai pas regardé ma note de fin de stage...
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Puis j'ai fait un stage aux urgence: speed, super! je passais mon temps à faire vomir les tentatives de suicide avec de l'Ipeca. Et les patients vomissaient leur prozac, lexomil, lysanxia consciencieusement. Et je rajoutais du sel pour faire bonne mesure, aucun ne résistait, tout repassait dans l'autre sens.Le chef de service exigeait que tous les patients vomissent, même quand ils avaient avalé une plaquette de contraceptifs "pour leur faire passer l'envie de recommencer".
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J'ai remplacé dans le même temps des infirmiers en résidence. J'en ai rempli des piluliers, la pluparts étaient des boites de pellicules recyclées. Je mettais dedans des rouges, des bleus, des jolis pilules au triples couleurs (noctran), des petites barettes avec leurs boite rigolote... le médecin prescrivait, je remplissais... Je n'avais par contre jamais la main lourde sur l'haldol (neuroleptique) que l'on donnait en gouttes; mais certains, pour éviter de perdre du temps mettaient une petite giclée dans les verres des patientes.
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En moyen séjour, où les vieilles dames se remettaient de maladie, je me suis mis à remplacer beacoup de calmants par du magnésium et je leur expliquais avec beaucoup de conviction: "madame, je vous ai donné un nouveau traitement, il est encore mieux que votre ancien" , les autres médicaments que je ne jugeais pas nécessaires y passaient aussi: en six mois j'ai baissé de 30% les dépenses de pharmacie! les infirmières m'appelaient monsieur Solumag.
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Au SAMU, on traquait les boites de somnifères, de neuroleptiques etc. sur les tables de nuit des inconscients, des tentatives de suicides; on critiquait les généralistes qui prescrivaient autant de cochonneries qui faisaient faire autant de travail au pauvre SAMU. "les généralistes, complètement incompétents".
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Puis j'ai fait des remplacements. Chance ou malchance je suis tombé dans un cabinet qui recevait les toxicomanes en nombres: ordonnances de tranxène 50, de tercian, et j'en passe et des meilleures. Ca m'a permis de démarrer ma thèse sur les us et coutumes de cette population. Je dois dire qu'en deux ans, dans ce cabinet jamais je n'ai vu de guérison. Le tranxène ne servait que pour la substitution; ce n'était un traitement que dans le Vidal, dans les faits c'était une drogue.
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Et actuellement, j'ai tendance à dire concernant tous les médicaments de confort "ça ne va pas vous soigner monsieur, ça peut vous soulager un peu, mais il faut trouver une vraie solution".
Pas de doliprane en systématique, pour moi, c'est un constat d'échec que de pérénniser la prescription sans tenter de soigner réellement.

3 commentaires:

dany a dit…

Comment vous est venu l'idée étrange de vouloir faire un stage en hopital psy à 17 ans?????
L'age ou l'on est pas sérieux,ou l'on pense à sortir,à draguer les filles...bref l'INSOUCIANCE...???
lorsqu'on est à l'hopital,on est malade,normalement....!Les patients en psy vous paraissaient en pleine forme donc!!
Ramener à la vie les suicidés par psychotropes........
Remplacer l'héroine ou cocaine par du tranxène qui n'était qu'une substitution et non un SOIN...
C'est sur que ça donne matière à reflexion......
C'est drole,on dirait que vous éiez prédisposé à mener la guerre contre TOUT CE QUI EST PSY....
On sait ce que vous pensez des MEDICAMENTS PSY....
Mais que pensez vous des psychothérapies en général (ou une en particulier )?????
PSYCHANALYSE SANS FIN ??
PSYCHOTHERAPIES DE SOUTIEN ???
PSYCHOTHERAPIES COMPORTEMENTALES??
Il doit bien arriver que vous soyiez obligé de passer la main à un spécialiste....? Les maladies mentales que l'on ne parvient pas à guérir ou rarement ?.....
Une jeune maman de mon entourage vient d'apprendre que son petit de 2 ans est AUTISTE ...!
Que va t il se passer concrètement pour l'enfant et pour la maman qui se retrouve avec ce diagnostic terrible....Elle va passer son temps à aller de psy en psy....essayer de lui faire avaler des "drogues" pour voir.....

docteur Vincent a dit…

Comme je l'ai déjà dit je suis partagé pour les psychologues. Une de mes connaissances a toute ma confiance.
Par contre dans un hôpital que j'ai fréquenté, la psychologue visiblement soignait son mal-être en étant psychologue, mais sa névrose ( son introversion) suintait par chacun de ses pores.
Pour les autistes ou d'autres cas graves il faut évidemment des structures avec des personnes compétentes, mais J'ai le rêve de maisons genre Soteria, en France.
http://www.fruitymag.com/entendre-nos-s5937.htm

shani a dit…

Quand je lis votre post, je ne peux m'empêcher de penser au dossier d'une jeune femme que j'ai eu récemment sur mon bureau, la pauvre, elle est accro grave au lexomil, on n'arrive pas à la sevrer, c'est l'anarchie dans la prise du médicament et du coup c'est sa petite famille qui en pâtit et durement, je passe les détails, c'est triste d'en arriver là, quel avenir attend les enfants dans un tel milieux! Qui est responsable ? le médecin qui prescrit? la société dans laquelle on vit ou tout simplement le fait que ces médicaments soient banalisés chez la plupart des consommateurs et des prescripteurs aussi. Je suis sûre que si on faisait un rescencement dans tous les milieux des consommateurs réguliers de ces substances on serait effrayé du constat, sans oublier ceux qui augmentent d'eux même la posologie jusqu'à l'accident(exemple, mon beau père),qui arrivent à se procurer les médicaments sans avoir besoin d'aller chez le médecin (Il suffit de faire un tour de la pharmacie de chaque maison). On le fait aussi bien pour la pilule contraceptive quand on est en panne. Lexomil ou adepal? Les 2 ma chère! je suis en panne, merci tu me sauves......blabla..