lundi, mars 31, 2008

crise d'angoisse

Une patiente du confrère (qui lui fait quelques infidèlités) est venu en me disant "je fais une crise d'asthme".
Comme je la connais et qu'elle en a déjà fait de bonnes, mentalement je passe en revue toute ma pharmacie, cortisone, ventoline... puis je me mets quand même à l'examiner. Rien dans les poumons, patiente trop jeune pour faire un infarctus. Mais oui! C'est la fameuse crise d'angoisse typique avec oppression thoracique qui fait flipper les urgences (infarctus, problème pulmonaire?)
Mais je connais ses conditions de travail (maison de retraite) , il m'a suffit de la brancher dessus et tout est sorti, son dégout du métier à cause de la trop forte pression de la direction.
Et je n'ai pas dégainé ma trousse d'urgence. En fait, en respirant profondément, cela s'est un peu décoincé.
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Ensuite un prof qui m'a parlé de son dégout du métier etc. une laborantine qui a trop de pression, une concierge qui a subi des violences sexuelles de la part d'un voisin; la France est morose et rien pour égayer... Si les frasques de notre président qui scandalisent ma douce et font rire mes patients, cela met un peu de piment.

dimanche, mars 30, 2008

Le plaisir de tuer

Et un scandale sur internet:

Michel Dubec ou l'apologie du viol

Je n'aime pas être insultant, mais quand un porc est un porc il faut l'appeler un porc. En pleine affaire Fourniret, on trouve dans l'ouvrage d'un psychiatre censé être expert auprès des tribunaux les "humanistes" propos suivants :
« Si un homme est trop respectueux d’une femme, il ne bande pas »
Le livre s'appelle le plaisir de tuer. Entre autres joyeusetés on trouve ce commentaire sur Guy Georges, le tueur de l'Est parisien :
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« Guy Georges, c’est différent. On peut être avec lui, jusqu’au viol compris. Pour parler sans détour, dans la sexualité masculine, il existe un intérêt à obtenir la défaveur de sa partenaire, pas seulement ses faveurs ; à faire crier la femme, peu importe la nature de ses cris. (…) Si un homme est trop respectueux d’une femme, il ne bande pas. (…) Oui, c’était possible de s’identifier à ce violeur qui baise des filles superbes contre leur gré (…) Il ne s’inhibait pas au dernier moment, il était capable de leur faire l’amour quasi normalement. Il y avait éjaculation à l’intérieur du vagin. Guy Georges donne le sentiment que l’acte sexuel était consommé avec complétude. Jusque-là, on peut le comprendre, et même, il nous fait presque rêver (…) »
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Voilà le sinistre individu qui est expert psychiatre sur les cas de viol auprès des tribunaux. A mon avis, sa fonction lui a un tantinet tapé sur le ciboulot, et il serait préférable qu'il aille prendre du repos...dans un asile psychiatrique !
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Je m'associe au blog "
ce n'est pas mon président" pour condamner sans réserve ce triste sire et demander à Rachida Dati, la ministre de la Justice, le renvoi de sa fonction de cet abruti. Je vais signer cette pétition, et j'appelle les blogueurs qui se sentent concernés à relayer cette condamnation.
Par ailleurs, on devrait faire lire à ce connard les témoignages de femmes violées ainsi que ceux des parents victimes disparues souvent dans des circonstances atroces.

piano à chats

Une méthode assez originale (1803) pour guérir de la mélancolie: le piano à chats

«Le P. Kircher raconte, dans le livre VI de la Musurgie, qu'un artiste avait imaginé, pour dissiper la mélancolie d'un prince accablé de soucis, un piano de chats. Au lieu de cordes, son instrument contenait un certain nombre de queues de chats vivants engagées dans des gaines étroites au-dessous desquelles s'élevaient et s'abaissaient les marteaux correspondants aux touches, munis à leurs extrémités, d'une pointe aiguë. Les chats avaient été choisis de différents sexes et de différents âges et rangés à côté les uns des autres dans des cases séparées, selon l'acuité de leur voix (fig.1).
Sous les doigts agiles des pianistes, les pointes des marteaux allaient attaquer avec art les queues des différents animaux. Ceux-ci répondaient d'abord par des miaulements brefs et nets, mais bientôt, mis en fureur par la fréquence des piqûres, ils modulaient, crescendo et rinforzando, des sons capables de dérider les plus moroses et de mettre en danse les souris elles-mêmes, et vel sorices ipsos ad saltum conotare, dit le texte.
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D'abord c'est pas sympa pour les chats, ensuite cela montre qu'ils étaient démunis devant la maladie mentale pour en arriver à des solutions aussi extrêmes.

