tag:blogger.com,1999:blog-18286399.post-9568574509189714192008-03-24T21:42:00.005+01:002008-03-25T22:21:06.273+01:00mon histoireMes rapports avec les médicaments:<br />-- Dans mon enfance, trois médicaments uniquement existaient pour moi:<br />- Eucalyptine Lebrun pour la toux, délicieux,<br /><div align="justify">- laxamalt (n'existe plus, pas assez cher à la fabrication je suppose), mélange malté et paraffiné que je trouvais savoureux et que je prenais parfois pour le plaisir (pas forcément réussi dans toutes les occasions) </div><div align="justify">- aspirine du Rhône qui n'avait aucun intérêt pour moi, c'est ma mère qui me le préparait, je l'avalais sans me poser de questions lors d'épisodes fébriles.</div><div align="justify">...</div><div align="justify"></div><div align="justify">En terminale il m'a pris la lubie de vouloir faire un stage en hôpital psychiatrique. Le directeur m'avait convoqué, très étonné de mon choix "vous n'êtes peut-être pas apte à le faire, c'est dur, prenez plutôt une semaine de vacances". J'ai tenu bon, voulant comprendre ce qui pouvait bien se passer dedans: j'ai passé une semaine à arpenter les couloirs, à regarder les consultations et à inspecter les boites des patients; je les regardais, je comptais le nombre de pilules qu'ils ingurgitaient et me posais déjà des questions genre : pourquoi prennent-ils autant de médicaments s'ils sont en bonne santé?</div><div align="justify">...</div><div align="justify"></div><div align="justify">Le temps a passé, les stages ont commencé et en médecine interne la grande mode était de faire des perfusions d'Anafranil (antidépresseur ancien) à chaque fois que le chef de service coinçait sur un diagnostic. Je commençais à être passablement chauffé, tout infatué de mes maigres connaissances. Un jour qu'il consultait un patient dont le diagnostic faisait défaut malgré des examens poussé il avait proposé son traitement favori; il s'est adressé à moi en me demandant: "et vous David, que proposeriez-vous?" Et moi tout de go: "c'est vous qui prescrivez monsieur". Il n'a pas été ravi "mais enfin que voulez vous que je prescrive?" " Je ne sais pas, des fortifiants monsieur." Et bien, la vieille elle n'a pas eu son Anafranil!</div><div align="justify">je n'ai pas regardé ma note de fin de stage...</div><div align="justify">...</div><div align="justify">Puis j'ai fait un stage aux urgence: speed, super! je passais mon temps à faire vomir les tentatives de suicide avec de l'Ipeca. Et les patients vomissaient leur prozac, lexomil, lysanxia consciencieusement. Et je rajoutais du sel pour faire bonne mesure, aucun ne résistait, tout repassait dans l'autre sens.Le chef de service exigeait que tous les patients vomissent, même quand ils avaient avalé une plaquette de contraceptifs "pour leur faire passer l'envie de recommencer". </div><div align="justify">...</div><div align="justify">J'ai remplacé dans le même temps des infirmiers en résidence. J'en ai rempli des piluliers, la pluparts étaient des boites de pellicules recyclées. Je mettais dedans des rouges, des bleus, des jolis pilules au triples couleurs (noctran), des petites barettes avec leurs boite rigolote... le médecin prescrivait, je remplissais... Je n'avais par contre jamais la main lourde sur l'haldol (neuroleptique) que l'on donnait en gouttes; mais certains, pour éviter de perdre du temps mettaient une petite giclée dans les verres des patientes. </div><div align="justify">...</div><div align="justify">En moyen séjour, où les vieilles dames se remettaient de maladie, je me suis mis à remplacer beacoup de calmants par du magnésium et je leur expliquais avec beaucoup de conviction: "madame, je vous ai donné un nouveau traitement, il est encore mieux que votre ancien" , les autres médicaments que je ne jugeais pas nécessaires y passaient aussi: en six mois j'ai baissé de 30% les dépenses de pharmacie! les infirmières m'appelaient monsieur Solumag.</div><div align="justify">...</div><div align="justify">Au SAMU, on traquait les boites de somnifères, de neuroleptiques etc. sur les tables de nuit des inconscients, des tentatives de suicides; on critiquait les généralistes qui prescrivaient autant de cochonneries qui faisaient faire autant de travail au pauvre SAMU. "les généralistes, complètement incompétents". </div><div align="justify">...</div><div align="justify">Puis j'ai fait des remplacements. Chance ou malchance je suis tombé dans un cabinet qui recevait les toxicomanes en nombres: ordonnances de tranxène 50, de tercian, et j'en passe et des meilleures. Ca m'a permis de démarrer ma thèse sur les us et coutumes de cette population. Je dois dire qu'en deux ans, dans ce cabinet jamais je n'ai vu de guérison. Le tranxène ne servait que pour la substitution; ce n'était un traitement que dans le Vidal, dans les faits c'était une drogue. </div><div align="justify">...</div><div align="justify">Et actuellement, j'ai tendance à dire concernant tous les médicaments de confort "ça ne va pas vous soigner monsieur, ça peut vous soulager un peu, mais il faut trouver une vraie solution". </div><div align="justify">Pas de doliprane en systématique, pour moi, c'est un constat d'échec que de pérénniser la prescription sans tenter de soigner réellement. </div><div align="justify"></div>docteur Vincenthttp://www.blogger.com/profile/13551383459986771981noreply@blogger.com