jeudi, septembre 04, 2008

renouvellement de 100%

Il y a plus d'un mois un patient me consulte "docteur, mon 100% se termine, et le psy voudrait que vous le renouveliez"
Historique: il y a sept ans ce patient a perdu pied dans la vie: trop d'enfants (un nombre appréciable), travail stressant, femme toujours fatiguée, problèmes financiers. je n'ai pas réussi à le remonter et un psychiatre l'a consulté pendant des années. Le patient prenait des ordonnances assez conséquentes (neuroleptiques, somnifères, tranquillisants) et se disait toujours fatigué (pourtant ses voisins m'assuraient que pendant son arrêt de travail c'était un bon vivant). Même quand il allait mieux (environ depuis trois ans) le psy lui prescrivait toujours le cocktail du début, et parfois plus. Dans ces conditions cela m'ennuyait de renouveler le 100%, j'avais l'impression d'être le gratte-papier du psy.
Donc le patient m'a dit " puisque je n'ai plus les 100%, je vais arrêter de voir le psy, je vais arrêter les médicaments".
je lui ai fait les recommandations d'usage (ne pas stopper tout d'un coup, se faire aider par un professionnel) et lui ai dit au-revoir.
je l'ai vu dans sa voiture tout sourires ce matin; c'est à ne rien y comprendre. Et je suis sûr qu'il n'a pas changé de médecin, le budget de la maison étant tellement serré qu'il ne sert que pour les choses vitales (et les cigarettes). Il en est même à piquer du maïs dans les champs pour faire des extras alimentaires.
Je pense qu'il avait tout arrêté de lui-même avant, c'est la seule explication.

2 commentaires:

Adèle a dit…

Si votre patient prenait réellement les tonnes de médicaments prescrits par le psy, lors des consultations à votre cabinet il devait se comporter au moins comme un Zombie?, je dis cela car pour un urticaire je me suis retrouvée avec de l'Atarax enfant car celui prescrit pour adultes (pris le soir) me transformait en zombie le jour suivant et pourtant ce médicament est considéré comme pas fort, alors avec ceux de votre patient je me demande à quoi j'aurai ressemblé.
De plus, si le malade a acheté les médicaments sans les prendre et consulté le psy. le tout remboursé à 100% alors qu'il allait mieux c'est réellement du gâchis. Vous êtes vous voilés la face (le psy et vous) ou il y avait-il un doute? Faut-il se fier à une bonne mine ou un certain comportement?.

Anonyme a dit…

Le patient a peut être arrêté seul son traitement parce qu'il a compris au moment ou il allait mieux que c'était le seul moyen de retrouver une vie normale,au moins un point positif pour lui, il s'est pris en charge sans rien dire, pas toujours facile de communiquer avec les médecins pour tout ce qui concerne le psychisme.