samedi, mars 29, 2008

mercure et psychiatrie


Rendons-les malades et après, hop en psychiatrie !
Les malades intoxiqués par les plombages au mercure sont-ils des malades imaginaires ?
Un article paru le 28 février 2008 dans le Chirurgien-Dentiste de France, intitulé : "Merci au ministre norvégien de l'Environnement" répond sans ambages à cette question.
Réaction tardive à la décision de la Norvège d'interdire le plombage au mercure à dater du premier janvier 2008, (...)
Mais le Dr Goldberg ne se contente pas de fustiger les autorités norvégiennes. Après une introduction musclée, l'auteur s'en prend aux malades du mercure dentaire à propos desquels il écrit: " Les groupes de patients 'somatiques' incriminant le mercure dentaire figurent maintenant en bonne place dans les revues psychiatriques". Des fous relevant de la psychiatrie, telles sont les victimes du mercure dentaire pour le Dr Golberg qui n'hésite pas à surenchérir en concluant : "ils sont fous, ces vikings". Comme quoi ne peuvent être que "fous" les opposants à l'amalgame dentaire. On appréciera la qualité de l'argument.
Folie mercurielleFous, n'est-ce pas une évidence ? Quel meilleur moyen de nier les symptômes des victimes du plombage quand on affirme haut et fort que "l'innocuité de l'amalgame d'argent est reconnue par l'ensemble du monde biomédical" ? Les nombreux patients dont on a pu entendre le témoignage dans l'émission Les mercuriens** seront ravis d'apprendre que leur cas relève de la psychiatrie. C'est d'ailleurs systématiquement chez le psy qu'on envoie celles et ceux qui se plaignent de troubles tels qu'angoisses, irritabilité, dépression, perte de mémoire, hypersensibilité, bruxisme, acouphènes, maux de têtes, fatigue, allergies aux aliments, aux odeurs, etc. C'est évidemment oublier que le mercure est un toxique dont l'affinité spécifique pour la cellule nerveuse explique les nombreux troubles neurologiques décrits par les porteurs de plombages. (...).
En 1852, le dentiste français Talma décrit les "mouvements nerveux qui se prolongèrent toute la journée et ne cessèrent que quand les dents furent déplombées". Il ne fut pas le seul. (...)
La neurotoxicité du mercure est pourtant connue de longue date. Ainsi les chapeliers, exposés aux vapeurs de mercure utilisées dans la fabrication des feutres, étaient-ils connus pour développer des troubles neurologiques. D'où le chapelier fou d'Alice au pays des merveilles et l'expression tourner du chapeau.
Droit chez le psychiatrePourtant les témoignages des malades du mercure, sont systématiquement rejetés par la médecine officielle qui se contente de les adresser chez le psychiatre, chargé de les traiter par anti-dépresseurs. Les accusations de la toxicité du plombage au mercure reposerait sur des dosages fantaisistes "dans le cadre restreint d'associations militant contre le mercure et l'usage de métaux lourds pour des raisons qui ne concernent qu'eux-mêmes". Ainsi sont balayés d'un revers de main les témoignages et les souffrances des intoxiqués du mercure dentaire en même temps qu'est habilement sous-entendu que leurs troubles psychiques sont la cause réelle de leurs maux. Tout est dit. Malades somatiques, prenez vos anti-dépresseurs et taisez-vous. "À ce jour, aucun dossier de malade n'a permis d'établir de relation entre le mercure et le déclenchement de pathologie" affirme le Dr Goldberg. Et pour cause ! Une patiente intoxiquée au mercure qui témoigne dans l'émission les mercuriens, explique que les médecins ont tout simplement refusé d'examiner son dossier médical, la remettant d'office aux bons soins du psychiatre de service.
Déni et hypocrisie
(...) Cette négation du risque est d'autant plus paradoxale que les dentistes sont eux-mêmes les premiers exposés aux vapeurs de mercure libérées lors de la pose et de la dépose des plombages. Dans l'émission les mercuriens, une dentiste témoigne, après quinze ans d'exercice, de troubles sensitifs à type de fourmillements et de douleurs multiples et se dit profondément déçue de l'ignorance dans laquelle l'ont tenue ses formateurs, une ignorance que des articles comme celui du Chirurgien Dentiste de France continue d'entretenir au sein de la profession.
(...)
.Combien de temps le déni pourra-t-il fonctionner face à la recrudescence de maladies dégénératives incurables (cancer, Alzheimer, sclérose en plaque, etc.) ? Trop longtemps hélas pour les patients malades du plombage au mercure mais sans doute pas aussi longtemps que les représentants de la médecine officielle l'espèrent. (...)
...
J'avais déjà entendu parler de cela, notamment dans des séminaires de nutrithérapie. Le conférencier conseillait de se faire retirer tous les amalgames au mercure. En France, on a déjà supprimé les thermomètres au mercure, preuve que c'est toxique.

vendredi, mars 28, 2008

dépressions

La jeune femme qui m'avait consulté pour dépression (d'ailleurs comme toute vraie dépressive, ce n'est pas elle qui avait initié le rendez-vous mais sa mère) va mieux, elle m'a fait un grand sourire... puis est repartie en pleurs pratiquement au début de la consultation.
-- Ca fait du bien docteur, il faut que cela se décharge. J'ai donné son congé à mon ami et ça a été très dur ( re-pleurs), mais je l'ai fait (sourire). Merci docteur!
Je sens néammoins qu'elle va mieux, toute son attitude est plus tonique, son regard est plus ferme; ce petit arrêt de travail (trois semaines quand même!) , cette exhortation à parler à son ami (qui n'est pas un type très recommandable), ce petit coup de Dstress, et c'est reparti!
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Et je recommence à avoir des files de déprimés; le temps a peut-être sa responsabilité dans l'histoire.

bonne blague des antidépresseurs

La bonne blague des antidépresseurs

17-03-2008 - La grande presse de la fin février dernier s’est fait l’écho d’une information médicale de première importance, parue sur le site de la revue en ligne PloS Medicine à la date du 25 février (voir Le Monde du jeudi 28 février). Selon cette étude effectuée par une équipe anglo-nord-américaine et portant sur 47 essais cliniques publiés, (ce que l’on appelle une méta-analyse), les quatre antidépresseurs étudiés dont le Prozac, l’Effexor, le Serzone et le Deroxat n’auraient pas d’effet supérieur à l’effet placebo dans les cas de dépressions faibles ou modérées et ne verraient leur efficacité réelle que dans les cas de dépressions nerveuses sévères.
Et là encore, le bénéfice comparé à l’effet placebo reste relativement réduit. Bien sûr, les laboratoires concernés sont montés au créneau rapidement, en appelant à la rescousse les observations favorables effectuées par les médecins cliniciens sur leurs patients.
Mais il faut bien admettre que cette publication jette un pavé dans un marigot bien rempli, car ce genre de médicaments est paré de toutes les vertus. Représentant cette catégorie de molécules relativement récente qui symbolisent la victoire de la chimie moderne sur l’obscurantisme des vieilles recettes « à service médical rendu » insuffisant (le fameux SMR de l’HAS, la Haute Autorité de santé - HAS), présentés comme des alternatives modernes aux pauvres approches psychothérapiques de la dépression, remarquablement promus commercialement auprès des médecins prescripteurs, ces médicaments se trouvent complètement ridiculisés par cette étude.
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Evidemment, le Français en est le consommateur le plus important en Europe. Jointe aux tranquillisants et autres anxiolytiques, cette classe de produits représente un record européen pour notre pays.
Sans doute, nous allons voir nos organismes officiels (Caisse nationale d’Assurance-maladie, l’Agence nationale de sécurité sanitaire des produits de santé - l’AFSSAPS) emboucher les trompettes de la vertu et dénoncer cette vilenie. Mais ne nous faisons pas trop d’illusions. La prescription de ces médicaments représente des centaines de millions d’euros par an, consciencieusement remboursés par notre chère Sécurité sociale (9 euros par an par Français, pour les seuls antidépresseurs). Si, par simple honnêteté, l’HAS en annonçait le déremboursement partiel, gageons que nos laboratoires vont pousser des cris d’orfraie et faire monter au créneau nos meilleurs professeurs.
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C’est dans ce contexte plutôt glauque que l’AFSSAPS s’est fendue d’un communiqué de presse, en date du 28 février dernier, pour dire que cette méta-analyse « n’apporte pas d’informations fondamentalement nouvelles sur l’efficacité des antidépresseurs, et ne remet pas en cause leur balance bénéfice/risque.». Dans un style « jésuite » impayable, cet organisme rappelle, dans son communiqué, qu’il l’avait toujours dit depuis des années... mais que « le traitement par antidépresseurs ne doit pas être arrêté brutalement. » Evidemment, ces classes de médicaments ont un effet drogue bien connu des laboratoires, des pharmacologues et des autorités, et, la dépendance une fois installée, chaque patient en redemande. C’est tout bénef pour tout le monde sauf pour les patients et la Sécu...Détail intéressant, ce genre de médicament est pudiquement présenté comme un traitement de deuxième intention, après un traitement « psychologique » préalable. On croirait à un miracle. Ainsi donc cette pauvre psychothérapie, à laquelle la plupart des médecins et en particulier les jeunes psychiatres ne sont plus formés, reviendrait en force ! Il y a de quoi rêver. Là aussi, gageons que nos comportementalistes et nos cognitivistes auront tôt fait de nous faire part de l’étendue de leur savoir et de leur résultat dans le traitement de la dépression nerveuse...
Reste, sans rire, que l’état dépressif est la cause d’une grande souffrance intérieure, et que le triste constat de cette étude est de nous souligner le réel dénuement dans lequel nous sommes pour venir en aide à ces patients. Puisse cet incident ouvrir les yeux des responsables à tous les niveaux sur les dangers de laisser des patients se faire prendre dans les filets d’une commercialisation pharmaceutique abusive et d’une compétence médicale largement défaillante.
Billet express de Pierre CORNILLOT
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Monsieur le professeur Cornillot a mis le doigt sur un point que je n'avais pas vu, car il n'est pas facile parfois de saisir la subtilité de la langue de bois utilisée par certaines autorités. Mea culpa, je prendrai plus de recul.

mercredi, mars 26, 2008

bienvenu chez les ch'ti

Aujourd'hui séance ciné "Bienvenu chez les ch'ti" avec Poilopat qui trainait la patte; Hier à douze heures trente, au moment de mon accident il courait a rencontré un pied par inadvertance et est tombé. Résultat: un bleu et un épanchement synovial modéré. Privé de poney!
Ce film vaut vraiment le coup, simple et jubilatoire.
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L'appartement dans le village minier m'a fait pensé à une maison que j'ai visité il y a peu: vitres cassées, froid de canard, lino d'époque, odeur de moisi, papier à fleurs 1930... et c'est un type de 50 ans célibataire qui vit là-dedans! Je suppose qu'il n'a jamais pensé à changer la décoration. C'est le genre de type qui se prend les pieds dans la serpillière qui fait office de tapis de sol au moment de freiner, et boom dans le mur! Je n'ai pas pratiqué l'alcoolémie.
Donc ce genre de maison mémorable montré dans le film existe encore.

mardi, mars 25, 2008

On oublie...

Journée mémorable: bug sur l'ordinateur, appel de hotline, de ma douce... réparé.

A midi, en visite un patient me rentre dedans à un carrefour en me refusant la priorité. ca ira mieux demain.

lundi, mars 24, 2008

mon histoire

Mes rapports avec les médicaments:
-- Dans mon enfance, trois médicaments uniquement existaient pour moi:
- Eucalyptine Lebrun pour la toux, délicieux,

- laxamalt (n'existe plus, pas assez cher à la fabrication je suppose), mélange malté et paraffiné que je trouvais savoureux et que je prenais parfois pour le plaisir (pas forcément réussi dans toutes les occasions)
- aspirine du Rhône qui n'avait aucun intérêt pour moi, c'est ma mère qui me le préparait, je l'avalais sans me poser de questions lors d'épisodes fébriles.
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En terminale il m'a pris la lubie de vouloir faire un stage en hôpital psychiatrique. Le directeur m'avait convoqué, très étonné de mon choix "vous n'êtes peut-être pas apte à le faire, c'est dur, prenez plutôt une semaine de vacances". J'ai tenu bon, voulant comprendre ce qui pouvait bien se passer dedans: j'ai passé une semaine à arpenter les couloirs, à regarder les consultations et à inspecter les boites des patients; je les regardais, je comptais le nombre de pilules qu'ils ingurgitaient et me posais déjà des questions genre : pourquoi prennent-ils autant de médicaments s'ils sont en bonne santé?
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Le temps a passé, les stages ont commencé et en médecine interne la grande mode était de faire des perfusions d'Anafranil (antidépresseur ancien) à chaque fois que le chef de service coinçait sur un diagnostic. Je commençais à être passablement chauffé, tout infatué de mes maigres connaissances. Un jour qu'il consultait un patient dont le diagnostic faisait défaut malgré des examens poussé il avait proposé son traitement favori; il s'est adressé à moi en me demandant: "et vous David, que proposeriez-vous?" Et moi tout de go: "c'est vous qui prescrivez monsieur". Il n'a pas été ravi "mais enfin que voulez vous que je prescrive?" " Je ne sais pas, des fortifiants monsieur." Et bien, la vieille elle n'a pas eu son Anafranil!
je n'ai pas regardé ma note de fin de stage...
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Puis j'ai fait un stage aux urgence: speed, super! je passais mon temps à faire vomir les tentatives de suicide avec de l'Ipeca. Et les patients vomissaient leur prozac, lexomil, lysanxia consciencieusement. Et je rajoutais du sel pour faire bonne mesure, aucun ne résistait, tout repassait dans l'autre sens.Le chef de service exigeait que tous les patients vomissent, même quand ils avaient avalé une plaquette de contraceptifs "pour leur faire passer l'envie de recommencer".
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J'ai remplacé dans le même temps des infirmiers en résidence. J'en ai rempli des piluliers, la pluparts étaient des boites de pellicules recyclées. Je mettais dedans des rouges, des bleus, des jolis pilules au triples couleurs (noctran), des petites barettes avec leurs boite rigolote... le médecin prescrivait, je remplissais... Je n'avais par contre jamais la main lourde sur l'haldol (neuroleptique) que l'on donnait en gouttes; mais certains, pour éviter de perdre du temps mettaient une petite giclée dans les verres des patientes.
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En moyen séjour, où les vieilles dames se remettaient de maladie, je me suis mis à remplacer beacoup de calmants par du magnésium et je leur expliquais avec beaucoup de conviction: "madame, je vous ai donné un nouveau traitement, il est encore mieux que votre ancien" , les autres médicaments que je ne jugeais pas nécessaires y passaient aussi: en six mois j'ai baissé de 30% les dépenses de pharmacie! les infirmières m'appelaient monsieur Solumag.
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Au SAMU, on traquait les boites de somnifères, de neuroleptiques etc. sur les tables de nuit des inconscients, des tentatives de suicides; on critiquait les généralistes qui prescrivaient autant de cochonneries qui faisaient faire autant de travail au pauvre SAMU. "les généralistes, complètement incompétents".
...
Puis j'ai fait des remplacements. Chance ou malchance je suis tombé dans un cabinet qui recevait les toxicomanes en nombres: ordonnances de tranxène 50, de tercian, et j'en passe et des meilleures. Ca m'a permis de démarrer ma thèse sur les us et coutumes de cette population. Je dois dire qu'en deux ans, dans ce cabinet jamais je n'ai vu de guérison. Le tranxène ne servait que pour la substitution; ce n'était un traitement que dans le Vidal, dans les faits c'était une drogue.
...
Et actuellement, j'ai tendance à dire concernant tous les médicaments de confort "ça ne va pas vous soigner monsieur, ça peut vous soulager un peu, mais il faut trouver une vraie solution".
Pas de doliprane en systématique, pour moi, c'est un constat d'échec que de pérénniser la prescription sans tenter de soigner réellement.

dimanche, mars 23, 2008

anneau contraceptif

Petite photo pour présenter le nouvel anneau contraceptif vaginal:




En fait on ne met que l'anneau, tout le reste, le rond et le fil (genre yoyo) est gadget. Sur le rond blanc, afin que le labo soit sûr que l'on ne fasse pas de bourde, il y a écrit: "placebo, ne pas utiliser". Dés fois que...

Folle...moi?

Marie-Christine d'Welles nous raconte son histoire dans ce livre. L'histoire d'une gamine de 10 ans qui, suite à une méningite, sera cataloguée, etiquetée, par sa famille et par les médecins, comme étant malade. Mais pour eux, malade = folle.
Commence alors le cauchemar pour M-C. Pendant des années elle sera la victime des psychiatres, prêts à interner dans leur clinique privée des enfants sains, à condition d'y mettre le prix. Ce que fera sa mère.
Dès lors, tout ce qu'elle pourra dire ou faire sera interpreté par des gens qui sont persuadés qu'elle est malade et que c'est la folie qui lui dicte ses paroles et ses actes.Elle raconte sa souffrance, son impuissance, sa passivité forcée. Elle raconte le temps qu'ils lui ont volé. Elle raconte ce qu'ils n'ont pas voulu entendre, pas voulu écouter. Pendant pres de 7 ans, elle devra garder le silence. Quand elle veut expliquer aux médecins qu'elle n'est pas malade, pas folle, elle se fait réprimander parce qu'on ne lui a pas donné la parole. Ils ne la lui donneront jamais."C'est leur manière de nous regarder qui est fausse. Au lieu de dire souffrance, ils disent folie. On ne s'adresse pas à un fou."
Toutes ces années entre leurs mains l'ont brisée : "(...) et même il faudra encore et encore prouver tous les jours qu'on est pas fou, il y a doute.
Même moi, je doute... mais de vous. Je me sens à jamais coupable du regard de l'autre."Jusqu'au jour où elle rencontre le psychiatre qui, révolté par son histoire, l'éloignera de sa famille et des psychiatres qui ne méritent pas d'être appelés ainsi. Et lui permettra de sortir de cet engrenage, de remonter la pente et de reprendre petit à petit gout à la vie.
...
Ce livre m'interpelle. Même si ce n'est qu'une exception, c'est déjà une de trop.

vendredi, mars 21, 2008

dyskinésies

Un de mes petits patients est sous risperdal; en classe il n'était pas facile. La maman avait consulté un psy depuis quelques temps pour son fils car il avait d'autres problèmes médicaux qui pouvaient interférer avec sa scolarité. Le psy n'était pas très chaud pour lui donner des psychotropes.
Mais sous la pression de l'école qui ne supportait plus ce gamin atypique tout le monde a cédé... et le gamin est sous médocs depuis deux mois.
je l'ai vu ce jour, il avait un tic au visage. Juste que ce tic me paraissait très bizarre, car ne s'atténuant pas quand on lui faisait remarquer. J'ai posé des questions... et des questions... et la mère m'a avoué cet état de fait. Bref, le gamin débute des dyskinésies (effets secondaires des neuroleptiques) et c'est très dommage. C'est vrai que la mère, connaissant mon point de vue, n'était pas très pressée de me dire cela. Mais cela a éclairé sa lanterne, et je l'imagine en train de se demander quoi faire.

jeudi, mars 20, 2008

De l'utilité de la dépression

La dépression a du bon

«Quand on dit que la dépression doit toujours être traitée pour réduire le risque de suicide, on oublie qu'elle n'est que l'un des facteurs en cause. Les gens qui se suicident ont très souvent des problèmes d'argent, ou au travail» (...) .La dépression n'est pas une calamité qu'il faut éradiquer dès qu'elle se pointe. Il s'agit d'un mécanisme très sophistiqué, issu de milliers d'années d'évolution, qui permet de se soustraire à un stress trop intense et de réévaluer sa vie à l'abri. Un peu comme une entreprise qui se met sous la protection de la loi sur la faillite.

Cette thèse iconoclaste est celle qu'expose un psychiatre britannique, Paul Keedwell, dans son nouveau livre How Sadness Survived -The Evolutionary Basis of Depression. Le Dr Keedwell ne nie pas qu'il existe des formes extrêmes de dépression qui doivent être traitées avec des antidépresseurs. Mais il pense qu'il s'agit de l'exception plutôt que de la norme.Une vie adaptée«C'est une peu comme les maladies auto-immunitaires, ou les allergies», explique le Dr Keedwell (...) . «Il est nécessaire de les traiter. Mais ça ne veut pas dire qu'il faille s'attaquer avec des médicaments au système immunitaire dès que ce dernier nous cloue au lit avec de la fièvre, pour combattre une infection. Il existe des mécanismes normaux de défense contre l'environnement qui, à court terme, nuisent à notre bon fonctionnement, mais à long terme permettent d'avoir une vie adaptée à notre environnement.»Le Dr Keedwell a commencé à travailler sur le sujet parce qu'il n'arrivait pas à comprendre la fréquence de la dépression - 20% des gens en souffriront à un moment de leur vie. «J'en suis venu à considérer que la dépression est un signal d'alarme. C'est notre corps qui nous dit que notre vie est trop stressante. Il veut que nous nous retirions de la vie active pour réexaminer nos buts ou les tactiques qui y mèneront. Il faut changer quelque chose.»L'isolement de la société moderne exacerbe ce sentiment. «Auparavant, quand on était déprimé on pouvait demander de l'aide à nos proches, ou au moins du soutien moral. Maintenant, nous sommes seuls face à notre stress. Je sais que l'idée de réduire ses activités n'est pas nécessairement réaliste pour tout le monde, par exemple pour une mère seule qui gagne un salaire de misère et n'a pas de famille vivant dans la même ville qu'elle. Mais alors, il nous faut reconnaître que ce n'est pas tant un problème de santé mentale que de priorités sociopolitiques. Quand on dit que la dépression doit toujours être traitée pour réduire le risque de suicide, on oublie qu'elle n'est que l'un des facteurs en cause. Les gens qui se suicident ont très souvent des problèmes d'argent, ou au travail.»
Rituels autochtones
Le psychiatre britannique fait un parallèle avec les rituels autochtones nord-américains qui permettaient à un individu de «renaître» et de jeter sa personnalité antérieure. Plus près de nous, il souligne que Melanie Klein, psychanalyste britannique réputée, affirmait que toute thérapie contient une phase dépressive.Le livre du Dr Keedwell n'est pas le seul à revaloriser la dépression. Plus tôt cette année, un professeur de littérature de l'Université Wake Forest, en Caroline-du-Nord, Eric Wilson, a publié Against Happiness, un livre qui affirme que la tristesse a «une place intégrale dans le rythme du cosmos». Et un sociologue de l'Université de New York, Jerome Wakefield, soutenait l'an dernier dans son livre The Loss of Sadness, que la psychiatrie classifie trop vite une tristesse normale comme une dépression devant être traitée avec des médicaments. M. Wakefield reproche notamment à la psychiatrie de considérer que seuls les deuils liés à des décès sont normaux et donc ne nécessitent pas de diagnostic de «dépression majeure»; or, souligne-t-il, une rupture amoureuse ou un proche atteint d'une maladie grave peut susciter un deuil tout aussi normal qu'il serait erroné de traiter avec des antidépresseurs.
...
A méditer!

mercredi, mars 19, 2008

les caprices c'est fini

Trouvé dans 20 minutes:

Dans son livre à paraître demain, le pédopsychiatre Aldo Naouri ne fait pas de cadeau aux parents. Dans Eduquer ses enfants, l'urgence aujourd'hui*, il dénonce les parents trop permissifs qui provoquent la « toute-puissance infantile » comme il l'explique lors d'une interview parue dans Elle. Il explique à l'hebdomadaire que « le doudou, à 2 ans et demi, c'est fini. Comme la tétine (...). On les prend, on les jette. » Pour lui, « un ordre c'est un ordre, point ». Et à la question : « Donc, on n'explique pas à un enfant pourquoi on lui demande quelque chose (...) ? » Naouri répond : « Jamais ! Ou trois mois plus tard. » Des positions qui suscitent déjà de vives réactions de parents sur les forums Internet spécialisés.
...
Je sais d'ors et déjà que je ne verserai pas un penny pour l'achat de ce livre: j'ai passé dans de temps à expliquer les choses à Poilopat! Et il est bien dans sa peau, heureux et il obéit!... enfin, parfois il faut lui répéter les choses trois fois.

médicalisation des rapports sexuels

Repas de labo hier soir; la visiteuse médicale nous a trouvé un intervenant de qualité et, au bout d'une heure et demi de topo on n'avait pas volé notre repas! J'aprécie quand on apprend réellement quelque chose. De plus cela permet aux généralistes de sortir de leur isolement et de communiquer sur les pratiques.
...
J'ai reçu une petite jeune fille hier, jeune talent dans le théatre: elle fait ses pièces qui sont jouées par la troupe. Je lui ai proposé un sujet sur lequel elle pourrait s'exprimer: la médicalisation des rapports sexuels. Ca l'a fait rire!
Avez-vous déjà réfléchi à cela: coucher avec son amie devient une activité à haut risque!
-- Pour les hommes, ils se demandent "est-ce que cette fille est saine, n'est-elle pas porteuse de quelque chose qui pourrait me rendre malade". Ensuite ils se retrouvent chez le bon docteur Vincent pour demander HIV et Hépatite C en urgence, puis trois mois après pour contrôle.
-- Pour les jeunes filles; avant l'âge de 14 ans les mères les emmènent déjà chez le bon docteur pour le vaccin du cancer du col; elles me demandent si aller chez le gynéco est utile. Il y en a même une qui m'a demandé si elle avait le droit de coucher avec son copain les jours suivant la prise de gardasil.
Quand une fille décide de franchir le pas, il n'est pas rare qu'elle vienne m'en parler "voilà docteur, je pense qu'il est temps que nous concrétisions; il me faut la pilule" ou "il me faut des conseils car je vais me marier et je n'y connais rient (une musulmane)". Pensez si pour cette dernière je peux lui expliquer les choses: une femme serait mieux placée.
Pour tous ces jeunes gens, tout cela doit leur couper la chique; je les imagine parfaitement en train de prendre leur souffle, le coeur s'emballant et pas seulement de désir... mais d'angoisse.

mardi, mars 18, 2008

système de notation des médecins

C'est vrai que je n'ai pas parlé du système de notation des médecins; je me ratrappe. Ce qui me fait peur là dedans c'est que des confrères soient salis.
Je me suis inscrit pour voir s'il n'y a pas des âneries de racontées sur mes potes. Mais ça a été dur de voir ma fiche car déjà je n'ai jamais été voir mes notes en fac et mes appréciations. J'ai réussi ma thèse et c'est tout ce qui importe.
J'espère que ce site aura une vie éphémère car ça dérange un peu.
Au fait, ma fiche est vide, aussi celle du confrère cravatté!
Ce site rajoute encore plus de pression sur les médecins, ce n'est qu'une goutte d'eau mais ça peut contribuer à leur désaffection.
Les racontards dans un village, on les subit, ce n'est pas toujours rigolo, la rumeur enfle, change, s'attaque à une autre cible, tiens! un pédophile blabla, le docteur Vincent! blabla, un suicide!... mais ce n'est que du vent. Sur ce site c'est écrit et ça peut faire plus de mal, même si les propos diffamatoires théoriquement sont supprimés.

lundi, mars 17, 2008

Gelabitmol 500

J'ai craqué avec le logiciel de télétransmission! Il est tout nouveau, ma douce l'a téléchargé hier. Donc j'ai pris les bonnes vieilles feuilles de soin papier, il n'y a que ça de vrai! Heureusement elle est arrivée en renfort pour m'aider. L'informatique c'est pas mon truc!
Ma douce elle s'amuse comme une folle à créer des nouveaux traitements pour tester le logiciel genre Gelabitmol 500 en boite de dix; on s'amuse comme on peut.
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Je l'ai d'ailleurs arrétée avec en prime un antibiotique costaud, du genre que la Sécu n'apprécie pas trop que je prescrive, car ça ronflait là-dedans et elle n'a plus de souffle; depuis quelques semaines je vois des pneumopathies (infections pulmonaires) et des bronchites documentées par des radios très parlantes. Il y a un sale microbe qui traîne.

dimanche, mars 16, 2008

éco-anxiété


Est-ce que le réchauffement climatique vous inquiète au point d’en perdre le sommeil? Si oui, peut-être souffrez-vous d’éco-anxiété.

Après l’éco-tendance, l’écotourisme et les écofilms, voilà maintenant les éco-anxieux et les éco-thérapeutes pour leur venir en aide.Chaque jour sur le Web, dans les journaux ou à la télévision, de nombreuses informations circulent au sujet du réchauffement climatique, des risques d’inondation et de sécheresse, de l’éventualit de pénurie d’eau et de nourriture ainsi que de différents scénarios apocalyptiques pour les années à venir. Ces nouvelles inquiètent certaines personnes à un point tel qu’elles éprouvent des attaques de panique, perdent l’appétit, deviennent irritables et ressentent une extrême fatigue. Melissa Pickett, éco-thérapeute à Santa Fe, en Californie, reçoit de 40 à 80 patients éco-anxieux chaque mois. Les conseils de la thérapeute sont simples: adopter un style de vie plus respectueux de l’environnement et ignorer pendant un certain temps les actualités.
Et voilà un nouveau syndrôme, mais la solution est sympathique si vous cliquez sur le lien si-dessus et celui du titre. On ne va quand même pas prendre du prozac qui se retrouve ensuite dans les rivières et l'eau de boisson!

samedi, mars 15, 2008

boues radioactives thérapeutiques

Voilà une petite perle que j'ai trouvé dans le Concours Médical: la radioactivité était bonne pour tout, y compris pour le surmenage et la neurasthénie! On s'enrobait littéralement de radoactivité!
Monsieur Paulo, mari de Rosa, Ca vous en bouche un coin n'est-ce pas!
Comme quoi la médecine n'est pas une science exacte.
C'est une pub de 1928, la radioactivité avait été découverte en 1896, d'après l'article, au bout de 32 ans d'existence, la radioactivité avait toujours le vent en poupe.

vendredi, mars 14, 2008

L'hécatombe des fous

Mon ami Giovanni, celui qui lit couramment l'égyptien (si, si, c'est fascinant) m'a prété un livre L'Hécatombe des fous.
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Le résumé:
Sous l'occupation, 45 000 malades mentaux sont morts dans les hôpitaux psychiatriques français. Morts de faim. Les a-t-on laissés mourir? Ont-ils été exterminés par le régime de Vichy? Les psychiatres ont-ils été complices? Alexis Carrel a-t-il été impliqué dans le drame? C'est ce que, aujourd'hui, les partisans d'un devoir de mémoire mal comris martèlent avec force. Pour la première fois, une historienne mène l'enquête. Des années de recherche, dans des archives recélant des témoignages parfois insoutenables, lui ont été nécessaires pour reconstituer ce qui est passé et en livrer une interprétation. Au lecteur de se prononcer sur les responsablités engagées dans la tragédie.
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Ca promet des soirées de lectures passionnantes; je commence ce soir, ma douce est au fond du lit avec une grosse grippe et quelques granules d'homéopathie pour l'accompagner.

Les patients me quittent, reviennent au bout de deux ou trois ans... Ils doivent se dire à une étape du parcours avec moi que je suis un petit poil farfelu, qu'ils seront sûrement mieux soignés avec "des bons médicaments" comme dit Artémise l'ado pure et dure; c'est pas grave.
Par exemple cette jeune fille qui souffrait de crises d'angoisse et qui a changé de médecin car je ne prescrivais pas de lexomil. Elle a trouvé un autre médecin qui lui en a prescrit, a donné du valium en relai puis... elle est tombée enceinte et le médecin direct: "il ne faut plus rien prendre, c'est toxique pour le bébé".
En attendant je l'ai récupérée dans un état de nerfs épouvantable, avec l'ordre de ne rien prendre sauf du doliprane "et maintenant je fais quoi?" m'a-t-elle demandé. En l'examinant j'ai trouvé des tensions cervicales énormes, idem pour le crâne. Direction l'ostéo, de toute façon elle est obligée de filer dans les médecines alternatives... et massages par le mari, pour cette dernière chose elle était ravie!

jeudi, mars 13, 2008

les papiers...

C'est la course en ce moment; deux médecins du coin partent à la retraite ensembles. Si encore on ne devait pas faire des papiers d'absence pour:
-les nourrices qui facturent la journée sinon,
-l'école maternelle, pour la cantine qui fait de même;
-l'école primaire car on ne fait plus confiance aux parents...
des certificats d'aptitude à la crèche, à la maternelle, pour la pétanque, le tir...
Les papiers sont vite faits, ce sont les flux que cela génère.
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J'ai consulté une charmante nouvelle patiente de 98 ans en maison de retraite. J'ai beaucoup aprécié que revenant de l'hôpital où elle avait été admise pour chute, celui-ci lui arrête l'équanil (tranquillisant) et son somnifère qu'elle prenait depuis des années. Bref, je n'ai eu qu'à renouveler l'utile. Et la patiente ne m'a rien demandé, merci!

A ceux qui font des commentaires: mettez-vous un pseudo, cela sera plus convivial.

mercredi, mars 12, 2008

neurotransmetteurs et dépression

La dépression pourrait être détectée par une simple prise de sang, selon des chercheurs américains. "Cette analyse pourrait permettre de prédire rapidement l'efficacité de la thérapie par antidépresseurs, dans les quatre à cinq jours, évitant ainsi une longue attente d'un mois ou plus pour déterminer le traitement adéquat", a indiqué l'auteur principal de l'étude, Mark Rasenick de l'Université de l'Illinois.
"Radeaux lipidiques"
Les chercheurs ont étudié les cerveaux de 16 patients dépressifs et suicidaires et les ont comparés avec les cerveaux de personnes décédées sans historique d'ordre psychiatrique. Ils ont déterminé que la protéine Gs alpha était contenue en plus grande proportion chez les patients dépressifs dans les cellules du cerveau appelées "radeaux lipidiques". "Ces ‘radeaux' sont épais, visqueux, presque gluants, et soit facilitent, soit empêchent la communication entre les molécules de la membrane", a expliqué Mark Rasenick.
Quand cette protéine est piégée dans les "radeaux lipidiques", sa capacité à activer les neurotransmetteurs est réduite. "Les antidépresseurs aident à déplacer la Gs alpha à l'extérieur de ces ‘radeaux' et à faciliter l'action de certains neurotransmetteurs", a-t-il précisé. Alors qu'il faut un mois pour que les antidépresseurs soient efficaces, les chercheurs ont établi qu'un changement pouvait être observé dans les cellules sanguines en seulement quatre à cinq jours. L'étude a été publiée dans le Journal of Neuroscience.
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Est-ce que ce texte que ma douce a trouvé par hasard sur le net n'est pas une justification supplémentaire pour donner des antidépresseurs? Que fait-on de l'écoute du thérapeute, de la belle-mère qu'on préfèrerait voir fusillée, du patron harceleur ou du fils qui sombre dans la délinquance et qui nous vole?
Vive la chimie et le tout-médicament!

mardi, mars 11, 2008

so british!

Une de mes patientes était bizarrement attifée aujourd'hui; on aurait dit qu'elle était allée à la décharge, qu'elle avait mis toutes les fringues qu'elle avait trouvées sur elle sans souci de couleur ni de formes. Et l'ensemble était cocasse: un pull, deux robes en coton, un pantalon, une veste en jean...
Je reste zen jusqu'au moment où j'ouvre la porte pour qu'elle puisse partir; là je vois un de mes patients toujours très chic, au langage châtié et aux vêtements de marque lever un sourcil à la Roger Moore. J'ai souri franchement, mais en silence, la patiente partait. Elle a été relayée par une autre d'une soixantaine d'années qui veut faire la petite jeune de vingt ans avec les expressions à l'avenant (sa pathologie), puis par un couple correctement imbibé qui sentait la naphtaline. Et enfin quand le patient m'a consulté j'étais réellement en joie! Rien que ce froncement de sourcil très british "extrêmement shocking" était tellement drôle!

pédophile non coupable

J'ai laissé ma douce grognonante devant la télé avec ordre de me faire le résumé des horreurs de Monsanto, qui selon la journaliste intoxique le monde entier avec ses m. et je vais parler de quelque chose qui me choque au plus haut point, c'est à dire la justice vérolée par la psychiatrie. Est-ce que quelqu'un trouve normal qu'un pédophile reconnu, qui a une dizaine de plaintes au derrière n'écope pas plus qu'une petite garde-à-vue sympathique à la gendarmerie du coin (si, si, ils sont réellement sympas) et un ordre de se présenter devant le psy chaque semaine?
Sous prétexte que ce type est malade, il peut rester chez lui tranquillement et préparer ses nouveaux coups dans d'autres villes!
C'est pas des blagues et c'est honteux! Je comprends que les assistantes sociales du secteur dont il dépend soient parfaitement dégoutées, que les gendarmes deviennent aigris. Ou va-t-on?
C'est comme ça que l'on transforme les criminels en malades "vous comprenez, je ne fais pas exprès, c'est ma maladie". Combien d'enfants vont subir encore des choses qu'ils ne désirent pas parce qu'un psychiatre a jugé que ce malade n'est pas responsable?
Libérons la justice de la toile d'araignée de la psychiatrie, ça ne devrait pas se mélanger!

lundi, mars 10, 2008

drapétomanie

DRAPETOMANIE :
Dans les États du Sud des États-Unis_, avant la guerre de Sécession , divers médecins tentèrent de prouver scientifiquement l’infériorité des Noirs. Pour justifier l’abondance d’esclaves noirs en fuite, ils utilisèrent comme prétexte qu’ils souffraient d’une maladie appelée *drapétomanie*. Cette maladie aurait comme effet de faire errer les gens sans cesse.

Terme créé en 1850 par une commission de la société médicale de l’état de Louisiane pour étudier les caractéristiques de la race noire : la commission invente un type de folie, la drapetomanie, une particularité des esclaves qui ont tendance à s’enfuir.

En 1851, Samuel Cartwright, un fameux physicien de Louisiane, affirma avoir découvert deux maladies mentales spécifiques aux noirs, qui justifiaient selon lui leur mise en esclavage. Elles étaient appelées Drapétomanie et Dysaesthesia Aethiopis. Le Dr. Thomas Szasz dit, que le premier terme venait de /drapetes/ un esclave qui s’enfuit, et /mania/, qui signifie fou . Cartwright affirma que cette maladie faisait que les noirs avaient une incontrolable urgence d’échapper à leur maitres. Le traitement de cette maladie fouetter le démon hors d’eux.
Dyasethesia Aethiopis était supposée affecter à la fois l’esprit et le corps. Les symptomes incluaient désobéissance, réponses irrespectueuses et refus de travailler. La cure était de travailler dur.
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vous ne connaissiez pas cette ancienne pathologie psychiatrie hein! rappelons que l'homosexualité était il n'y a pas si longtemps aussi une déviance psychiatrique à traiter.

samedi, mars 08, 2008

bloguite

La bloguite
Les blogueurs vivent dans un monde où les émotions sont bien réelles mais tout le reste n'est qu'illusion" affirme un professeur de l'Université de Calgary dans un nouveau livre.
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Et c'est vrai qu'on assiste à une véritable explosion de blogs (...) depuis environ 2 ans. Michael Keren, auteur du livre "Blogosphere: la nouvelle arène politique " les a étudié en détail et prétend que les individus qui mettent leur âme à nu sur les blogues sont isolés et esseulés, vivant dans une réalité virtuelle à défaut de former et d'entretenir de vraies relations ou de changer le monde.
Mais là ou l'auteur déclenche la polémique c'est quand il continue en écrivant : «les blogueurs se voient comme des rebelles qui affrontent une société conventionnelle, mais cette rébellion est surtout confinée au cyberespace, ce qui fait des blogueurs des êtres aussi mélancoliques et illusoires de Don Quichotte luttant contre des moulins».
Le qualificatif "rebelle" a vite fait réagir les blogueurs et devra probablement être affiné, en tenant compte que Internet est un des systèmes les plus libres de la planète, d'ou une expression quasi sans censure et en plus à très faible coût.
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Mais Keren redevient plus consensuel en écrivant : “Certains d’entre nous seront adoptés par les médias de masse, mais la plupart d’entre nous resterons dans l’ombre, resterons dans la solitude.”, car on retombe dans un grand danger d'Internet : l'illusion du Virtuel ... mais pour une petite élite ce sera alors l'accession au "nirvana électronique" ... et donc la récompense de leurs efforts.
Chaque homme a besoin de son "quart d'heure d'éternité"..... Internet est un moyen comme un autre d'y arriver .... mais attention au risque de dépression quand le soufflé est retombé ! (...)
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Le type n'a rien compris des motivations qui font qu'on blogue!
Et vous, pourquoi bloguez-vous?

Une des maman d'un petit jeune spécialiste en vol de voiture m'a appelé avant-hier parce que sa chère petite tête brune faisait une dépression et pleurait, d'ailleurs le même qui n'a pas très bien mangé lors de sa garde à vue et dont la mère s'inquiétait pour cela. On marche toujours sur la tête. Je ne comprends pas trop la logique éducative, mais si Poilopat s'amusait à faire des choses illégales il pourrait y rester dans ses états d'âmes, ça serait surtout des coups de pied au train qu'il recevrait.

vendredi, mars 07, 2008

accidents du travail indemnités journalières

Voilà, j'ai trouvé la page qui parle des accidents du travail. Je suis choqué, personne ne nous en a parlé. Elle est bonne la communication entre les intervenants dans la santé! Tout est à revoir.

jeudi, mars 06, 2008

Pleurs aucabinet

On a pleuré dans mon cabinet aujourd'hui: une petite jeune femme qui ne trouve pas sa voie et qui est empêtrée dans toutes sortes d'obligations qui lui sortent par les yeux, une quinquagénaire qui, ayant perdu son père récemment et ne vivant que pour lui et son confort n'a plus de raison de vivre, n'a plus goût à rien. Ca s'est soldé par deux arrêts de travail, la première pour souffler un peu (elle je lui aurais prescrit une cure à la mer si elle avait pu se libérer), la deuxième pour tenter de retrouver de nouvelles motivations et un nouvel élan, voyager peut-être, elle a de quoi financièrement faire le tour du monde plusieurs fois.
En fait les gens ne font pas toujours ce qui correspond vraiment à leurs buts profonds, il y a des contraditions et un peu plus de pression... ça pète.
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Et moi, suis-je fait pour la médecine générale?
Pour parler de la Sécu, ma douce me dit que c'est normal que je lui rende des comptes puisque je suis payé par elle. Je n'ai pas le choix. Je pourrais me déconventionner, mais cela ferait du préjudice à mes patients. Autre point: la Sécu est obligatoire pour tout le monde depuis un peu moins de 20 ans, c'est normal que les gens veuillent être remboursés, ils n'ont pas le choix. On est un pays d'assistés et on n'a pas d'autre choix que de l'être!

mercredi, mars 05, 2008

harcèlement

la dame de la Sécu: Ahg!

Premièrement il faut que je la reçoive tous les deux mois sous peine d'abord de lettres peu courtoises, puis de punitions (elle ne m'a pas dit lesquelles mais je sens que cela va toucher à mon porte-monnaie), deuxièmement j'ai été pris en flagrant-délit de prescrire trop de macrolides (antibiotiques) et les macrolides sont plus chers. Qu'ils ne fassent pas beaucoup d'effets secondaires ça, elle s'en fout.
Pour gratter un mois sur le planning de remontrances multiples et variées j'ai fait le mec qui déprimait, qui était prêt à arréter la médecin tellement le harcèlement se fait visible. J'ai quand même fait un gros effort en télétransmettant!
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J'ai appris par une patiente en accident de travail (un vrai, documenté: elle s'est fait une entorse du coude en portant un patient) que les quinze premiers jours d'arrêt n'étaient pris en charge qu'à 60%. J'ai donc demandé des explications à la dame de la Sécu qui m'a dit en savoir très peu dessus, mais que quelque choses avait changé dans les accidents.
Je lui ai dit:
" la moindre chose aurait été d'en parler aux médecins!
- Mais cela ne vous concernait pas docteur.
- Ah que si! Je peux inciter déjà à les faire reprendre plus tôt de façon à n'y perdre pas trop.
- Ah?... Je n'avais pas pensé à cela"
Qu'elle se sevre de ses médicaments psychotropes, ca ira mieux.

lundi, mars 03, 2008

Je ne sais quelle mouche m'a piqué d'acheter un superbe divan pédiatrique d'examen bleu ; quand je vois des honorables patients peser plus de 130 kg, je tremble pour la résistance de celui-ci. Normalement ça tient, faudrait juste pas que ceux-ci dansent la gigue dessus (ma douce ne trouve pas ça du tout rigolo).
Je garde l'ancien divan au cas où.
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Une patiente est venue avec ses deux mouflets, se plaignant qu'on lui avait fait des reflexions dans la salle d'attente. Ils n'auraient pas été assez sages. Je n'ai pas du tout de préjugé, et commence la consultation. Pendant la demi-heure qui a suivi, j'ai été incapable d'aligner plus de deux phrases à la fois, d'écrire une ordonnance d'un trait, il a fallu faire la police. Finalement il n'y a qu'en prenant le petit avec autorité dans les bras qu'il n'a eu d'autre choix que d'être sage! La pédiatrie c'est du sport! J'en conclus au fil du temps que je n'ai pas une tronche à faire peur à un seul sale garnement.